mardi 9 avril 2013

Le sujet connaissant n'est pas la personne




Le sujet connaissant n'est pas la personne


«Les gens ont l'idée préconçue que pour accéder à la spiritualité, il faut devenir une sorte d'illuminé indifférent au monde. Mais, encore une fois, ce n'est pas ainsi que les choses se passent. Devenir un être pleinement réalisé ne signifie pas que l'on ne ressent plus rien, que l'on n'éprouve plus d'émotions : on conserve son identité et sa personnalité, mais on cesse tout simplement d'y croire. Les grands lamas qu'on rencontre sont les gens les plus vivants du monde. Cela s'explique par le fait que les noeuds que l'on a forgés et qui nous inhibent se sont dénoués et que la nature de l'esprit, authentique et spontanée, resplendit. Cet état de bouddha n'est pas une sorte de néant vide, il est au contraire débordant de compassion, de joie et d'humour. Il est merveilleusement léger. Il est aussi extrêmement sensible et profondément intelligent.

Face à un public possédant une bonne connaissance de base du bouddhisme, des dialogues profonds et animés s'instauraient. « Il y a la pensée et le fait d'être conscient de cette pensée. Et la différence entre les deux est considérable. Énorme... En temps normal, nous nous identifions tellement à nos pensées et à nos émotions que nous nous confondons avec elles. Nous sommes le bonheur, nous sommes la colère, nous sommes la peur. Il faut que nous apprenions à prendre du recul et à reconnaître que nos pensées et nos émotions ne sont que des pensées et des émotions. Elles ne sont que des états mentaux. Elles n'ont pas de solidité, elles sont transparentes. Il faut en être conscient, le savoir véritablement afin de ne pas s'identifier avec le sujet connaissant. Il faut savoir que la conscience connaissante n'est pas une personne au sens d'une entité autonome et permanente.»

Un silence s'installa, pendant lequel cette affirmation essentielle pénétra lentement l'esprit de l'assistance. Puis une voix:

«Le sujet connaissant n'est pas la personne... C'est difficile!

- Oui! C'est la grande vue pénétrante du Bouddha, reprit Téndzin Palmo d'une voix pleine de respect.

- Quand on a reconnu qu'on n'est pas la pensée ni l'émotion, on croit qu'on a tout compris, mais aller plus loin et savoir qu'on n'est pas le sujet connaissant nous amène à poser la question suivante : qui suis-je?

- C'est en effet la grande sagesse du Bouddha: plus on approfondit l'analyse, plus la qualité de notre conscience est l'ouverture et la vacuité. Au lieu de trouver une petite parcelle d'entité éternelle qui serait le "moi", on revient à cet esprit vaste et spacieux qui est en interdépendance avec tous les êtres vivants. Dans l'état où nous sommes, on se demande où est le "moi" et où est l"autre". Tant que l'on reste dans le domaine de la dualité, il y a un "moi" et un "autre". C'est l'erreur fondamentale, la cause de tous nos problèmes. C'est aussi la raison pour laquelle on a l'impression d'être très isolé. Là réside l'ignorance foncière. »

Le ton de Téndzin Palmo n'admettait pas de réplique quand elle exposait la quintessence du bouddhisme : la vacuité, remède à tous les maux de l'humanité.

Le dialogue avec l'auditoire se poursuivit

«Alors, cette dualité, ce sentiment d'être séparé, est la cause de notre souffrance fondamentale, cette profonde solitude que l'être humain éprouve au tréfonds de lui-même?

- Bien sûr. C'est la cause de toutes nos souffrances. L'ignorance selon le bouddhisme ne se situe pas au niveau intellectuel où nous l'entendons, nous, mais c'est l'ignorance dans le sens de la méconnaissance. Nous créons ce sentiment d'un "moi", ainsi que tout le reste qui est le "non-moi". Et de là vient cette attirance pour les "autres" que "je" désire et cette répulsion envers tout ce que "je" ne veux pas. C'est la source de nos désirs, de nos aversions et de tous nos défauts. Tout vient de cette appréhension duelle qui est fondamentalement erronée.

«Une fois qu'on a compris que la nature de notre existence est au-delà des pensées et des émotions, qu'elle est incroyablement vaste et en rapport d'interdépendance avec tous les êtres, ces sentiments d'isolement et de séparation, de peur et d'espoir disparaissent d'eux-mêmes. C'est un immense soulagement! »

Une fois exposée cette vérité mystique qu'ont découverte les saints de toutes les religions, la joie de l'unité qui surgit quand l'ego a disparu, l'auditoire n'avait plus qu'à en faire l'expérience.

