lundi 13 avril 2009

Lâcher prise...


Sculpture d'Isabelle Blanchard


Lâcher prise, c'est comme regarder un coucher de soleil en

ressentant simplement ce que cela éveil en nous.

Se placer en observateur sans commentaires intérieures ni analyses.

Se laisser totalement envahir par l'image qui vient à nous.

Accueillir l'émotion ou la sensation sans faire intervenir le mental.

Laisser cela être et l'accueillir en silence.

Ressentir sans nourrir de pensées, laisser les pensées s'envoler

d'elles mêmes sans essayer de les chasser.

Lâcher prise, c'est comme ce merveilleux instant lorsqu'on arrive dans la

chambre d'hôtel pour les vacances et que l'on pose enfin les valises.

On goûte simplement la joie de l'instant et on est totalement

disponible à la nouveauté et à la découverte.

Alors posons à chaque instant nos valises que l'on porte depuis

si longtemps et apprécions cet instant.

Si on a des choses à régler, prenons un moment pour réfléchir à la

meilleure façon d'agir et passons à l'action lorsque le moment est venu.

La vie se charge de nous mettre en situation lorsque

le moment opportun d'agir se présente.

En dehors du moment de la réflexion et de l'action laissons

cela de côté et n'y pensons plus.

Sinon, on ne fait qu'entretenir et nourrir une activité mentale

qui nous éloigne du moment présent et cela peut créer en

nous un climat d'anxiété, de nervosité ou d'impatience.

Lâcher prise c'est permettre à tout ce qui est présent

à l'instant, d'être là, sans résistance aucune.

C'est accepter la réalité de l'instant présent en état

intérieur de non-résistance.

C'est aller avec le mouvement de la vie, comme dans certains

arts martiaux où l'on utilise la force de l'autre pour

ne pas se laisser déstabiliser.

Cela n'empêche en aucun cas d'entreprendre une action

lorsque cela s'avère nécessaire.

Simplement cette action ne sera pas menée en réaction à

quelque chose ou à quelqu'un et sera dénuée de toute négativité.

A travers le lâcher prise, la paix intérieure émerge du plus

profond de nous même, rayonne à travers nous et c'est tout

notre environnement qui entre en résonance avec cette paix.


source


Méditer....



MÉDITER C’EST REGARDER POUR LA PREMIÈRE FOIS


Jean Bouchart d'Orval

Article publié dans le numéro 67 (« Méditation et prière ») de la revue 3e Millénaire

Vous avez déjà enseigné la méditation, mais il semble que depuis quelques années vous en parlez différemment. Qu’est-ce que méditer pour vous ? Quel genre de méditation recommandez-vous ?

Si vous pratiquez la méditation pour arriver quelque part, pour engranger des profits, pour devenir quelque chose, pour vous libérer ou pour devenir un être réalisé, alors que faites-vous de vraiment différent de la plupart des êtres humains qui calculent et s’inquiètent sans répit ? Par contre, si vous vous donnez à des instants libres de ce genre d’arrivisme et de petitesse — et de tels moment surgissent chaque jour, il suffit d’être attentif — alors vous sortez de l’habitude. L’acte que n’entrave aucun but est pure puissance. La méditation désencombrée de toute direction volontaire est pur éclat.

Comme vous le dites, à une certaine époque il m’est arrivé de dispenser des « cours de méditation ». Cette formulation malheureuse a peut-être laissé croire qu’il y a des instructions spéciales, quelque chose à faire, à apprendre, à mémoriser et à emporter chez soi pour le ressortir plus tard, quand on éprouve de la difficulté à faire face à sa vie. Non. Il n’y a pas de système, il n’y a pas de truc. Vous posez la question d’un « genre » de méditation. Or, tant que la méditation a un genre, cela demeure une activité mondaine. Il n'est donc pas question de méditation bouddhiste, de méditation zen, de méditation dynamique, de méditation soufie etc. Tout cela c’est de la poudre aux yeux, c’est du spectacle ; ne vous laissez pas impressionner par les images, par le décorum et les réputations que se sont laborieusement forgées les gurus à la mode, les gérants d’ashrams et les directeurs d’écoles de méditation, qu’ils soient occidentaux ou orientaux. Voyez, même les chrétiens tentent désespérément de récupérer ce mot populaire depuis quelques décennies : après deux mille ans de bavardage inutile et la condamnation de la méditation par le pape actuel, il y a maintenant une méditation chrétienne…

La question d’un « genre de méditation » est très liée à celle d'une autorité spirituelle et de toutes les bêtises qui viennent avec cela. J’ai personnellement été témoin du désolant spectacle d’êtres humains captifs d’un système de méditation et d’une idéologie de libération personnelle ; j’ai vu des gens à première vue très brillants être complètement subjugués par la pensée d’un malheureux « être réalisé » affligé du besoin compulsif d’être approuvé et admiré. Je les ai vus adhérer à une doctrine et suivre la ligne du « parti » avec le même aveuglement que les Jésuites ou les gardes rouges chinois du temps de Mao. Il faut avoir vu les romantiques adeptes de tels groupuscules sectaires s’agglutiner pendant des années dans des lieux exotiques pour se concentrer. Il faut avoir vu tous ces gens se retirer dans ces camps de concentration et même souvent se mettre des bouchons dans les oreilles pour « méditer », afin de ne pas entendre la rumeur du monde, qui n’est rien d'autre que la rumeur de Dieu. Je puis témoigner que vingt, trente ans plus tard, ces dormeurs posent toujours les mêmes questions et reçoivent toujours les mêmes réponses formulées de la même manière et avec les même mots. Derrière les barbelés psychologiques dressés par leur guru autour du camp, les croyants se sentent toujours aussi frileux devant la vie et ses grands espaces ouverts.

Je remercie les dieux de m’avoir mis en contact avec cette caricature, où le maître est incapable d’entendre la moindre critique ou suggestion d’une autre approche et où les disciples se sentent immédiatement menacés à la suggestion d’un autre système ou, suprême horreur, de l’absence de système. Ce fut pour moi une grande leçon : j’ai vu comment naissent les sectes — toutes les sectes, dont la plus grosse est l’Église catholique —, les systèmes, les encadrements et les structures. J’étais assis aux premières loges.

Mettre lourdement l’accent sur une quelconque technique et sur une idéologie pour se libérer, c’est une stratégie pour ne plus ressentir sa vie telle qu’elle est. Ce réflexe pathologique face à la peur et à la souffrance (qui n’est rien d’autre qu’avoir des problèmes avec la réalité) est, bien sûr, un ajournement. Cet ajournement peut être nécessaire, quand notre trajectoire passée dans l’espace-temps ne nous laisse pas le choix, mais ça n’en demeure pas moins un ajournement.

