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mardi 2 janvier 2024

Stephen Jourdain

 



– Que faire pour atteindre "l'éveil" ?
– Je vous suggère d'essayer de souffler dans la trompette de votre question par l'autre bout.
Stephen Jourdain

lundi 30 mars 2020

Stephen Jourdain








« CETTE VIE M’AIME »

De Stephen JOURDAIN


    Ca ne vous est jamais arrivé, de vous promener dans une rue, et puis tout à coup, ce n’est plus dans une rue que vous êtes, c’est dans La Rue, tout vous arrive précédé de l’article défini, et se met comme à briller, et un extraordinaire bonheur fondant et bourdonnant est là, avec l’impression qu’il y a des siècles que vous vivez cette seconde, qui durera toujours ? 

***** 

  Au milieu de la nuit, je me réveille. Le compartiment est plongé dans l’obscurité, et tout le monde dort. Merveilleux déjà, çà, ce retour à soi-même dans les ténèbres pleines de fracas et enluminées de présences endormies, qui vous emmènent… ; comme l’éveil a une flamme profonde et claire, et douce, alors !
…Ma place est à côté de la fenêtre, j’ai ramené mes jambes sur la banquette, et, par le biais de la vitre supérieure, je plonge dans la nuit bleue. Ça ne bouge pas, et çà fourmille d’étoiles ; présence et blancheur diffuse d’un nuage solitaire, qui stagne.
  Il me semble me souvenir que je pense à Mercédes qui va me trouver tellement plus mûr, plus « homme » que l’année dernière.
  Je regarde le nuage…
  Et soudain, il se passe cette chose fantastique, et, pour une seconde ou deux, les portes du Paradis s’ouvrent : 
Soudain, la substance du  nuage change, il se transmue en un pan d’une matière inconnue, angélique, - barbe à papa spirituelle, intériorité faite talc ? …. En même temps, l’intervalle entre lui et moi meurt – le nuage devient vivant, s’anime d’une vie immense. Cette vie m’aime ; cette vie, avec laquelle mon esprit (où Je est étrangement évident) communique directement, m’aime d’un amour infini et me le dit.
 Et dans cette voix, oh, fabuleux bonheur ! Je reconnais la mienne, JE SUIS LE NUAGE.

******

«  Quand j’essaye de m’atteindre, au-dedans de moi-même, j’empoigne une vague sensation derrière mon nez, et je crois que c’est moi. Si les choses se passaient autrement, j’ai idée que le ciel s’écroulerait. »
Eh oui, ami, vous ne vous trompez pas ; mais ce que l’intuition ne peut vous faire présager, c’est qu’aussi il s’ouvrirait.

******


  Pouvez-vous concevoir la moindre différence entre vous-même  vous parlant et vous connaissant dans la fraternelle intimité de votre esprit, et un autre se parlant et se connaissant dans la fraternelle intimité de son esprit ? – et comme de toute évidence, ceci, c’est vous, cela, c’est l’autre, c’est moi, pouvez-vous concevoir la moindre différence entre moi et vous ?


*******

  Çà me turlupinait, pendant ma première, la phrase de Descartes : «  je pense, donc je suis. » Une fois, je me souviens extraordinairement bien, avant de m’endormir, j’avais embranché là-dessus avec une intensité particulière, bien décidé à ce que çà crève ou dise pourquoi ; et certainement à un moment, j’ai dû m’endormir, car tout d’un coup, sans crier gare, je me suis éveillé.

******

  Çà ne vous est jamais arrivé de vous rencontrer, au détour d’une de vos pensées, nez à nez avec Je ? C’est une expérience inoubliable : le Paradis sur un plateau, et tout un état civil à revoir.




extrait du livre "Cette vie m'aime" Stephen Jourdain  (épuisé)



vendredi 15 décembre 2017

Miroir...




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- 1 -   Quand la pensée brûle ses ailes 

Venant juste de réaliser que la pensée n’atteint jamais qu’elle même !


- 2   Quand la pensée brûle ses ailes 

Accueillant avec un sourire opalescent la merveilleuse nouvelle que le « je »

 qui pense est imaginaire

Rien de plus qu’une supposition   faite pour rire !



                                                                             Stephen Jourdain    

 

 

 

 




 

dimanche 27 janvier 2013

Stephen Jourdain






Entretiens réalisés par Charles Antoni.

