Wei Wu Wei, « La voie négative ».
vendredi 12 juin 2020
WEI WU WEI
Wei Wu Wei, « La voie négative ».
dimanche 30 septembre 2012
Wei wu wei
"Il semble y avoir deux sortes de chercheurs : ceux qui cherchent à rendre leur ego différent de ce qu'il est, c'est à dire : sacré, heureux, non égoiste (comme si vous pouviez faire un poisson non poisson), et ceux qui comprennent que toutes ces tentatives ne sont que gesticulations et jeux, qu'il n'y a qu'une seule chose qui puisse être faite, se désidentifier soi même de l'ego, en réalisant sa non réalité, et en devenant conscient de son identité éternelle avec le pur Être."
Wei Wu Wei
lundi 17 octobre 2011
Wei Wu Wei
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Toute soi-disant volonté est une manifestation du je-concept. Qui recherche l'illumination ? Dans la mesure où cette dernière est recherchée sous la contrainte du je-concept, comment pourrait-elle être atteinte ?
D'autre part, aussitôt que disparaît le je-concept, on la sent comme ayant toujours été présente.
Mais le je-concept ne désire qu'une pseudo-illumination, par laquelle il peut prétendre être sage ; l'accomplissement, impliquant son propre anéantissement, n'apparaît pas désirable du tout, et il placera sur sa route tous les obstacles possibles.
Ceci est la raison pour laquelle toute "méthode", "discipline", etc... assujétie au je-concept est nécessairement un chemin qui nous éloigne de chez nous. Etant donné que toute action qui n'est pas une non-action, et ne peut être spontanée, se trouve accomplie sous la contrainte du je-concept --car il n'y a pas d'autre "acteur", j'entends d'autre acteur véritable -- l'illumination ou satori ne peut être que la conséquence de la non-action.
jeudi 1 septembre 2011
Wei Wu Wei
Ou peut-on aller quand "aller" est "l'allant" ?
Qu'y-a-t-il à faire quand "faire" est l'"agissant",
A voir quand "voir" est le "regardant",
A être quand "être" est l'"étant" !
Quoi donc ? Quand il n'y a point d'acteur pour "agir",Aucun "moi" pour jouer"je"
Le spectacle est terminé.
A qui puis-je être présent, de qui puis-je être absent ?
Wei Wu Wei
vendredi 15 janvier 2010
WEI WU WEI

« chauves-souris pour des dragons ». Dans l’esprit des grands maîtres éveillés du passé, il renouvelle de façon percutante et profondément originale leur message à l’intention des hommes et des femmes d’aujourd’hui. Toutes les questions centrales, le temps, l’espace, l’ego, la perception, la politique, le corps, le sexe, etc., sont scrutées et reconsidérées selon la perspective de l’Eveil, bouleversant les idées habituelles. Dans la seconde partie de l’ouvrage, vous trouverez des éléments biographiques sur ce personnage haut en couleur, ainsi que sur d’autres Eveillés ou chercheurs proches de lui. Enfin cinq « lettres ouvertes à un Non-Né », pleines de joyeuse insolence, confrontent l’enseignement de Wei Wu Wei avec ceux du chan et du taoïsme, rares courants traditionnels auxquels cet homme libre entre tous se soit référé.
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Un concept est un arrêt du mouvement de la manifestation, c’est ipso facto une chose morte, sans réalité. Ainsi tous les concepts sont-ils morts et non réels. Pour être saisie, la Réalité doit être approchée avant la formation d’un concept et donc en mouvement.
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Pourquoi choisir ?
Pourquoi ne pas tout simplement faire ce que, de toute façon, vous avez à faire ?
Ne pas choisir, c’est « être présent dans le présent ». Notre vie entière, emprisonnés que nous sommes par l’illusion personnelle, est en fait une suite de choix. Du matin au soir, nous ne faisons rien d’autre que choisir. Si nous cessions de choisir et répondions juste aux circonstances, cela serait agir en accord avec « la nature réelle des choses ». C’est ce que l’intégré fait. Oui, nous choisissons du matin jusqu’au soir, bien qu’il n’y ait aucune chose telle qu’un choix.
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Il semble y avoir deux types de chercheurs : ceux qui visent à faire de leur ego quelque chose d’autre qu’il n’est, quelque chose de saint, de gai, de généreux (comme si l’on pouvait rendre « non chat » un chat) et, d’autre part, ceux qui comprennent que toutes les tentatives de ce genre sont seulement des gesticulations et de la pure comédie. Ces derniers réalisent aussi qu’il n’y a qu’une seule chose qui puisse être faite, elle consiste à se désidentifier de l’ego en prenant conscience de sa non réalité et en prenant conscience également de notre identité éternelle avec le pur Etre. Autrement dit, il s’agit juste de sortir du rêve éveillé comme nous sortons tous les matins du rêve endormi.