De grâce, soyez un peu sérieux ! Si vous avez la capacité d’entendre cela, alors vous n’en serez plus réduit à aller faire la queue pendant des heures pour recevoir l’accolade d’une figure exotique qui flatte les images romantiques populaires. Vous ne ressentirez plus le besoin de ce genre de pitreries. Vous serez libre de cette frilosité qu’est la religion sous quelque forme que ce soit. Les religions, les idéologies, les groupes hiérarchisés, avec leurs leaders, leur autorité, leurs dogmes, leurs promesses, leurs techniques et leurs programmes pour vous éviter de ressentir la misère de ce que vous avez échafaudé dans votre vie, sont des calamités dont vous pouvez très bien vous passer tout de suite, sans autre simagrée. Dans tous les groupes religieux, autour de toutes les autorités spirituelles, on retrouve invariablement les mêmes promesses de mieux-être pour plus tard. Vous devez accepter de penser et de vivre de telle manière, de pratiquer tel rituel ou telle méditation, de marmonner tel mantra, toutes choses qui vous insensibilisent et vous rendent stupide maintenant dans le but de vous libérer plus tard. Croyez-vous vraiment que toutes ces singeries peuvent vous être de quelque utilité pour voir clair et vous comprendre ? Je ne dis pas qu’il ne faut pas se sentir en résonance avec un courant spirituel quand une évidence se présente, mais s’identifier à un groupe, vouloir faire carrière dans le bouddhisme ou le christianisme, c’est un symptôme de peur ou d’ennui. Vous seriez mieux de ressentir votre peur ou l’ennui de votre vie et d’y voir clair, au lieu d’aller vous cacher et grelotter en groupe derrière une doctrine de libération future.

Quand vous pratiquez une technique, vous répétez toujours la même chose, vous essayez de revivre la même situation afin d’exorciser tout ce qui remet en question votre savoir sur le monde et sur vous-même. C’est complètement mécanique. Comment pouvez-vous espérer qu’un monceau de conditionnements vous mène un jour à la liberté ? C’est cela la grande illusion de ce genre de pratiques spirituelles, dont la principale utilité est de faire rouler les affaires de ceux qui veulent vous sauver à tout prix, de ceux qui veulent vous libérer sans que vous ayez à être présent dans votre vie, bref, tous ceux qui se veulent indispensables dans votre vie. On peut comprendre la pratique de techniques en vue d’acquérir une habileté professionnelle, pour apprendre la clarinette ou la boxe, mais pour vivre la liberté…

Qu’y a-t-il donc derrière cette névrose très ancrée qui consiste à s’en remettre à une technique, à un autre être humain, à une façon de penser ou à une nouvelle drogue ? La peur ! La peur de sentir qu’en fin de compte on n’est absolument rien, du moins rien de tout ce qu’on a pu imaginer, y compris les images infantiles qu’on se crée sur « Dieu » ou sur « le Soi ». Ce n’est pas un blâme à l’endroit de ceux qui croient qu’une technique ou un guru va les dispenser de se voir et de se comprendre : l’être humain en est réduit à de telles âneries parce qu’il n’a pas le choix, parce qu’il n’a pas la force et l’humilité d’être simple, direct et honnête avec lui-même. Ainsi, vous ne pouvez demander à un enfant de trois ans de comprendre ce qu’un adulte peut comprendre. Il n’y a rien à imposer à qui que ce soit. Il n’y a aucun jugement ici, simplement une constatation. Par contre, si vous avez l’humilité d’entendre cela sans peur, sans retourner dormir devant un « éveillé », dans un groupe ou derrière une idéologie, alors vous allez peut-être découvrir vous-même que tout est beaucoup plus simple et infiniment plus beau que ce que votre mémoire vous inflige.

La méditation n’a vraiment rien à voir avec une technique. Méditer c’est regarder pour la première fois, alors que pratiquer une technique consiste à répéter pour la nième fois. Se concentrer c’est se couper de la vie, c'est un manque de respect envers ce qui est là. Qu’est-ce donc que vous ne voulez pas voir dans votre vie au juste et pourquoi ? Il n'y a pas à se concentrer ; il n’y a qu’à écouter, regarder.

Méditer ce n’est ni fuir les objets ni aller à la pêche pour en attraper ; ce sont là les deux facettes d'un même manque de maturité. Tout ce qu’on attend, tout ce qu’on espère, tout ce qu’on peut comprendre, ce sont des objets, c’est-à-dire quelque chose qu’un observateur particulier découpe de toutes parts par rapport aux autres « objets » et par rapport à l'arrière-plan silencieux. Si vous allez à la chasse ou à la pêche au fond des bois, vous risquez de tuer un animal ou un poisson qui, comme vous, ne demande qu’à vivre. Ce n’est certes pas là une marque de grande sensibilité, mais quand vous partez chaque jour à la pêche intérieure pour attraper quelque chose de substantiel, vous faites preuve d’une insensibilité encore plus fondamentale : vous n’allez peut-être pas tuer un animal, mais vous allez tuer, ou du moins ensevelir, ce qui en vous est vivant. Au bout de quelques années, vous irez grossir les rangs des vieux croûtons qui errent à la surface de la soupe prétendument spirituelle de cette planète. Chercher à distinguer un objet, chercher à comprendre, chercher un état de conscience, vouloir transcender le monde, devenir un être réalisé, tout cela reflète un manque de clarté et c’est encore un compromis.

Mais alors le mot méditer a-t-il un sens pour vous ?

La méditation c’est le respect total de ce qui est là, le respect de la vie telle qu’elle est. C’est le respect de ce que j’appelle ma vie, avec mon corps et mon psychisme tels qu’ils sont. C’est la non-violence parfaite. Cela veut dire que vous ne faites plus dans l’ailleurs ou dans le plus tard. Vous ne pensez plus à votre vie, vous la vivez clairement, directement.