Lors de nos rencontres, Steve Jourdain répondait à mes questions par de longs monologues, en une langue ciselée, précise, quasi poétique. L'écouter était des plus captivant, les phrases semblaient sortir d'elles-mêmes en un flot ininterrompu, sans aucun effort. Peu importait le lieu où il se trouvait, en ville, au bord de la mer, au volant de sa  voiture, il pouvait aborder n'importe quel sujet, cela s'écoulait spontanément en un mouvement naturel.

Les propos de Steve étaient d'une fulgurance à vous couper le souffle. Il avait, au fur et à mesure du temps, élaboré son propre langage, et ce qui était certain c'est qu'il n'avait copié personne. Une grammaire inédite émanait directement, comme il aimait à le souligner lui-même, de cette chose qui lui était tombée sur la tête à l'âge de seize ans. Son intelligence créatrice semblait jouer en maître de ballet avec les concepts les plus affûtés, coupant sans vergogne la tête à toutes nos croyances. Nous étions en pleine verticalité.

Charles Antoni


Stephen Jourdain commence sa production littéraire à partir d'une expérience d'éveil spirituel qu'il dit avoir eue à l'âge de 16 ans. Jean Paulhan lui propose de publier ses textes au début des années 1960 à La Nouvelle Revue française. Bien que son orientation littéraire le classe parmi les auteurs de spiritualité contemporaine (proche de la non-dualité occidentale), il a toujours affiché une distance par rapport à cette catégorie.

Déjà publié à L'Originel :
  • Le Miracle d'être, entretiens avec Charles Antoni - 2012.
  • « Massacre » in  Revue L'Originel N° 1 Corse, Terre de Traditions - 1993
  • « Émerveillé, je fais tourner lentement le prisme du rêve corse » in Revue L’Originel N° 1 - 1993
Site : L'Originel





dimanche 3 avril 2011

Stephen Jourdain en écoutant Anouar Brahem Trio...







« Cette vie m’aime »

De Stephen JOURDAIN


    Ca ne vous est jamais arrivé, de vous promener dans une rue, et puis tout à coup, ce n’est plus dans une rue que vous êtes, c’est dans La Rue, tout vous arrive précédé de l’article défini, et se met comme à briller, et un extraordinaire bonheur fondant et bourdonnant est là, avec l’impression qu’il y a des siècles que vous vivez cette seconde, qui durera toujours ?

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  Au milieu de la nuit, je me réveille. Le compartiment est plongé dans l’obscurité, et tout le monde dort. Merveilleux déjà, çà, ce retour à soi-même dans les ténèbres pleines de fracas et enluminées de présences endormies, qui vous emmènent… ; comme l’éveil a une flamme profonde et claire, et douce, alors !
…Ma place est à côté de la fenêtre, j’ai ramené mes jambes sur la banquette, et, par le biais de la vitre supérieure, je plonge dans la nuit bleue. Ça ne bouge pas, et çà fourmille d’étoiles ; présence et blancheur diffuse d’un nuage solitaire, qui stagne.
  Il me semble me souvenir que je pense à Mercédes qui va me trouver tellement plus mûr, plus « homme » que l’année dernière.
  Je regarde le nuage…
  Et soudain, il se passe cette chose fantastique, et, pour une seconde ou deux, les portes du Paradis s’ouvrent :
Soudain, la substance du  nuage change, il se transmue en un pan d’une matière inconnue, angélique, - barbe à papa spirituelle, intériorité faite talc ? …. En même temps, l’intervalle entre lui et moi meurt – le nuage devient vivant, s’anime d’une vie immense. Cette vie m’aime ; cette vie, avec laquelle mon esprit (où Je est étrangement évident) communique directement, m’aime d’un amour infini et me le dit.
 Et dans cette voix, oh, fabuleux bonheur ! Je reconnais la mienne, JE SUIS LE NUAGE.

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«  Quand j’essaye de m’atteindre, au-dedans de moi-même, j’empoigne une vague sensation derrière mon nez, et je crois que c’est moi. Si les choses se passaient autrement, j’ai idée que le ciel s’écroulerait. »
Eh oui, ami, vous ne vous trompez pas ; mais ce que l’intuition ne peut vous faire présager, c’est qu’aussi il s’ouvrirait.

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  Pouvez-vous concevoir la moindre différence entre vous-même  vous parlant et vous connaissant dans la fraternelle intimité de votre esprit, et un autre se parlant et se connaissant dans la fraternelle intimité de son esprit ? – et comme de toute évidence, ceci, c’est vous, cela, c’est l’autre, c’est moi, pouvez-vous concevoir la moindre différence entre moi et vous ?


