jeudi 30 juin 2011

Darpan



Se libérer de la souffrance et réaliser sa vraie nature

Une approche résolument pratique


À travers les âges, les maîtres spirituels ont sans relâche tenté de dissiper notre ignorance, de transmettre l’inexprimable et d’attiser notre soif de Vérité. Leurs enseignements constituent aujourd’hui un héritage inestimable pour toute personne désirant se libérer de la souffrance, aller au-delà de l’ego et percer l’illusion du « moi ».
Toutefois, si ces êtres remarquables ont témoigné de cette possibilité, ils n’ont que trop rarement précisé les difficultés rencontrées au quotidien au cours de ce qui se révèle être un formidable processus de transformation intérieure.
L’ouvrage proposé ici rend compte de ce processus méconnu et en éclaire les ressorts intimes. Il décrit cette incroyable métamorphose aussi clairement et aussi pratiquement que possible, sous ses aspects les plus ardus et les plus austères, sans pour autant vouloir l’imposer en modèle à suivre.
La contribution originale de ce livre réside dans le fait que les personnes engagées dans cette transformation, ou sur le point d’y entrer, y trouveront les éléments d’une compréhension utile à soutenir leur démarche ainsi que les reflets éclairants de leur expérience vécue.

Darpan




Darpan (prononcer Darpane) est né en 1959. Il a grandi à Bevaix, dans le canton de Neuchâtel, en Suisse. Très tôt, il perçoit en lui un « potentiel » qu’il interprète comme un besoin d’élévation; une soif qu’il tentera d’étancher de mille façons, en cherchant notamment des réponses à travers plusieurs voyages autour du monde, en pilotant des avions et en se tournant vers le champ naissant des thérapies alternatives. Il s’engage alors dans une quête, toute aussi passionnante qu’épuisante, sans parvenir à comprendre et à réaliser la nature de ce qui vit en lui. Durant ses études universitaires, il fait la rencontre d’Henri Czechorowski, auteur des Thérapies initiatiques, et à son contact, découvre l’univers d’Osho, dont il deviendra l’élève. Dans le but de rompre avec sa vieille identité, Osho lui donne le nom de Darpan qui signifie « miroir de la conscience ».
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Curieux du rapport entre le corps et l’esprit, il part aux USA étudier l’intégration posturale aux côtés de Jack Painter, puis la bioénergie avec Jérôme Lyss, le Reiki, le rebalancing, La thérapie cranio-sacrale et bien d’autres techniques pour se spécialiser dans le traitement des troubles psychosomatiques. Fort de ce bagage, il ouvre en Suisse, un cabinet de travail psychocorporel et anime des conférences sur les mécanismes de la souffrance et sur la « mémoire du corps ».

À 29 ans, au cours d’un voyage en Inde, il est frappé de plein fouet par une expérience mystique qu’il nomme « l’expérience zéro » ; une rencontre brutale avec la mort et l’infini qui provoquera en lui une brèche inexplicable, anéantissant la base psychologique qu’il tenait alors pour le fondement de son être. Fatigué de sa quête, désespéré et désillusionné, il trouvera le début d’une réponse vivante avec Kiranji, en Inde, et une aide pratique auprès de Jean Ambrosi, créateur de la médiation thérapeutique et auteur de nombreux ouvrages de psychologie. Avec ce dernier, il apprend à distinguer l’aspiration spirituelle du commerce de besoins liés à nos manques fondamentaux.
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Toujours dans le souci de remonter à la cause première des difficultés, il se forme ensuite à la médiation thérapeutique et à la Gestalt, mais comprend progressivement qu’aucune thérapie ou technique ne parviendra à le mener à la réalité qu’il pressent en lui. Menant de front ses recherches dans la dimension intérieure et son travail dans le domaine thérapeutique, il est également amené à exercer de nombreux métiers dont notamment celui de responsable de la santé au travail, consultant en ressources humaines, formateur d’adultes, conseiller auprès des demandeurs d’emplois ainsi que spécialiste en réinsertion professionnelle pour les personnes atteintes dans leur santé.
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En 1994, il rencontre sa femme, Aline, et tous deux deviennent les élèves de Barry Long, un maître original, extérieur aux traditions spirituelles existantes. C’est le début d’un processus de transformation intérieur d’envergure qu’ils vivront et traverseront ensemble durant plus de quinze ans et qui les conduira, main dans la main, à grandir en amour, à se défaire de leurs accumulations douloureuses et à réaliser leur vraie nature.

