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mercredi 4 janvier 2017

2017


"T'as pas besoin de voeux, 
T'as besoin de l'instant présent"

 Edouard. Baer


dimanche 30 janvier 2011

Henri Gougaud




Henri Gougaud


Chez nous


Alice est seule et sans travail. Seule n’est vraiment pas le mot. Elle vit avec sa fille Anna dans une vieille caravane que lui prête, en attendant mieux, le brave gérant du camping.
Anna, cette année, a six ans. Il faut donc l’inscrire à l’école. Et voilà qu’Alice, sa mère, s’angoisse. Que va penser la directrice quand elle lui dira où elle vit ? Le camping. Une caravane. Ce n’est pas ce que l’on appelle un domicile fixe. On va la signaler, peut-être, à l’Assistance.
Un "cas social", Anna ? La honte. Elles ne vivent pas bien, d’accord, mais il y a plus malheureux qu’elles. Au moins elles s’aiment, elles se réchauffent, elles parlent, elles prennent des fous rires. Elles pourraient avoir mieux, mais leur situation, franchement, pourrait être pire. Bref ; vient le jour de l’inscription. Anna tient fort la main d’Alice.
Le bureau de la directrice.
- Asseyez-vous. Nom de l’enfant. Situation de famille. Adresse.
Alice retient un sanglot, prend un grand souille puis, bravement, elle lâche tout, la caravane, le camping, le chômage, la solitude. La directrice écoute, la regarde par-dessus ses lunettes et dit :
- Si je vous comprends bien, madame, vous n’avez pas de vrai chez-vous.
Alice se tait. Anna, sa fille, rit et répond, toute rayonnante :
- Bien sûr qu’on a un vrai chez-nous, mais voilà, c’est pas compliqué. Nous n’avons pas, pour le moment, de vraie maison à mettre autour.

Ceci est une histoire vraie.
© Henri Gougaud

Site : www.henrigougaud.com


dimanche 31 octobre 2010

Question de point de vue.....




Au sommet des Himalayas, là même ou les nuages sont tout en bas, existait un Temple.

Dans ce Temple des Cïmes, deux moines argumentaient :

C'est la Flamme qui bouge vous dis-je,

Non, c'est le Vent dit l'Autre,

Soudain le Maitre fit irruption et s'exclama,

"Vos Esprits s'agitent".



jeudi 3 juin 2010

Un Homme....


Un homme tomba dans un trou et se fit très mal.


- Un cartésien se pencha et lui dit :

« Vous n’êtes pas rationnel, vous auriez dû voir ce trou ».


- Un spiritualiste le vit et dit :

« Vous avez dû commettre quelque péché ».


- Un scientifique calcula la profondeur du trou.


- Un journaliste l’interviewa sur ses douleurs.


- Un yogi lui dit :

« Ce trou est seulement dans ta tête,

comme ta douleur ».


- Un médecin lui lança deux comprimés d’aspirine.


- Une infirmière s’assit sur le bord et pleura avec lui.


- Un thérapeute l’incita à trouver les raisons pour lesquelles

ses parents le préparèrent à tomber dans ce trou.


- Une pratiquante de la pensée positive l’exhorta :

« Quand on veut, on peut ! ».


- Un optimiste lui dit :

« Vous auriez pu vous casser une jambe ».


- Un pessimiste ajouta :

« Et ça risque d’empirer ! ».



Puis un enfant passa et lui tendit la main......



samedi 5 décembre 2009

Petite histoire de Nasrudin...



ENSEIGNER LA RÉALITÉ...

Les élèves interrogent Nasreddin Hodja, leur instituteur :

- Maître, quel homme a plus de valeur : celui qui conquiert un empire par la force, celui qui peut le conquérir, mais qui se l'interdit ou celui qui empêche un autre de s'emparer d'un tel empire ?

Perplexe, Hodja répond :

- Je n'en sais rien. Mais je sais quelle est la tâche la plus difficile au monde.

- Laquelle ? demandent les élèves.

- Vous apprendre à voir les choses comme elles sont réellement...






mardi 1 septembre 2009

Chamanisme et silence intérieur



CHAMANISME ET SILENCE INTERIEUR SE TAIRE POUR COMPRENDRE

Un homme avait remarqué la vivacité et le dynamisme des écureuils. Il décida de mettre cela à profit et en captura un, le mit dans une cage cylindrique avec un axe horizontal auquel il fixa un petit moulin puis attendit. L'écureuil qui voulait sortir de là se mit à marcher dans la cage pour en trouver la sortie. La marche était longue, la sortie devait être loin. Pendant ce temps, la cage se mit à tourner et le moulin fonctionna. L'homme était content, son sel était moulu gratuitement et sans effort de sa part. Cela ne lui coûtait que quelques noisettes par jour.

Pendant ce temps, l'écureuil marchait et marchait, cherchant toujours à sortir. Il allait marcher ainsi toute sa vie, circulairement sans bouger de place. Les êtres humains sont à l'image de cet écureuil, leur corps a besoin d'agir et de travailler car leur cœur est avide de beaucoup de choses, ils cherchent l'argent, le bonheur, l'amour, la réussite, la notoriété et, pour un certain nombre d'entre eux dont l'esprit ressemble encore plus à cet écureuil, ils cherchent à comprendre le monde, ils cherchent Dieu. Ils tournent, tournent, c'est plus fort qu'eux, l'existence est tellement mystérieuse, tellement fascinante, tellement insondable ! Elle doit bien avoir un sens, une sortie, alors ils cherchent et cherchent encore et font seulement tourner la cage. Ils n'ont pas compris la seule chose à comprendre : c'est qu'il n'y a rien à comprendre, à expliquer, le monde est gratuit, il n'a pas d'autre raison d'être que d'être et le désir de comprendre qui meut la conscience sert seulement à le faire tourner sur lui-même.