Vous savez ce que veut dire vivre ? Cela veut dire être présent : sentir, ressentir, goûter, regarder, écouter. Ce n’est pas anesthésier cette sensibilité en vivant dans un monde abstrait tissé de notions engluées de mots. Quand vous voyez un arbre, un cerf, un homme, vous vous donnez vraiment à la vision et aussi à ce que vous sentez en vous, vous vous abandonnez au toucher intérieur. Vous n’êtes pas en train d’évaluer l’âge de l’arbre, si c’est un beau cerf ou un homme sympathique. Bien sûr, toutes ces notions peuvent vous venir — vous ne choisissez pas ! — mais vous ne mettez pas l’accent sur elles. Vous êtes beaucoup trop occupé à ressentir, à toucher, à goûter, pour avoir le temps de courir après des concepts ou des opinions. C’est un manque de temps… Généralement, quand on perçoit un objet, un visage ou une énergie, que fait-on immédiatement ? On se détourne de la réalité pour se tourner vers les images proposées par la mémoire. C’est cela vivre de manière abstraite, complexe, virtuelle. La vie est très simple, sauf quand on la regarde à travers le brouillard de la mémoire.

Observez bien ! Notez ce que vous échafaudez par-dessus la perception du moindre objet physique ou mental. Voyez ce que vous construisez encore qui étouffe et ensevelit le regard. Au moment même où vous plongez la main nue dans la neige, il n’y a rien à penser, à juger, à analyser ni à classifier. Au moment même où vous ressentez la tristesse, la colère ou la peur, il n'y a pas davantage à penser ou à « comprendre ». À un moment donné, il vous apparaît étrange de rechercher autre chose que ce qui est là, autre chose que ce qui est offert par la vie. Vraiment, cela paraît très étrange.

Voyez les enfants — tant ceux des êtres humains que ceux des animaux —, voyez comme ils ne sont que regard, écoute, sensibilité, attention. C'est universel, c'est inné ; voilà notre vraie nature. N’y a-t-il pas là un signe très clair ? C’est avec l’accumulation des impressions mentales laissées par les innombrables expériences passées que nous nous mettons à vivre dans l’habitude. Avec le temps nous en venons à accepter l’idée que ce n’est pas la première fois, la seule fois, que nous ouvrons les yeux sur le monde. La notion d’objet va alors de soi et il ne nous vient plus de douter de la réalité de nos images. Notre cerveau, très tôt dans notre vie, a échafaudé une image du « monde » à partir des impressions des cinq sens. Nous sommes dès lors convaincus de la solidité des choses « là-bas » et d’un moi « ici ». Le cerveau a construit les notions même de « là-bas » et « ici ». Mais si vous absorbez des substances hallucinogènes, alors vous voyez différemment et avec la même conviction. Est-il vraiment nécessaire de se livrer aux drogues pour voir l’aspect fallacieux de nos fragiles images du monde ? Il suffit d’être attentif ! Pendant combien de temps allons-nous rêver et remplacer une image par une autre image ?

La vie méditative, c’est la maturité du regard, dans lequel n’y a plus l’habituelle ruée bovine sur des objets. C’est une persistance du regard. C’est par impatience que nous nous jetons sur des objets et sur des situations. L’impatience c'est la peur et cette peur repose uniquement sur une pensée. Méditer c'est persister avec ce qui est là. Cela implique donc le refus des images. Non pas les combattre, non pas chercher à les détruire — qu’y a-t-il à combattre ? Non. Cela consiste à refuser de se contenter du pâle reflet de la réalité qu’est l’image de soi-même. Quand vous demeurez avec « ce qui est là », à un moment donné cette attention devient silence, étonnement, ravissement, tranquillité. La brume des images se dissipe et il reste une lucidité dans laquelle il n'y a plus ni objet ni sujet. Méditer c’est vivre sans se localiser. Il n’y a que pur regard, pure attention.

Vous vivez dans le marasme simplement par manque de conviction d’être pur regard, pure lumière consciente. Conviction veut dire évidence directe, non pas conclusion intellectuelle. Les intellectuels vivent dans la même peur que les autres, à cause de la même déficience de conviction. Sans une telle évidence directe, la vie sur terre n’est qu’une interminable errance pour tenter d’éteindre la soif d’expériences et de compréhension. Tant que vous ne demeurez pas présent à ce qui est là dans votre vie, clairement, simplement, vous ne pouvez éclairer vos constructions mentales et réaliser tout ce qu’elles ont de virtuel. La réalité est sans cesse en train de souffler sur le château de cartes de vos fabrications. Mais tant que vous fuyez de situation en situation, de pensée en pensée, vous êtes comme l’impatient qui pénètre dans une pièce sombre en provenance de l’extérieur en hiver : tout ébloui par l’éclat du soleil sur la neige, ne distinguant rien pendant les premiers instant, il se retire de cette pièce, retourne dehors, puis entre à nouveau dans une autre pièce, puis une autre, sans avoir jamais rien vu. Ainsi affligé, vous avez vite fait le tour de votre maison et vous vous sentez toujours aussi vide. Notre regard a besoin d'une certaine persistance pour distinguer. Alors, ce que j’appelle méditation c’est cette persistance du regard, cette insistance de l’attention, sans but, sans projection de ce qu’on pourrait voir. D’ailleurs, il n’y a rien à voir ! Au cœur d’une telle attention, il ne subsiste bientôt plus que la pure lumière consciente, qui est la vie elle-même.

Vous parlez du regard qui s’exerce. Cela ne ressemble-t-il pas à une pratique ?

Il n’y a pas d’éléments techniques à maîtriser ici. Qui peut vous enseigner le regard ? Il existe beaucoup de « techniques de méditations » sur le marché, mais il s’agit là d’un artifice de marketing. On peut bien créer un espace méditatif, mais ce qu’il y aurait à dire sur une technique méditative tiendrait en très peu de mots. Cela dit, il est vrai que le regard s’exerce et devient plus compétent quand on se donne à des moments de silence sans but. C’est cela qui permet de demeurer présent quand souffle le vent de la vie sur vos plans et sur vos certitudes. Mais ce n’est pas quelque chose à pratiquer dans le but d’être présent plus tard. Ce n’est rien à mémoriser, à thésauriser. Cela vient comme une conséquence naturelle, non comme un objectif à atteindre. Dès que vous êtes tourné vers un autre moment, vous rêvez, vous dormez.

Par exemple, quand vous avez complété les tâches de la journée, vous êtes assis et vous demeurez là. Vous n’allez pas voir ailleurs, vous ne chercher pas ce qui pourrait vous désennuyer à la télé, vous ne cherchez pas dans votre carnet le numéro de téléphone d'un ami qui pourrait être votre clown de service ce soir-là. Vous regardez ce qui est là, vous ressentez votre corps, sans rien essayer. En méditation vous n’êtes tenu à rien, surtout pas de « méditer » ! Demeurez simple. Il n’y a rien à suivre, rien à refuser. Laisser venir, laissez aller. Vous assistez à ce qui est là, y compris à ce que votre mémoire nomme « rien ». « Rien » est un autre concept. Il n’y a jamais « rien » : vous êtes toujours là en tant que pur regard. Mais n’essayez pas de voir ce « pur regard » ! Vous réalisez que vous êtes perdus dans vos pensées ? Et alors ? Vous assistez à cela, sans plus. Depuis toujours vous ne faites qu’assister aux modalités de ce que vous appelez votre vie. Vous allez bientôt voir que tout est vide de substance, qu’il n’y a pas de choses séparées du regard, vraiment.

