dimanche 27 mai 2012

Pierre Rabhi





Qu'est ce que vivre ?

Il ne faut pas s’accrocher aux alternatives en se disant 
qu’elles vont changer la société.

La société changera quand la morale et l’éthique
 investiront notre réflexion.
Chacun doit travailler en profondeur pour parvenir 
à un certain niveau de responsabilité
et de conscience et surtout à cette dimension sacrée
qui nous fait regarder la vie comme un don magnifique à préserver.

Il s’agit d’un état d’une nature simple :
J’appartiens au mystère de la vie et rien ne me sépare de rien.
Je suis relié, conscient et heureux de l’être.

C’est là que se pose la question fondamentale :
 qu’est-ce que vivre ?
Nous avons choisi la frénésie comme mode d’existence
et nous inventons des machines pour nous la rendre supportable.
Le temps-argent, le temps-production, le temps sportif
où l’on est prêt à faire exploser son cœur et ses poumons
 pour un centième de seconde…
tout cela est bien étrange.
Tandis que nous nous battons avec le temps qui passe,
celui qu’il faut gagner, nos véhicules, nos avions,
 nos ordinateurs nous font oublier
que ce n’est pas le temps qui passe mais nous qui passons.
Nos cadences cardiaques et respiratoires devraient 
nous rappeler à chaque seconde
que nous sommes réglés sur le rythme de l’univers.

L’intelligence collective existe-t-elle vraiment ?
Je l’ignore mais je tiens pour ma part à me relier
sur ce qui me parait moins déterminé par la subjectivité et la peur,
à savoir l’intelligence universelle.
Cette intelligence qui ne semble pas chargée 
des tourments de l’humanité,
cette intelligence qui régit à la fois 
le macrocosme et le microcosme
et que je pressens dans la moindre petite graine de plante,
comme dans les grands processus et manifestations de la vie.
Face à l’immensité de ce mystère, j’ai tendance à croire que notre raison d’être est l’enchantement.
La finalité humaine n’est pas de produire pour consommer,
de consommer pour produire ou de tourner
comme le rouage d’une machine infernale jusqu’à l’usure totale.
C’est pourtant à cela que nous réduit cette stupide civilisation
où l’argent prime sur tout mais ne peut offrir que le plaisir.
Des milliards d’euros sont impuissants à nous donner la joie,
ce bien immatériel que nous recherchons tous, 
consciemment ou non,
car il représente le bien suprême, 
à savoir la pleine satisfaction d’exister.

Si nous arrivions à cet enchantement,
nous créerions une symphonie et une vibration générales.
Croyants ou non, bouddhistes, chrétiens, 
musulmans, juifs et autres,
nous y trouverions tous notre compte
et nous aurions aboli les clivages pour l’unité suprême
à laquelle l’intelligence nous invite.
Prétendre que l’on génère l’enchantement serait vaniteux.
En revanche, il faut se mettre dans une attitude de réceptivité,
recevoir les dons et les beautés de la vie avec humilité, 
gratitude et jubilation.
Ne serait-ce pas là la plénitude de la vie ?

Pierre Rabhi

mercredi 16 mai 2012

3ème Millénaire

 

 Transformation de l'Homme,  transformation de la Terre




N° 103 - Printemps 2012 - Thème : Transformation de l'Homme, transformation de la Terre - Vimala Thakar, David Ciussi, Ligia Dantes, Mario Mercier, Daniel Herbst, Mukunda Rao, Patrick Guerin et Marie Romanens, Steven Harrison, ShantiMayi, Virgil, Patrice Roy, Sri Shyamji Bhatnagar, Martine Batchelor, Henri Damay

 
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Les mutations qui se sont opérées sur les trois derniers siècles nous ont conduit à devenir citoyens d'un monde qui nous dépasse en tant qu'individu.
Économiquement, les frontières ont éclaté et les technologies de l'information se sont envolées. Politiquement, « l'ego planétaire » ne se montre pas à la hauteur des défis qu'il s'est imposés par son inconscience, principalement sur les plans de l'écologie, du travail et de la répartition des richesses.
L'Occident matérialiste s'est opposé, et s'oppose, sans en être clairement conscient à l'Orient qui, au sens large, représente encore des sociétés tournées vers une nostalgie du spirituel.
Quelques hommes, éveillés et souvent éveilleurs, participent à un courant de conscience bien différent, et des mouvements traditionalistes tournés vers des spiritualités anciennes, et de la civilisation matérialiste d'origine occidentale.
Nous comprenons mieux aujourd'hui que la transformation des sociétés ne peut s'effectuer qu'à travers la transformation de la conscience individuelle – et non l'inverse comme l'ont cru les idéologies totalitaires du XXe siècle.
Mais, à un autre niveau, il nous faudra comprendre que la transformation de la terre ne pourra s'opérer sainement qu'à travers une transformation plus profonde de l'individu.

Sommaire

Vimala Thakar : Se relier à la complétude de la vie
David Ciussi : Et si la terre, c'était nous !
Ligia Dantes : Cosmopsychophysique, L'évolution Terre / Êtres humains
Mario Mercier : Résonance
Daniel Herbst : Transformation, rien d'autre
Mukunda Rao : La Biologie de l'Éveil
Patrick Guerin & Marie Romanens : Renouer avec le sauvage
3e millénaire : La Mutation - L'évolution possible de l'homme
Steven Harrison : Crise et changement - Nous sommes ce qui tourbillonne
ShantiMayi : Le changement
Virgil : Il est bizarre l'humain
Documents :
U.G. : La question de l'Éveil
Témoin d'éveil :
Patrice Roy : Une délicieuse ampleur
Connaissance des traditions :
Sri Shyamji Bhatnagar : Le processus de transformation spirituelle selon la tradition tantrique
Approches de la Méditation :
Martine Batchelor : Le pouvoir de la pleine conscience
Littérature et spiritualité :
Henri Damay : La voyageuse de l'espace sans nom





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