Toute explication n'est qu'une description locale d'une chaîne circulaire immense et sans fin de causalité qui revient sur elle-même et cependant… !
Et cependant il y a un moyen d'appréhender cet univers dans sa totalité gratuite : en cessant de chercher, en se taisant… La cage cessera de tourner et l'homme, voyant que l'écureuil ne joue plus le jeu et lui devient par conséquent inutile, ouvrira la porte et le petit écureuil pourra sortir. Il verra alors enfin sa prison du dehors, dans sa parfaite circularité et, libre, il s'en ira.

samedi 9 mai 2009

Henri Gougaud


Le pet d’éveil


Abu Bakh (Dieu veille sur lui !) cheminait un matin avec quelques disciples.

Le sage allait devant, assis sur son baudet. Les autres étaient à pied. Comme ils allaient ainsi sous le soleil content, l’âne lâcha un pet. Bouleversement d’Abu Bakh. Il sursauta en gémissant comme un amant soudain éperdu de bonheur, il se déchira la chemise, la face au ciel, riant, pleurant.

- Seigneur, s’exclama-t-il, Seigneur, comme je T’aime ! Comme Tu parles juste et clair dans Ton infinie compassion !

Ses disciples se regardèrent, déconcertés, les sourcils hauts.

L’un d’eux osa lui demander :

- Maître, que vous arrive-t-il ? Un âne pète et Dieu vous vient ?

L’air nous manque, expliquez-nous vite !

Il répondit :

- Mes chers enfants, comme nous allions sous la brise, l’âme en paix et le corps aussi, je pensais : « Je chevauche droit, bien au chaud dans mon grand manteau, mes disciples sont là autour, trottinant au plus près de moi. Ils sont discrets, ils me respectent, ils se disputent le plaisir de tenir la bride de l’âne. Décidément, je suis quelqu’un. Je suis un cheikh considérable. Voilà comment, le jour venu, honoré de la terre au ciel, j’entrerai dans la haute gloire de la résurrection des saints ! » Comme je me disais cela, l’âne péta.

Réponse brève à ma litanie d’âneries, mais d’une justesse si pure que extase m’en est venue.


Henri Gougaud

Site : www.henrigougaud.com

jeudi 6 novembre 2008

Petite histoire de Nasrudine....


LE FILS DE NASREDDINE

Le fils de Nasreddine avait treize ans. Il ne se croyait pas beau. Il était même tellement complexé qu'il refusait de sortir de la maison. « Les gens vont se moquer de moi », disait-il sans arrêt. Son père lui répétait toujours qu'il ne faut pas écouter ce que disent les gens parce qu'ils critiquent souvent à tort et à travers, mais le fils ne voulait rien entendre.

Nasreddine dit alors à son fils :« Demain, tu viendras avec moi au marché. »
Fort tôt le matin, ils quittèrent la maison. Nasreddine Hodja s'installa sur le dos de l'âne et son fils marcha à côté de lui.

A l'entrée de la place du marché, des hommes étaient assis à bavarder. A la vue de Nasreddine et de son fils, ils lâchèrent la bride à leurs langues :« Regardez cet homme, il n'a aucune pitié! Il est bien reposé sur le dos de son âne et il laisse son pauvre fils marcher à pied. Pourtant, il a déjà bien profité de la vie, il pourrait laisser la place aux plus jeunes. » Nasreddine dit à son fils: « As-tu bien entendu ? Demain, tu viendras avec moi au marché! »

Le deuxième jour, Nasreddine et son fils firent le contraire de ce qu’ils avaient fait la veille : le fils monta sur le dos de l’âne et Nasreddine marcha à côté de lui. A l’entrée de la place, les mêmes hommes étaient là. Ils s’écrièrent à la vue de Nasreddine et de son fils : « Regardez cet enfant, il n’a aucune politesse. Il est tranquille sur le dos de l'âne, alors que son père, le pauvre vieux , est obligé de marcher à pied ! Nasreddine dit à son fils : « As-tu bien entendu ?
Demain, tu viendras avec moi au marché ! ».

Le troisième jour, Nasreddine Hodja et son fils sortirent de la maison à pied en tirant l’âne derrière eux, et c'est ainsi qu’ils arrivèrent sur la place. Les hommes se moquèrent d’eux : « Regardez ces deux imbéciles, ils ont un âne et ils n'en profitent même pas. Ils marchent à pied sans savoir que l'âne est fait pour porter les hommes. » Nasreddine dit à son fils : « As--tu bien entendu ? Demain, tu viendras avec moi au marché ! »

Le quatrième jour, lorsque Nasreddine et son fils quittèrent la maison, ils étaient tous les deux juchés sur le dos de l'âne. A l'entrée de la place, les hommes laissèrent éclater leur indignation : « Regardez ces deux-là, ils n'ont aucune pitié pour cette pauvre bête! » Nasreddine dit à son fils: « As-tu bien entendu? Demain, tu viendras avec moi au marché ! »

Le cinquième jour, Nasreddine et son fils arri-vèrent au marché portant l'âne sur leurs épaules. Les hommes éclatèrent de rire :« Regardez ces deux fous ; il faut les enfermer. Ce sont eux qui portent l'âne au lieu de monter sur son dos.»

Et Nasreddine Hodja dit à son fils :« As-tu bien entendu? Quoi que tu fasses dans ta vie, les gens trouveront toujours à redire et à critiquer. Il ne faut pas écouter ce que disent les gens. »