Et quelle place faites-vous à la prière ?

Prier, dans le sens où on emploie ce mot la plupart du temps, ça n’a pas grand sens. Ce que veulent dire la plupart des gens par prier c’est demander, supplier « Dieu » d’intervenir dans leur petite vie misérable. Mais même ce genre de prière est au moins le signe d’un début d’humilité. Quand leurs stratégies habituelles ne semblent plus rapporter de dividendes, les superbes et les arrogants se mettent à la prière. Quand les Nazis ont envahi l’Union soviétique, à l’été de 1941, et que tout semblait perdu, même Staline a fait rouvrir les églises…

Pour la plupart des gens prier est un réflexe : ils grelottent quand ils ont froid, ils toussent quand leur gorge est chatouillée et ils prient quand ils ont peur et ne comprennent plus rien. Ce réflexe est encore une stratégie qui pointe en direction d'un quelconque soi-même : c’est une activité mondaine et vulgaire. Je veux bien que, sur un mode poétique, on s’adresse à une divinité, ou même que, sur ce même mode, on demande parfois quelque chose pour sa vie personnelle, mais alors cette demande ne devrait pas être formulée à partir de la conviction d’être une entité séparée. Bien sûr, la littérature sacrée est constellée de prières qui ressemblent à des demandes, même à des implorations. Mais c’est toujours sur un mode poétique.

Vous pouvez très bien demander, mais alors de la même manière que vous demandez le sommeil quand vous allez vous mettre au lit. Vous ne pouvez pas le provoquer. Bien sûr, si vous ne vous étendez pas, vous n’allez pas dormir non plus. Alors vous allez interroger le dieu du sommeil. Vous allez vous étendre pour suggérer le sommeil, vous allez voir s'il est là. Le reste n’est pas entre vos mains en tant que personne. Autrement dit, votre corps et votre psychisme sont les dociles instruments du dieu. Vous n’êtes pas là en tant que personne qui exige de dormir. D’ailleurs regardez ce qui arrive quand vous vous étendez avec l’idée que vous devez dormir à tout prix, que vous voulez dormir…

Prier pourrait être cela : être consciemment l’instrument de la vie. Vous pouvez alors interroger pour voir si votre foie ne pourrait pas se désencombrer de certaines énergies, pour voir si votre nerf sciatique ne pourrait pas se décoincer, pour voir si votre ami ne pourrait pas voir sa vie s’éclaircir ; des choses comme cela. Mais vous le faites toujours en souhaitant qu’il arrive ce qui doit arriver. C’est le sens de la prière de Jésus, dans le Jardin des oliviers, qui demande : « Père, s’il est possible, que cette coupe passe loin de moi. Cependant, non pas comme je veux, mais comme tu veux ». En réalité, c’est le Père qui fait tout, qui est tout. Le Père, en tant que Jésus, ne doute pas de cela et peut donc « demander » sans se fourvoyer comme le font les autres êtres humains. De là la puissance de ses « demandes ». C’est bien ainsi que les malades étaient guéris en sa présence.

Alors, quand vous priez, vous n’intervenez pas en tant que cette image pour laquelle vous vous êtes pris depuis si longtemps ; vous n’êtes simplement pas là. Quand vous priez ainsi, vous ne manquez plus de respect envers Dieu en estimant qu’il puisse y avoir autre chose que Lui.

Nous pourrions peut-être terminer par la prière de Maître Eckhart : « Et maintenant, que Dieu nous aide à gagner cette lumière éternelle ! »


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lundi 6 avril 2009

Richard Moss



Le Mandala de l'Être

Si l'on se connaît suffisamment, cela devient évident que si l'esprit quitte le moment présent il ne peut aller que dans quatre directions essentielles. Le Mandala de l'Être est un outil que j'ai développé qui permet de prendre conscience de là où nous allons lorsque nous quittons le moment présent et, à travers cette prise de conscience, de revenir dans le Maintenant. Un Mandala est dessin symbolique du Soi.

A la base, il y a un cercle avec quatre directions et avec une forte orientation vers le centre. Le centre représente le Maintenant de nous-mêmes, et les quatre directions indiquent là où nous allons quand nous ne sommes plus dans le présent. Je me vis là comme étant toujours assis au bord de ce vide qui est au centre. J'appelle ceci le "Mandala de l'Être", parce que le centre c'est le Maintenant. La condition de ce Maintenant, c'est que le corps et l'esprit soient au même endroit.


Comment les sentiments naturels sont pris en charge par le mental
pour nous sortir de l'expérience directe du Vécu et de l'Instant Présent
[Schéma extrait de Vivre au Présent par Faye Mandell (Guy Trédaniel Editeur)]


On voit qu'il y a deux vecteurs fondamentaux de la conscience humaine : l'un est le vecteur du temps et l'autre est l'axe de la conscience sujet/objet. Le pôle sujet de cet axe est le moi, c'est-à-dire la manière dont nous faisons de nous-mêmes un objet. Le pôle objet de cet axe, ce sont les histoires, les jugements que nous nous racontons sur les autres. L'esprit peut aussi aller dans le passé ou dans le futur. Si l'esprit est mal adapté au moment présent, s'il a beaucoup de mal à rester dans le présent, il aura tendance aller soit dans le passé, soit dans le futur ou dans une objectivation de soi-même ou de l'autre.

Selon l'endroit où va l'esprit, il y a des conséquences instantanées qui prennent la forme d'états émotionnels, alors que si l'on reste dans le présent on a une qualité émotionnelle différente. Le Mandala de l'Être, c'est l'un des moyens d'enseigner aux gens comment reconnaître d'abord qu'ils ne sont plus dans le présent et cela est déjà un rappel de soi. Cela aide à s'observer soi-même et à repérer les émotions qui sont là pour montrer où se trouve l'esprit :

- L'anxiété, l'inquiétude, l'espoir ou un sentiment d'être dans l'attente montrent que l'esprit est parti dans le FUTUR.