Sur la base d’un journal tenu durant toutes ces années, Darpan écrit le livre L’Aventure intérieure, dans lequel il témoigne en détail du processus de dissolution de la personne, avec ses embûches et ses révélations, ainsi que de l’éveil à sa vraie nature. « J’ai écrit cet ouvrage comme le livre de chevet que j’aurais souhaité avoir lorsque je me trouvais en proie aux difficultés d’une alchimie intérieure intense et exigeante » dit-il. « Je le dédie à toutes celles et tous ceux qui sont prêts à affronter et à dissoudre la  souffrance qui vit en eux et à accueillir  la puissante énergie de leur vraie nature. Ils trouveront dans cet ouvrage les secrets d’attitude et la compréhension dont nous avons tous besoin pour nous extraire de nos complications et voler dans le ciel de l’Être. »
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Darpan est un guide spirituel et un enseignant vivant en Suisse romande. Beaucoup aiment le voir comme un ami ou un grand frère, ayant parcouru le chemin en pionnier et en éclaireur. Durant des années, il a travaillé en tant que thérapeute, spécialisé dans les approches corporelles et dans le traitement des problèmes psychosomatiques. Résolument pratique dans son approche de la vie spirituelle, il accompagne aujourd’hui, dans le cadre d’entretiens individuels, tout aspirant sérieux dans l’exploration de son potentiel d’éveil. Darpan est l’auteur de l’ouvrage intitulé L’Aventure intérieure, un témoignage poignant et pédagogique sur l’art et la manière de nous libérer de nos souffrances et de réaliser sa vraie nature. Un livre incontournable pour tout chercheur de vérité.

Site DARPAN : ClicClic
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dimanche 26 juin 2011

Comprendre "CE QUI EST"




L'illumination est une chose incroyablement simple.
Même si souvent les questions qui s'y rapportent
 peuvent être complexes, 
la réponse demeure toujours simple :
s'éveiller à l'illumination est la conséquence directe de la disparition de l'illusion d'un moi séparé.
Une profonde compréhension de cette simplicité fondamentale 
est tout ce qui est nécessaire pour un éveil à l'illumination.

L'illumination est ce que nous sommes.
Il n'y a rien à obtenir, il faut seulement la "reconnaître".
La simplicité de l'illumination a été exprimée ainsi :

"Je suis, mais il n'y a pas de "moi"  (Wei Wu Wei)

Vous êtes le percevoir et non le percipient  (Ch'an)

Vous cherchez cela qui cherche  (Saint François d'Assise)

Cela qui cherche est ce qui est cherché  (Texte boudhique)

Libres, nous ne sommes pas le numéro un,
le premier de tous nos objets, mais Zéro :
leur Sujet universel et absolu.  (Wei Wu Wei)

Je vivais au bord de la folie,
Voulant connaître des raisons,
Frappant à une porte. Elle s'est ouverte.
J'avais frappé de l'intérieur !   (Rumi)


Extrait de "D'ICI à ICI" se tourner vers l'illumination
de Gary CROWLEY





vendredi 24 juin 2011

Jean Bouchard d'Orval



 








On parle beaucoup de notre époque comme d'un âge des ténèbres et ça m'agace un peu, parce que l'homme ne s'est jamais si bien porté et que sur un plan planétaire la démocratie a gagné beaucoup de terrain au XXe siècle.