Dans les années 20, il s’intéresse essentiellement à l’Egyptologie et à l’art, et s’investit activement dans la vie culturelle anglaise : producteur de pièces de théâtre, dramaturge, théoricien, éditeur, il a influencé beaucoup d’artistes de l’époque, en particulier à Cambridge où il vit.
Puis il se tourne vers la philosophie et la métaphysique, et entame une série de voyage à travers l’Asie. Un bouleversement intérieur va alors l’amener à rencontrer de nombreux êtres remarquables du point de vue spirituel, tels que Douglas Harding, Robert Linssen, Hubert Benoit, le maître Chan Xu, Krishnamurti, Swami Siddheswarananda, Jean Klein…
Vers l’âge de 60 ans, il s’installe en France avec sa femme et s’occupe d’un vignoble. En 1958, il publie son premier titre sous le pseudonyme de Wei Wu Wei. Huit autres titres suivront, jusqu’en 1974, abordant le bouddhisme chan et le taoïsme dans un style très personnel qui donne une saveur unique à l’ensemble de son œuvre.
Il meurt à Monaco en 1986.
vendredi 20 novembre 2009
WEI WU WEI
Terence Grey alias Wei Wu Wei avec Douglas Harding et Robert LinssenLa joie de vivre
Le simple fait d’éviter les intentions délibérées peut nous conduire à l’illumination. SHEN HUI
De la part d’une marionnette « vécue », la tentative de diriger sa propre vie est essentiellement identique à celle d’une marionnette « rêvée » essayant de diriger son rêve. Ces sortes de tentatives sont d’ailleurs la seule réalité qui nous soit donnée de connaître.
Mais personne ne peut « vivre » et il n’y a rien non plus qui puisse « être vécu » par une entité d’aucune sorte. Dans les deux cas, il s’agit de marionnettes réagissant à des impulsions engendrées par des conditions psychologiques sur lesquelles elles n’ont pas la moindre prise. Elles ne sont ni objectivement sensibles, ni des entités, puisque l’apparente « sensibilité » des deux n’est pas autre chose qu’un reflet du mental ; et ceci est tout ce qu’elles sont.
La notion d’un moi nourrissant des intentions est, en soi, un simple reflet. Son implication comme origine des prétendus actes de volonté est une fantaisie, fantaisie qui donne lieu à la souffrance. Ainsi, en l’absence de la fantaisie de cette rêverie, nous avons la félicité du sommeil profond, et en l’absence de la fantaisie de vivre, nous avons la béatitude du « nirvana » ou de la vie éveillée.
La volition est la cause temporelle du conflit psychologique, tandis que l’intention délibérée est la cause temporelle du conflit physique. Dans l’intemporalité il n’y a pas d’intention et sans intention, il n’y a pas de contrepartie à la béatitude, un terme qui, soit dit en passant, constitue une indication conventionnelle pour se référer à l’état d’être inconditionné et dépourvu de tout élément objectif.
La volition, par conséquent, est la chaîne psychologique qui confine l’individu phénoménal à son apparent esclavage, puisqu’elle est le pseudo-sujet essayant d’agir indépendamment de la force des circonstances, prétention dont l’absurdité est plus que manifeste.
Les enseignements des maîtres de toutes les écoles de libération – non seulement bouddhistes, mais aussi vedantines, taoïstes et même sémitiques – affirment d’une manière ou d’une autre le « que Ta volonté soit faite », c’est-à-dire la tentative de libérer le pseudo-individu des chaînes de la volition au moyen de la connaissance, de la pratique et de la stratégie, car lorsque l’on abandonne la volition, l’esclavage disparaît.
Les doctrines les plus pures – comme celles de Ramana Maharshi, Padma Sambhava, Huang Po et Shen Hui – nous enseignent qu’il suffit de l’analyse pour comprendre que n’existe aucune entité capable de volition effective et qu’un acte apparent de volition, lorsqu’il est en accord avec l’inévitable, ne peut être qu’un geste vain, et lorsqu’il est en désaccord, ne peut être que la simple révolte d’un oiseau contre les barreaux de sa cage. Cette compréhension nous permet, pour le moins, de demeurer joyeusement en paix.
Lorsque nous étions enfants, nous pouvions aller à la fête foraine et faire semblant de conduire les voitures d’un manège comme si nous participions à une course automobile. La voiture avait un volant semblant réagir à nos mouvements mais en réalité, le véhicule était guidé automatiquement par en dessous. Comme nous tournions instinctivement le volant dans la direction où allait la voiture, il ne nous était pas difficile de croire que nous la contrôlions et il était même encore plus difficile, par crainte d’un désastre, d’arrêter d’essayer de diriger le véhicule pour le laisser se mouvoir de lui-même. Notre façon volitive de vivre est exactement comme cela.