- La tristesse, le regret ou la culpabilité montrent que l'esprit est parti dans le PASSÉ.

- L'envie, la jalousie, la blessure, la frustration ou la colère nous montrent que l'esprit est parti chez l'AUTRE.

- Les pensées sur soi-même où l'on se déprécie ou, à l'inverse, les pensées grandioses montrent que nous sommes dans le domaine du MOI.

Dès lors que l'on prend conscience de cela, l'on est de retour dans le Maintenant. C'est donc un enseignement du rappel de soi. C'est très puissant parce que c'est très simple. L'on n'a pas à se préoccuper des différents traits de la personnalité. Quand je l'enseigne, la référence majeure c'est de toujours apprendre à être présent dans le corps. »

Richard Moss
Extrait d'un entretien au journal RÉEL (n°82, juin 2005)


Complément : L'important n'est pas ce que nous pensons ou ressentons, mais comment nous le pensons ou le ressentons. Là est la clef du détachement. Accueillir le sentiment naturel (déception/tristesse, inquiétude, frustration...) en portant toute notre attention au ressenti corporel correspondant (région du coeur, creux de l'estomac, tension de la nuque...) nous permet, au lieu de refouler par conditionnement ce sentiment naturel en culpabilité, peur, colère..., de revenir aussitôt dans l'Ici-Maintenant ! C'est donc en observant nos structures mentales et ce qui nous sort de l'Ici-Maintenant que nous pouvons nous détacher de la rumination et de nos turbulences émotionnelles, et faire le choix de revenir, sans le mental, grâce au corps, au centre de notre être. (J.L.)

source : vivre libre

mercredi 1 avril 2009

Hélène Naudy



HOMMAGE A LA PEUR



La peur.
Hum, l’enfant est née avec. Son corps imprégné.
Elle a été sa compagne.
Non, son ennemie. Je craignais de plus en plus d’avoir peur.
D’être à nouveau paralysée par ma propre négation qu’alors je ne pouvais nommer comme telle.
La peur.
Terrée là, dans mon ventre, se réveillant au moindre oubli de moi-même…
Comme je me suis oubliée…
Et les questions revenaient, revenaient, tant elles restaient sans réponse :
« A quoi tout cela sert-il ? »
« Qu’est-ce que je fous ici ? »
« Pourquoi vivre si l’on souffre chaque seconde de ne pas savoir, de ne pas comprendre, de ne pas saisir ce qu’est le réel. »
« Bordel, où est le réel ? Qu’est-il ? »
La perception était telle que le monde subtil n’était pas différent du monde matériel. Ils étaient perçus pareillement. Et je pressentais bien que mon entourage ne considérait que le monde tangible. Etais-je folle ? Avais-je des hallucinations ? Où se situait le réel ?
Voilà la grande peur qui me terrorisait.
Ce que je percevais était systématiquement mis en doute. Même l’arbre que je voyais, jusqu’à la table sur laquelle nous servions le repas. Qu’est le réel ? La question revenait, restait sans réponse.
Peut-être que ce mur je peux le traverser ? Si je ne suis pas réelle, si mon corps n’est qu’atomes. Et ces atomes, pourquoi sont-ils unis les uns aux autres ? Pourquoi forment-ils un corps ? Pourquoi de même les atomes de cet arbre sont-ils unis les uns aux autres et forment-ils cet arbre ? Pour quelle nécessité ? Tout cela est si inutile ? Bien avant même l’hypocrisie, la convoitise, la jalousie, l’esprit de compétition entre les hommes, bien avant la haine et les critiques, tout cela est si inutile. Et puis, réellement, qui suis-je ? Car je ne suis pas dupe. Je sais que je ne suis pas ce corps, ce mental, cette personnalité. Je le sais. D’où le sais-je ? Je ne sais pas mais je le sais.

A part cela, rien, je ne comprenais rien.
Je ne voyais aucune réponse sérieuse, je dirai même scientifique.

A seize ans, Jean Klein me donnera des éléments de réponse. Oui, des éléments parce qu’elles seront uniquement intellectuelles et aucunement vécues. Pour cela, j’attendrai mes vingt-huit ans. Là, je devrai regarder de près cette peur viscérale. Je devrai ? Oui, car je ne me permettrai plus de passer à côté, de faire celle qui sait.

Le savoir intellectuel (non-dualiste comme psychologique) bien qu’il m’ait permis de ne pas aller au suicide, ne me permettra pas d’être en paix. Oh, j'en aurai bien conscience : il n’était qu’une béquille pour ne pas sombrer dans un abîme que je ne pouvais ni ressentir ni regarder en face alors agée de seize ans.
Alors oui, les peurs se manifesteront, non pas à nouveau, car elles ne me quitteront pas, mais là, elles se manifesteront et je les laisserai se manifester. Je ne résisterai plus.
Des angoisses insoutenables, à ne plus savoir où je pouvais m’asseoir, où je pouvais me poser, aucun endroit extérieur où je pouvais ne serait-ce que superficiellement me sentir en paix , car aucun endroit intérieur où je sentais même un soupçon de paix.
Malgré le fait que je voyais cette peur, elle était encore trop monstrueuse, gigantesque. Un titan.
Des allées et venues, immersion, repliement compulsif, anesthésie du mental, neurones tétanisés, membres inertes, aucune notion de réalité. Où est le réel ? Qu’est-il ?
Pffffffffff
sais pas.
Allées et venues… Combien ? Là non plus, je ne sais pas. Peu importe.

Pourtant, pourtant
je pressentais qu’il m’était possible…

Dans un instant vide d’intentionnalité, je me souvins : être là avec ce qui se présente…

Je voyais : le mental avait peur. Il ne pouvait pas mourir (je me suis demandée, en relisant ce passage, si je ne m’étais pas trompée de verbe : ne pouvait-il pas ou ne voulait-il pas mourir ? Mais c’est bien cela : il ne pouvait pas mourir), malgré son désir intense d’être en paix et de se fondre dans le non mental je suis. Etre avec… Dans l’instant, je me rendais compte que tout cela restait conceptuel, intellectuel, oui, toujours mental : plus la peur était grande, plus le mental se cramponnait. Il tenait. J’étais dans une impasse, bloquée par mon désir d’en finir avec cette peur.

Soudain, le regard s’éclaira par cette compréhension vivante : "bloquée dans mon désir d’en finir avec cette peur."

Là, je venais de me rendre compte que par ce désir d’en finir je refusais cette peur.