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  Çà me turlupinait, pendant ma première, la phrase de Descartes : «  je pense, donc je suis. » Une fois, je me souviens extraordinairement bien, avant de m’endormir, j’avais embranché là-dessus avec une intensité particulière, bien décidé à ce que çà crève ou dise pourquoi ; et certainement à un moment, j’ai dû m’endormir, car tout d’un coup, sans crier gare, je me suis éveillé.

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  Çà ne vous est jamais arrivé de vous rencontrer, au détour d’une de vos pensées, nez à nez avec Je ? C’est une expérience inoubliable : le Paradis sur un plateau, et tout un état civil à revoir.




extrait du livre "Cette vie m'aime" Stephen Jourdain  (épuisé)


dimanche 17 janvier 2010

Stephen Jourdain




Entretiens en plein air avec Stephen Jourdain et Gilles Farcet




PAR ROGER QUESNOY :
(Texte extrait de « Voyage au centre de soi » éditions Accarias, l’Originel)


Stephen Jourdain, qui nous accueille chaleureusement dans sa maison auvergnate, située immédiatement en contrebas du Puy de Dôme, au cœur des volcans, n’a rien d’un ésotériste fumeux (même s’il fume énormément en avalant force tasses de café). Cet ancien agent immobilier de Montparnasse essaie simplement de décrire au plus près ce qu’il vit intimement depuis plus de quarante ans, hors de toute influence religieuse ou philosophique.
Pour ce faire, il emploie un langage à la fois chrétien et païen qu’il incurve et infléchit selon son génie personnel. Ses paradoxes ne sont pas coquetteries d’auteur, ni ses obscurités vanité d’hermétiste.
A ses yeux, le sacré dans toute sa sublimité, se révèle plus « au ras des pâquerettes » que dans les édifices orgueilleux de la dévotion.
La « bonne nouvelle » qu’il délivre exige à la fois un regard d’enfant et une vigilance de tous les instants.
Il est impératif de « veiller », de laisser brûler le « je suis » fondamental sans l’abandonner jamais dans les cendres de ses attributs.
La poésie, nullement confinée dans un bel objet littéraire, sera ainsi vécue dans la rosée adamantine du premier jour de la création. Et des larmes de joie (Deus volens) ruisselleront sur vos joues.
« La poésie, affirme-t-il , est la matrice de la réalité et la réalité est la matrice de la poésie ».
Ajoutons que Stephen Jourdain n’a aucun respect pour les vérités dites « objectives » que l’on range comme des « faits » sur les étagères du savoir. A notre époque consensuelle, mercantile et technique, son cri est libérateur.

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« Indiana Jones de la traque métaphysique », selon l’excellente expression de Raymond Oillet, Stephen Jourdain nous apprend à naître à nous-même, à ne jamais nous perdre dans un pseudo-réel illusoire ou fictif que nous prenons pour la réalité quotidienne. Il nous enseigne surtout la possibilité d’être inaltérablement en recul par rapport à notre identité, sans pour autant récuser les couleurs de la vie. C’est paradoxalement de cette distance à soi que jaillit la personne humaine dans sa plénitude suprême.

Roger Quesnoy

Site steve


lundi 23 février 2009

En hommage à Stephen JOURDAIN

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Stephen Jourdain a tiré sa révérence....

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Merci Steve pour toutes ces rencontres lors d'ateliers ou dans un Quick ! où la vision d'une frite avec un coca devenaient étonnamment merveilleuses... Aujourd'hui, je me sens un peu orphelin. Adieu Steve et merci.


jeudi 9 octobre 2008

Stephen Jourdain



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Cherchez-vous dans votre tête. Demandez-vous : suis-je vers le milieu, à un pouce derrière mon front ? ou plus bas , à gauche, du côté de l’oreille ? ou tout à fait dans le fond ? …Evidemment, vous n’y êtes nulle part. Et très vite, çà devient fort insolite, de n’y être nulle part. Et ce qui vous paraît encore bougrement plus insolite, c’est de ne pas être là, et que ceci ne change rien, c’est que dans cette pénombre déserte de votre crâne des pensées continuent de rouler – les vôtres, une vie, de sourdre, une mystérieuse vision, de voir – les vôtres, comme si le bonhomme absent, pour qui l’on se prenait, n’avait en réalité jamais été dans le coup ! Comme si depuis toujours un vulgaire passager de soi-même usurpait (grâce à sa casquette, sans doute) l’identité du conducteur ! Comme s’il restait à faire la connaissance de ce dernier personnage, du sujet réel de cette pensée, de cette vie, de cette vision !

extrait de "Cette vie m'aime" Stephen Jourdain


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