La vie non-volitive est une vie pleine de joie.
Etre « vécu » comme une non-entité constitue une vie subjective où n’entre pas la souffrance, où il n’y a lieu à aucune préoccupation et où tout est ce-qui-est et doit être. Car cette « intention » est responsable de la conception dualiste et de la comparaison qui s’en suit entre les opposés interdépendants, l’un étant « positif » et l’autre « négatif ».
Ceci est, en définitive, la vie nouménale que nous pourrions aussi appeler « réintégration ».
La Doctrine est la doctrine de la non-doctrine, La Pratique est la pratique de la non-pratique, La Méthode est la méditation de la non-méditation Et la Culture est culture de la non-culture.
Tel est l’Esprit du non-esprit, qui est wu shin, La Pensée de la non-pensée, qui est wu nien, L’Action de la non-action, qui est wu wei Et la Présence de l’absence de volition qui est le Tao.
jeudi 18 juin 2009
Wei wu wei

WEI WU WEI
TERENCE GRAY
1895-1986
La fausse route
(Revue Être Libre, Numéro 224, 1965)
N'est-ce pas une grande erreur et même une grande absurdité ? Celui qui pense ainsi n'est lui-même qu'un phénomène dans un rêve. Il n'est qu'un personnage dans une pièce de théâtre ou une manifestation assujettie au conditionnement appelé « le karma ».
Cette manifestation ou ce personnage de rêve seront obligés de vivre leur rêve, de jouer leur rôle dans le drame et de subir leur « karma » jusqu'à la fin. L'ego qu'ils croient vouloir détruire, et qui semble les tourmenter et les maintenir dans une servitude imaginaire est une part inévitable et nécessaire de leur personnalité de rêve, de leur rôle, de leur « karma ». Ils ne pourraient pas « sembler » exister sans cet ego.
Sa disparition serait la dé-phénoménalisation et elle sera le résultat d'un éveil hors du rêve. La disparition de l'ego n'est jamais un moyen pour arriver à l'Eveil. Le moyen « d'éveiller » hors du rêve réside simplement dans la compréhension de ce que nous sommes. Nous ne sommes pas l'apparence, le personnage de rêve, ni son rôle, ni la marionnette assujettie au « karma ».
Jamais nous ne pourrons nous éveiller hors du rêve en perfectionnant notre « moi » supposé. Nous réaliserons l'Eveil par la reconnaissance de notre « identité » véritable comme la source du rêve, du drame, de la manifestation phénoménale.
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NOTE. — Un « Je » n'est qu'un concept qui s'arroge toutes les impulsions qui se présentent comme des « mois ».
Celui qui pense du point de vue de l'entité qu'il se croit être, n'a pas encore commencé à comprendre de quoi il s'agit.
Ceci est d'autant plus évident, si nous essayons de travailler sur nous-même en ayant présente à l'esprit la notion d'entité. Elle n'est qu'un concept du mental et tout ce que nous faisons avec cette notion fausse, par cette notion fausse et pour cette notion fausse est vain.
Wei Wu Wei
Vivre libre
(Revue Être Libre, Numéro 220, Juillet-Septembre1964)
Ce n'est que sous la domination d'un concept d'égocentrisme que la psyché développe la volition, laquelle assume l'indépendance apparente d'action appelée « libre-volonté ». Chaque fois qu'elle diffère de l'action inévitable et correcte qui résulte des causes dans un contexte temporel, « passé » ou « futur », elle se débat désespérément pour réaliser un désir personnel en dépit de la loi de cause et effet. Mais jamais ce geste futile n'apporterait quoique ce soit qui ne fut pas dicté par la force inexorable de circonstances, ni éviterait quoique ce soit qui le fut.
C'est précisément en cela que consiste le conflit et le conflit est la souffrance, tandis que l'absence de cette pseudo-volition est la plénitude sereine de la vie éveillée ou nouménale.
L'illusion de la « libre-volonté » soutient l'illusion d'un « ego » ou d'un « soi », et réciproquement la notion de volition cherchant la réalisation d'un désir, crée la notion d'un « ego » ou d'un « soi », dont la « volonté » doit être exécutée. Par contre on doit conclure que la désagrégation, puis l'anéantissement de la notion de l'efficacité de la volition résultera inévitablement dans la désagrégation et l'anéantissement de la notion du « soi » ou de l' « ego » à laquelle il doit son existence illusoire. La désagrégation de la notion de volition se réalise par la reconnaissance qu'il ne peut être qu'une futile démonstration d'impuissance (sauf quand il coïncide avec l'action qui est en accord avec la force de circonstances).
Il n'y a ni libre-volonté ni prédestination, soit phénoménalement soit nouménalement, car dans aucun des deux aspects-d'être ne se trouve d'entité qui pourrait exercer l'une ou être assujettie à l'autre.