Oui, je la refusais. Cela je le notais. Et après ? Je ne savais pas, n’avais aucune intuition de comment me sortir de cet endroit.
… Ah, je voulais encore m’en sortir. Mais oui, c’était tellement à vif. La peur envahissait mon corps et mon regard au point d’avoir la nette impression que le visage allait exploser.

Par une impulsion venue de je ne sais où, je me levai, mis mes chaussures, mon manteau et partis me promener. Je marchai dans le parc d’à côté. C'était l'automne, je m'en souviens. Je regardai les arbres, l’herbe.

Les arbres.

… ça se rappela à moi : ressentir

Etre avec ce « je ne sais pas » sans surimposer une idée qui le masquerait : se familiariser avec lui, sans désir de faire disparaître cette peur qui me taraudait. Sans surimposer. Sans surimposer. A nouveau, je me rendis compte : c’est bien mon refus qui me coupe de cette peur, refus provoquant cette surimposition inconsciente : « Je veux éliminer ce trouble à tout prix ».

Là, à cet instant précis, les concepts s'envolèrent, imprégnée du
« Je ne sais pas » est l’ouverture à la disponibilité.

Je le sentais là, sur le vif.

Je le sentais là : cette disponibilité se rappelait à moi sans relâche.

La peur revint. Immédiate, brutale, toujours aussi vive, titanesque.

Cette fois-ci, je ne dialoguai pas, je n’essayai pas de comprendre. j’écoutais la peur… Sa vibration, vidée de toute idée mentale. Dans le ventre, la tête, les yeux, ça se propageait dans le corps, ça séparait le cerveau droit du cerveau gauche, ça séparait les cellules les unes des autres qui s’entrechoquaient et conditionnaient le mouvement de panique. Une pensée vint, fulgurante : « La peur désunit ». Une pensée qui laissait libre, surgissant de la vision non encombrée, sans projet, sans résidu. « La peur désunit », non pas conceptuellement, non, non. Perçu. Perçu. Quelque chose qui surgit et meurt dans l’instant.

Je devins regard, sans centre, sans lieu qui désire mémoriser la saveur de ce surgissement.

Je devins perception… Disponibilité, discernement, lucidité et abandon dans le même instant.

Soudain je vis : il n’y a plus de séparation entre moi et la peur. Il n’y a plus de séparation parce qu’il n’y a plus de refus.

La peur se dissolu. Je, ne faisait rien.
« Je » ? Il n’y a personne.
Et pourtant, et si totalement présente.

Seulement une paix immense et silencieuse.

La vie même. Là.
La vie même en corps, en discernement, en absolue présence.
Là, je pouvais dire, parce que perçu : Je suis.
Sans plus de question, parce que la réponse était totalement incompréhensible pour le mental et absolument vécue comme totale : la vie est. Je suis.

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Jean Bouchart d'Orval "Reflet de la splendeur"


Les maîtres géniaux apparus au Cachemire entre les IXe et XIIe siècles nous ont légué des textes remarquables. Relativement peu connues en Occident, ces œuvres témoignent d’une profondeur et d’une beauté encore insurpassées tant en Inde qu’ailleurs dans le monde.
Cette tradition nous concerne tous, car elle ramène à l’émotion fondamentale de l’existence, qui est étonnement, joie, ravissement. Les situations de la vie et les émotions qu’elles engendrent n’ont pas à être fuies, encore moins combattues, car elles représentent autant d’occasions pour redécouvrir la liberté profonde. Au lieu d’appeler à des efforts pour résoudre un problème finalement inexistant, le shivaïsme non duel du Cachemire invite à cesser de nous approprier – au nom de ce que nous ne sommes pas – l’irrésistible élan qui nous meut, celui-là même qui préside à chaque instant à l’apparition de l’univers. Cette voie de lumière et de pure passion nous parle à partir du cœur, celui de l’existence même : la pure Lumière consciente que nous sommes. Son éclat clairement reconnu fait pâlir et fondre tout ce qui nous attachait à la surface de ce qui
« arrive » dans nos vies et dans le monde. Est-ce un hasard si, après un silence de mille ans, ce courant ressurgit précisément à notre époque ?
Des reflets qui nous invitent à reconnaître la Splendeur en nous et la refléter en retour…

Editions ALMORA

dimanche 29 mars 2009

Jean-Marc Mantel



Le regard regardé



Ce corps,
Je le regarde,
Je ne suis pas cela.

Ce ressenti,
Je le regarde,
Je ne suis pas cela.

Cette pensée,
Je la regarde,
Je ne suis pas cela.

Ce regardeur,
Je le regarde.
Je ne suis pas cela.

Pour la simple évidence,
Que je suis le regard lui-même.

Janaka dit :
comment le regard pourrait-il se regarder lui-même ?


Jean-Marc Mantel : http://jmmantel.net/

Marigal



A propos de "JE"


..._Quand je dis qu'il n'y a personne, cela veut dire qu'il n'y a pas quelqu'un à l'intérieur de ce complexe corps-esprit, il n'y a ni individualité, ni entité. Mais la personne est là, un ensemble psycho-physique qui pense, élabore des concepts, ressent, et parle éventuellement. Cet ensemble qui dit "je" peut dire aussi "moi". Ce n'est pas quelqu'un-entité mais la personne en tant que globalité, globalité individuelle au sein d'une Globalité qui l'enveloppe et la pénètre totalement._..._Ce "je" qui semble, nous humains, nous faire fonctionner, qu'est-il ou qui est-il ?
"moi", "je", c'est la forme parlée dérivée de l'ego. L'ego est un concept, c'est-à-dire la représentation abstraite d'un objet, qui qualifie l'ensemble de cet objet. Ici, la personne dans son ensemble, l'ensemble physico-psycho-affectivo-mental qui, lorsqu'il se désigne lui-même, dit "moi" et lorsqu'il parle dit "je". Ce "je" désigne ce que désigne l'ego, c'est-à-dire la personne qui parle, l'ensemble de la personne qui, étant donné la complexité de son fonctionnement, a la capacité de penser, dire ce qu'il pense et s'exprime par "je" qui résume la pensée du corps-esprit, de l'individu vivant qui est là.
Cet ensemble qui dit "je", peut aussi dire "moi", un tel ou une telle, une personne, un être en évolution, en devenir, mais non-séparé, non-isolé de l'ensemble de l'univers dans sa totalité. Comme pour tous les êtres vivants, c'est un phénomène surgi de l'Un qui s'exprime en tant qu'oiseau, fleur, insecte, et en tant qu'humain. Mais dans tous ces êtres infiniment complexes, il n'y a pas une entité papillon qui fasse voler le papillon, ni une autre qui fasse chanter l'oiseau, grandir l'arbre, il n'y a pas une entité moi qui fasse fonctionner l'humain._..._De même que l'individuel n'est pas régi par un "je", l'universel n'est pas régi par un "JE". Au coeur de l'Un, au coeur du Tout, au coeur de Cela qui Est, il n'y a pas une entité suprême, un JE qui dirige le monde et auquel notre petit "je", lors de nos expansions de conscience, pourrait s'identifier._...