«La raison pour laquelle nous ne sommes pas des êtres éveillés est la paresse (Téndzin fit cette découverte dans sa grotte et elle y voit l'un de ses écueils principaux). Il n'y a pas d'autre raison. On ne se donne pas la peine de revenir au présent parce qu'on est trop fascinés par tous les jeux de l'esprit.

Tendzin Palmo

jeudi 4 avril 2013

Krishnamurti







Krishnamurti est un éveilleur de conscience. 
Mais de quelle conscience s’agit-il ?

En apparence, il y avait un orateur et des auditeurs mais s’il est vu que la source de vie est tout ce qui est, cela implique qu’il n’y a ni auditeurs ni orateur mais la conscience une qui joue avec elle-même.

La conscience mémoire va-t-elle vouloir appliquer les puissants concepts de Krishnamurti ou les paroles vont-elles couler en soi-même dans une écoute où il n’ya pas besoin de réfléchir pour comprendre.

Le paradoxe de celui qui cherche l’illumination, c’est d’être confronté à une mission impossible du fait que c’est le chercheur lui-même qui est amené à se dissoudre dans le non savoir de la source silencieuse.

Si cela est vu, ce dernier peut goûter le nectar d’être libéré du connu, la compréhension de surface et l’accumulation de connaissances n’ayant plus aucun intérêt.


Editeur : L'Originel

mercredi 13 mars 2013

Karen Richards







Karen Richards - Témoignage d'Eveil
  
La non-dualité signifie simplement « pas deux », c'est une interprétation du terme Sanskrit « advaita » – ce qui signifie aussi « pas deux ».
 La non-dualité peut être décrite comme une philosophie relative à la nature véritable de l'existence, pointeur agissant comme signe direct pour ce qui est au-delà des mots – la nature unique de la vie elle-même.
Cette méthode de partage à l'aide d'indication claire peut créer une opportunité 
pour la reconnaissance de ce qui Est.

Vendredi 19 avril à 20h
104, rue de Vaugirard – PARIS 6°
M° St Placide ou Montparnasse
Bus 89, 94, 95 arrêt Littré

Participation libre à partir de 8 €
Sans réservation

Sam. 20 et dim. 21/04
de 10h30 à 16h30 (avec pauses)
Lieu : 11 rue René Villermé, M° Père Lachaise

Participation : 120 € les deux jours, si réservation, au lieu de 140€
100€ pour les membres-adhérents,




dimanche 10 mars 2013

3ème Millénaire


Prochain numéro - Printemps 2013  

N°107

La  Révolution intérieure

La Révolution intérieureEn Europe occidentale, il semblerait que la révolution ne soit plus d’actualité… Preuve de sagesse ? D’un certain recul en tout cas. Recul face aux épouvantables drames que les révolutions ont laissés au cours de l’histoire, et aux terribles souffrances que celles du Moyen-Orient continuent d’engendrer. Recul aussi face à l’incompréhension et la misère qu’une révolution jetterait parmi les individus d’une même communauté humaine.

Et pourtant, une vraie révolution, ou un retournement total des pseudos valeurs occidentales, devient et deviendra de plus en plus nécessaire et souhaitable.

La révolution radicale et saine qui est et qui sera indispensable : la révolution intérieure. Cette révolution de l’individu ne soulève pas les hommes les uns contre les autres, mais leur permet de grandir dans la connaissance d’eux-mêmes. Elle demeure la garantie incontournable d’une saine révolution à l’œuvre dans le monde, et prend en compte tous les aspects de la vie des hommes et de leur environnement.
 



vendredi 1 mars 2013

INREES

Soigner son âme grâce au chamanisme

 

Le voyage chamanique nous permettrait-il de soigner nos blessures intérieures ? Dans ce dialogue avec Olivier Chambon, Laurent Huguelit explique comment une thérapie chamanique peut nous aider à reconstruire notre intégrité psychique.
© Magic Grass
Olivier : Alors, explique-moi ce qu’est un "voyage chamanique". Qu’est-ce que tu fais ? Qu’est-ce qui se passe ?

Laurent : La personne se couche et je lui explique que l’écran, le support, c’est le même que celui de l’imagination ; mais ce n’est pas de l’imagination, c’est réel.

Olivier : À ce sujet, des recherches en neurosciences indiquent que notre cerveau fonctionne de la même manière lorsque nous percevons la réalité extérieure et lorsque nous effectuons une action dans notre imagination. L’imagination est donc tout à fait « réelle » et est interprétée comme telle par le cerveau.

Laurent : Néanmoins, il y a pour moi une différence subtile entre l’imagination telle qu’elle se définit dans nos cultures et le voyage chamanique. C’est quelque chose que l’on apprend à reconnaître et à discerner avec le temps, car au début ce n’est pas forcément évident. C’est une question classique qui revient souvent : « Est-ce que je ne suis pas en train d’imaginer ces trucs ? » Non, tu fais un voyage chamanique. Nuance. (...)
Pour faire un voyage chamanique, il faut un point de départ qui peut être un arbre ou un endroit avec un accès vers le bas. Il faut qu’il y ait un trou, par lequel on a accès au Monde d’en bas.

Olivier : C’est un peu comme Alice au pays des merveilles, de Lewis Carroll : tu plonges dans le terrier du lapin.

Laurent : Oui, si tu veux ; ce type de littérature est très chamanique : Alice, Le Magicien d’Oz, etc. La différence, c’est que là, ce n’est pas un livre : c’est réel. Le voyage n’est pas figé par des mots, il se crée en direct, devant tes yeux. Donc, je fais aller la personne dans le Monde d’en bas et je la fais travailler chamaniquement dès la première séance. Je lui fais rencontrer une personne de son entourage familial ou sentimental avec laquelle elle a des choses à régler. Donc la personne a déjà fait une partie du travail elle-même, alors que moi, je n’ai encore rien fait. Le but, c’est : « Vous voyez ? Vous pouvez le faire vous-même ; je suis simplement là pour vous montrer comment faire. Mais ce n’est pas moi le grand manitou qui fait la séance, c’est vous qui faites votre séance. »
La personne revient avec des informations, et ce qui est incroyable, c’est que dans la plupart des cas, sans aucun entraînement, sans forcément avoir quinze ans de pratique, les gens reviennent avec des informations épatantes, éclatantes de transparence de leur voyage chamanique, même si c’est la première fois qu’ils en font un. Ensuite, je fais un point sur la suite de la séance, qui est le soin chamanique proprement dit, où c’est moi qui entre en transe et fait un voyage chamanique. Je vois alors les différentes actions à entreprendre, si je dois faire des extractions, un recouvrement d’âme, etc.
Précisions que les recouvrements d’âmes et les extractions chamaniques sont vraiment les deux principales techniques chamaniques, d’un point de vue thérapeutique. Les chamanes, soit ils (r)amènent des choses – recouvrement – soit ils enlèvent des choses – extraction. C’est très simple : c’est de la plomberie spirituelle.

Olivier : Dans le livre La Chamane blanche, la psychiatre revient à l’hôpital psychiatrique où elle travaille, après avoir été initiée par un chamane. Elle dit qu’il lui a expliqué que les chamanes enlèvent ou retrouvent deux types de choses. Soit c’est quelque chose qui est entré « par effraction », soit c’est quelque chose qui était perdu comme une partie d’âme qui a été prise, volée, ou que la personne a abandonnée ou laissée attachée à autre chose, etc.

Laurent : Oui, c’est très simple : tu as des trucs en trop en toi ? Le chamane les enlève. Des trucs te manquent ? Le chamane les ramène. En gros, c’est ça, la face thérapeutique de la pratique chamanique. Et pour avoir accès aux informations, nous faisons des voyages chamaniques. Tout le reste, c’est de l’emballage culturel.

Olivier : Pour reprendre la métaphore informatique, tu supprimes ou tu amènes des programmes.

Laurent : C’est ça. Ce que tu enlèves est souvent lié à des traumatismes, des intrusions, des peines, des émotions, etc. Ce que tu ramènes, en gros, c’est l’intégrité énergétique de la personne... Extractions et recouvrements sont liés, un peu comme des vases communicants.
Si tu vis un traumatisme, comme par exemple un accident de voiture, un viol ou un deuil, tu peux perdre une partie de ton âme ; elle se réfugie quelque part dans l’autre monde, pour échapper à la douleur, en quelque sorte. Cette partie que tu as perdue va être remplacée par autre chose : une drogue, une dépendance, une dépression, ou que sais-je encore ? Les possibilités sont infinies. Le chamane va enlever cette énergie de remplacement et ramener ce qui est parti, c’est-à-dire toi-même. On rebouche le trou et on referme la bouteille. C’est pour cela que c’est tellement efficace : une fois que l’intégrité énergétique est rétablie, que l’âme est entière de nouveau, les énergies de remplacement n’ont plus de raison d’être.

Olivier : Certains physiciens diraient que les chamanes opèrent sur des champs morphiques. C’est la terminologie du biochimiste anglais Rupert Sheldrake. Ces champs morphiques sont des structures qui organisent la matière, donc quand le chamane vient retirer ce qui sévit au niveau énergétique, il y a un bout d’âme ou un bout de matrice qui revient se positionner au bon endroit, ce qui informe le corps, qui met en place un processus de cicatrisation physique et psychique... C’est dans le même ordre d’idées, non ?