Extrait de l'article paru dans 3e millenaire

Marigal : http://marigal.free.fr/FR/Accueil.htm

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vendredi 13 mars 2009

Rencontre avec Jean Bouchart d'Orval



Samedi
21 mars

à Bordeaux


Entretiens avec Jean Bouchart d’Orval


REFLETS DE LA SPLENDEUR



Les innombrables situations de la vie et les émotions qu’elles engendrent n’ont pas à être fuies,encore moins combattues, car elles ramènent toutes à l’émotion fondamentale de l’existence, qui est étonnement, joie, ravissement. Au lieu d’appeler à des efforts pour résoudre un problème finalement inexistant, le shivaïsme non duel du Cachemire invite à cesser de nous approprier (au nom de ce que nous ne sommes pas) l’irrésistible élan qui nous meut, celui-là même qui préside à chaque instant à l’apparition de l’univers. Cette voie de lumière et de pure passion nous parle à partir du cœur, celui de l’existence même : la pure Lumière consciente que nous sommes. Elle nous concerne tous intimement.
Est-ce un hasard si, après un silence de mille ans, ce courant ressurgit précisément à notre époque ? Des reflets qui nous invitent à reconnaître la Splendeur en nous et la refléter en retour.

Cette rencontre sera aussi l’occasion du lancement du livre
Reflets de la Splendeur : le shivaïsme tantrique du Cachemire.

Entretiens et méditation dans un espace intimiste
www.omalpha.com

Samedi 21 mars - 9h30 / 16H
Paricipation financière 50€

Possibilité de pique-niquer sur place

SALLE DE YOGA ELIZABETH RAPAPORT
68 RUE STEHELIN RESIDENCE ALIENOR
BORDEAUX CAUDERAN

Renseignements et Inscriptions:
Jean-Marc Martin
06 16 80 20 93 / 05 56 44 08 78
jmmformations@aol.com

dimanche 8 mars 2009

Le rire


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A l'instant précis ou nous comprenons une plaisanterie , nous éprouvons un moment d'illumination, il est bien connu que ce moment doit venir spontanément
qu'il ne peut être provoqué par l'explication de la plaisanterie, c'est à dire par une analyse intellectuelle. Ce n'est que par une brève incursion intuitive dans la nature de la plaisanterie que nous faisons l'expérience du rire libérateur.
la similarité entre une vision spirituelle et la compréhension d'une blague doit être bien familière aux illuminés, puisqu'ils montrent presque toujours un grand sens de l'humour.
dans le le Tao te King nous lisons: Si l'on ne riait pas , le Tao ne serait plus le Tao

Fritjof Capra

source : Gottof

lundi 23 février 2009

En hommage à Stephen JOURDAIN

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Stephen Jourdain a tiré sa révérence....

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Merci Steve pour toutes ces rencontres lors d'ateliers ou dans un Quick ! où la vision d'une frite avec un coca devenaient étonnamment merveilleuses... Aujourd'hui, je me sens un peu orphelin. Adieu Steve et merci.


jeudi 19 février 2009

Les limites de notre conscience...







Edwin A. Abbott, pasteur anglais et précurseur de la pensée à quatre dimensions de la fin du XIXe siècle, est l'auteur d'une fable mathématique ("Flatland") qui a été exhumé à la suite des théories relativistes et quantiques. L'extrait vidéo ci-dessus s'en inspire pour nous montrer la faiblesse de nos perceptions - ce que nous appelons notre conscience, qui se réduit plutôt à "ce dont nous sommes conscients". C'est aussi la métaphore de l'éveil, tel qu'on peut l'atteindre en Hypnose Humaniste (voir http://www.hypnose-humaniste.com ). Découvrez plus des conclusions philosophiques que l'on peut tirer des bases simples de la Physique Quantique, grâce à l'excellent DVD : "What the bleep - Down the rabbit hole", d'où est extraite cette vidéo (disponible en France, en anglais sous-titré français et néerlandais, auprès des Editions IFHE :
http://www.librairie-ifhe-editions.com/cgi-bin/at_webdata/rp.pl?conf=livres&num=456


lundi 16 février 2009

Eric Baret


De l'abandon
de Éric Baret

Nourri de la tradition non-dualiste du shivaïsme du Cachemire, Éric Baret renvoie inlassablement ses auditeurs à l’observation calme et patiente du ressenti de leurs émotions, à l’Écoute.
La vision déroutante mais libératrice qui en découle, que l’origine de nos peurs et de nos souffrances est imaginaire, nous mène à l’abandon de nos prétentions à toujours savoir et vouloir.
Les entretiens consignés dans ce livre sont une invitation à nous abandonner humblement à la vie, à ne faire qu’un avec la vie, à célébrer la vie.


Extrait du titre

Introduction

Gloire à Celui
qui n’a pas établi de chemin pour Le connaître,
si ce n’est l’incapacité à Le connaître.
Ibn Arabi : Les illuminations de la Mecque


Fruit de la peur, l’impulsion de savoir et de vouloir est la racine de nos souffrances psychologiques. Notre existence n’est souvent qu’une lutte pour faire triompher cette affirmation de superficialité. La recherche constante de sécurité est l’obstacle essentiel à la révélation d’une liberté qui nous sollicite pourtant à chaque instant de ce que nous appelons la vie ordinaire.

Laisser le monde libre de nos projections est l’art suprême exprimé par les grandes traditions spirituelles. Cette écoute sans appropriation est la solution à nos conflits imaginaires, mais bien réels dans notre codification de la vie.
Redoutée par notre psychisme policé, l’émotion se trouve à la source de toute perception. Accueillie sans réserve, cette énergie se libère de ses causes apparentes et devient le chant de la vie, silence de la personne. Écho de la condamnation originelle et sans appel à la joie, notre misère apparaît alors comme le deuxième fils d’une femme stérile.
Fin de toute pensée intentionnelle, cette alchimie de l’émotion constitue le cœur de la tradition du shivaïsme non duel cachemirien.