Laurent : Exactement. Et tout cela fonctionne de manière très logique : ce n’est pas un délire irrationnel. Nous travaillons directement sur la structure énergétique des personnes qui viennent nous voir et de ce qui les entoure.
Le Chamane & le Psy, Olivier Chambon, Laurent Huguelit
Mama Editions (2010 ; 224 pages)













source : INRESS

mercredi 13 février 2013

Roger Godel




« En fait, lorsque s'éveille dans sa spontanéité l'expérience réelle, la psyché capitule d'elle-même et se résout en conscience. Aucun effort n'est intervenu. La conscience règne à l'état pur. »
Roger Godel (1898-1961), médecin cardiologue et philosophe, a su réconcilier les philosophies indienne et hellénique, et plus exactement les sagesses de l’advaïta vedanta et de Socrate selon Platon.
C’est en Inde qu’il recueillit l’enseignement non dualiste, principalement auprès de Krishna Menon, guide de nombreux occidentaux en quête de vérité, mais aussi de Ramana Maharshi qu’il rencontra dans le silence. Un hommage collectif lui a été rendu en 1963 par la publication, aux Belles Lettres, de Roger Godel : de l’humanisme à l’humain.
Son ouvrage phare, L’expérience libératrice, réédité par les éditions Almora, témoigne à la fois d’une approche scientifique et spirituelle. En cela, Roger Godel reste un pionnier du troisième millénaire, découvrant l’importance de l’épistémologie – terme qu’il affectionnait particulièrement. Cette dernière conduisant à l’étude directe de la conscience par elle-même – c’est-à-dire à l’Éveil.
Stephen Jourdain (1931-2009), écrivain dont l’œuvre se consacre à l’éveil, trouva en Roger Godel l’ami spirituel avec qui sa découverte de l’Éveil s’orientera vers plus de précision.





dimanche 27 janvier 2013

Stephen Jourdain






Entretiens réalisés par Charles Antoni.

Lors de nos rencontres, Steve Jourdain répondait à mes questions par de longs monologues, en une langue ciselée, précise, quasi poétique. L'écouter était des plus captivant, les phrases semblaient sortir d'elles-mêmes en un flot ininterrompu, sans aucun effort. Peu importait le lieu où il se trouvait, en ville, au bord de la mer, au volant de sa  voiture, il pouvait aborder n'importe quel sujet, cela s'écoulait spontanément en un mouvement naturel.

Les propos de Steve étaient d'une fulgurance à vous couper le souffle. Il avait, au fur et à mesure du temps, élaboré son propre langage, et ce qui était certain c'est qu'il n'avait copié personne. Une grammaire inédite émanait directement, comme il aimait à le souligner lui-même, de cette chose qui lui était tombée sur la tête à l'âge de seize ans. Son intelligence créatrice semblait jouer en maître de ballet avec les concepts les plus affûtés, coupant sans vergogne la tête à toutes nos croyances. Nous étions en pleine verticalité.

Charles Antoni


Stephen Jourdain commence sa production littéraire à partir d'une expérience d'éveil spirituel qu'il dit avoir eue à l'âge de 16 ans. Jean Paulhan lui propose de publier ses textes au début des années 1960 à La Nouvelle Revue française. Bien que son orientation littéraire le classe parmi les auteurs de spiritualité contemporaine (proche de la non-dualité occidentale), il a toujours affiché une distance par rapport à cette catégorie.

Déjà publié à L'Originel :
  • Le Miracle d'être, entretiens avec Charles Antoni - 2012.
  • « Massacre » in  Revue L'Originel N° 1 Corse, Terre de Traditions - 1993
  • « Émerveillé, je fais tourner lentement le prisme du rêve corse » in Revue L’Originel N° 1 - 1993
Site : L'Originel





dimanche 20 janvier 2013

Daniel Morin




Sortie fin janvier 2013
Ed. Accarias l'Originel

Pour Daniel Morin, l'être humain vit en permanence dans l'illusion de pouvoir se projeter dans un futur où il maîtrise l'ensemble de ses décisions, ce qui engendre une dualité de la personnalité (une entité séparée) et une insatisfaction chronique. Il réhabilite ici l'ordinaire et le quotidien en privilégiant une humanité réelle et immédiate et non projetée.


Un petit extrait vidéo d'une conférence en 1997



lundi 14 janvier 2013

Douglas Harding





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