Ces entretiens nous trouvent au centre de nos préoccupations profanes qui, dans notre accueil, s’avèrent être la porte de l’essentiel. Balayée par le feu de l’instant, toute résistance à la vie sans conclusion, au non-savoir cher à Jean Klein, se révèle un combat sans espoir.

Le soufre rouge serait-il ailleurs que dans notre Présence ?

Chapitre 1

Dans le silence de l’intimité

La Sécurité vous a égaré.
Coran

La sécurité dans laquelle se complaisent les âmes s’oppose à l’intimité de Dieu. Cette vanité procure au serviteur le sentiment de bien-être lorsqu’il s’y laisse aller. Alors il ne sera jamais heureux.
En effet, la sécurité détruit la vie spirituelle et ruine l’homme qui s’y complaît en lui faisant gaspiller son temps. Et lorsque celui-ci en revient malgré lui, il s’aperçoit qu’il a les mains vides et n’a rien obtenu.
Ibn Arabi : Le livre des Théophanies

Nos réunions ne se situent pas dans un contexte de spiritualité, d’enseignement, de compréhension, car tous ces éléments participent des voies progressives. Les événements de la vie sont la voie, laquelle apparaît et disparaît dans le même instant. Il n’y a aucune place pour un accomplissement, pour une appropriation. Dans la mesure où elle n’attend aucune réponse informative, toute question est bienvenue.
Est-il possible de discerner les moments propices pour changer une situation, quand on pense pouvoir l’améliorer, ou faut-il laisser faire, laisser venir sans agir. Peut-on travailler là-dessus ?
Vous pouvez vous rendre compte qu’agir ou vous rendre disponible à la situation n’est pas de votre ressort. Parfois vous aurez la capacité d’écouter une situation : vous vous trouverez alors libre d’agir ou non, la situation sera l’action. D’autres fois vous ne pourrez que constater votre manque d’écoute, le commentaire idéologique que vous surimposez à la situation : vous prétendez savoir ce qui est mieux, cette prétention est une action.
Vous ne pouvez pas décider de réagir ou d’écouter. La vie ne vous accorde pas semblable liberté. Constatez les moments d’écoute comme les moments de réaction.
L’idée d’une autonomie personnelle qui nous ferait agir ou non n’est qu’un conte de fées.
Je suis interpellé par un mot que vous avez prononcé plus tôt : « non-accomplissement. » Pourrait-on dire que l’on peut passer sa vie à réussir à échouer et que cela serait aussi une voie d’accomplissement… parce que ce non-accomplissement laisse un goût amer et amène à se poser beaucoup de questions sur le sens de sa vie ?
Vous pouvez passer votre vie à vous imaginer réussir ou rater. Tout ceci n’est qu’idéologie : vous ne pouvez ni réussir ni rater quoi que ce soit. Un jour vous serez las d’imaginer. À cet instant, vos réussites et vos échecs imaginaires, vos fantasmes de réussites et d’échecs futurs s’élimineront aussi. Voilà l’accomplissement, il n’y en a pas d’autre. C’est cela qu’il faut laisser s’installer en nous. Pas de place pour un regret, un espoir ou une amertume : tout cela est une forme d’agitation. Restez tranquille, clair. La vie se déroule en vous, vous n’êtes pas dans la vie.
S’il n’y a pas d’accomplissement, il n’y a pas d’évolution non plus?
Il n’y a pas d’évolution psychologique. Le vieillard n’est pas plus que l’enfant : c’est une autre expression de la vie. Il n’est pas moins non plus lorsqu’il perd sa force, son intelligence, sa mémoire et sa santé.
Quand le vieillard perd pied, qu’il perd la mémoire, il est moins conscient, non ?
Conscience relative, car il n’était pas conscient. Il s’est imaginé réussir et rater des choses – ce qui est de l’inconscience. Il s’est imaginé avoir un nom, décider de ses actes… Il s’est imaginé toute sa vie. Ce n’est pas parce qu’il oublie cet imaginaire qu’il y a un moins. Il retrouve quelque chose d’essentiel, sans mémoire, sans appropriation.
Il est bon d’observer combien la vue d’un vieillard qui devient sénile nous percute. Pourquoi est-ce si difficile ? Qu’est-ce qui m’effraie ? Je suis remis en question. Je m’aperçois que je vais être comme cela et que je ne vais plus pouvoir prétendre – prétendre ma réussite, mes échecs. Je vais être obligé d’abdiquer ma chère vie, ma chère identification à moi-même. C’est cela qui m’est pénible.
Laissons le vieillard tranquille de nos projections, de nos peurs. Le vieillard va très bien : c’est nous qui avons peur. Un saumon en fin de vie n’est pas moins que dans sa splendeur. La dégénérescence, sur un certain plan, fait partie de notre processus biologique. Il y a autant de beauté dans quelqu’un qui meurt que dans quelqu’un qui naît.
S’il n’y a pas d’accomplissement, à quoi me sert ma conscience ?
La conscience ne vous sert à rien. Ce n’est pas un objet destiné à vous stimuler psychologiquement. Ce n’est pas une voiture rouge, un mari ou un chien. Elle n’est pas là pour servir : elle est votre émotion fondamentale, elle vous pousse à vous chercher constamment à travers les situations.
...




mardi 10 février 2009

Voyage au delà de mon cerveau



Essais et documents

Parution : 10/2008

L’incroyable découverte d’une neurobiologiste victime d’une rupture d’anévrisme.

On ne pourra plus parler de la même façon de notre cerveau et de notre perception de l’existence après le témoignage de Jill Taylor. Il y a quelque chose de Christophe Colomb chez cette femme qui a découvert et exploré les territoires jusqu’à là inconnus de la vie et de la conscience.Chercheuse en neurosciences à Harvard, elle est victime a 37 ans d’une rupture d’anévrisme : son hémisphère gauche envahi par le sang, elle mettra huit ans pour retrouver toutes ses facultés. Conservant dans son silence et sa solitude un fond de conscience, elle nous restitue ses émotions, ses observations, ses techniques pour se réapproprier le monde.Et curieusement, à sa grande surprise et à la notre, tout en découvrant avec sérénité l’intimité et la réalité du mode de fonctionnement de son cerveau, elle prend conscience que notre perception du monde est totalement dépendante de phénomènes physiques et chimiques qui se libèrent sous notre crâne. Expérience scientifique, aventure à la frontière aussi de la révélation mystique, la lecture du livre de Jill Taylor est un véritable choc. Il nous apprend aussi à mieux comprendre et à traiter avec encore plus de sensibilité les victimes de ce type de traumatisme. Traduit de l’anglais par Marie Boudewyn