L'idée de démocratie a peut-être progressé au XXe siècle, mais qu'en est-il de nous? Sommes-nous vraiment plus en paix qu'il y a un siècle ou un millénaire? Le fait de «bien se porter» a-t-il amené un questionnement plus profond? La sagesse et la liberté n'ont rien à voir avec la démocratie ou quelque régime que ce soit. L'immense majorité des sages de l'humanité — ces êtres vraiment libres — ont historiquement vécu sous des régimes non démocratiques. Ce que nous sommes, personne ne peut l'interdire, personne ne peut l'améliorer.


Les chefs des grands pays occidentaux, le président américain en tête, se réfèrent à l'effort pour établir la démocratie comme système de gouvernement partout sur terre. On croirait presque que la démocratie est devenue le but de la vie sur terre. Il ne vient à l'idée de personne d'examiner, ne serait-ce qu'une fois dans sa vie, ce concept universellement martelé dans les cerveaux et qu'on ne voit même plus, un peu comme le mobilier de sa chambre devenu trop familier. Le mode démocratique de gouvernement est-il un bien absolu? Que cherche l'homme au juste? N'est-ce pas bien plus la liberté que la démocratie? Au point où nous en sommes, la plupart des gens croient que les deux sont la même chose. Or, c'est cela qu'il convient de contester, cette identité établie entre démocratie et liberté. La démocratie signifie-t-elle la liberté, la paix, le bonheur? Un régime non démocratique signifie-t-il nécessairement l'asservissement, la violence et le malheur?


Vous n'allez pas nous dire que la dictature a fait le bonheur des êtres humains au XXe siècle…


Les voyous auxquels vous faites référence n'ont fait qu'incarner la violence de leurs concitoyens. Hitler est arrivé au pouvoir en respectant les règles du jeu d'une démocratie constituée. C'est simplement qu'il n'appréciait pas beaucoup l'incertitude en temps d'élection et il a donc mis au point un système électoral impeccable, à l'abri de toute surprise… Il a continué sur la voie que nous connaissons parce que ses concitoyens ne s'y sont pas opposés sérieusement. Mais c'était voulu par les dieux. C'est pour cela aussi que les pays européens lui ont laissé le champ libre pendant si longtemps et que Churchill prêchait dans le désert durant les années trente. Dans leur mollesse et leur naïveté, les démocraties occidentales incarnaient la volonté des dieux!


Démocratie et pouvoir personnel sont des notions bien relatives et fragiles. On pourrait dire, jusqu'à un certain point, qu'une royauté ou une dictature ne peut se maintenir que grâce au bon vouloir de la population. On a vu cela lors de la révolution française. D'autre part, la démocratie n'est qu'une forme faible et inefficace de dictature, périodiquement sanctionnée par des masses inertes et abruties par le matraquage de discours et de slogans conçus pour des êtres humains d'âge mental ne dépassant pas dix ans. Une fois élu, chaque chef de démocratie tente par tous les moyens légaux — parfois illégaux — de déjouer le système afin de pouvoir mieux gouverner. C'est évident. Ce système est perçu comme un obstacle pour ceux qui exercent le pouvoir. Voyez-le. Tout en prêtant serment de servir et protéger la constitution américaine, le Président rêve silencieusement de l'abroger afin d'avoir les mains libres. Car le Président a des chaînes plein les mains. La démocratie c'est un peu théorique et ça peut mener à des excès.


Que voulez-vous dire?


Il s'avère qu'à l'usage les régimes démocratiques sont en train de devenir de véritables caricatures. Il n'y a plus de véritables chefs. On ne gouverne plus; on navigue à qui mieux mieux, au gré des sondages d'opinions, afin de remporter les prochaines élections, qui sont toujours dans l'air et donnent le ton sans arrêt. Comme d'habitude, c'est aux États-Unis que le phénomène est extrême. On voudrait faire la guerre, mais on n'est pas prêt à accepter de perdre plus de deux ou trois soldats, préférablement lors d'un accident de la route ou à l'entraînement. On voudrait dépolluer l'Amérique, mais il faut à tout prix s'assurer tel ou tel gros état industriel aux prochaines élections et on ne doit donc pas se mettre à dos le sénateur, lui-même pris en otage par les gros pollueurs. C'est ainsi que les pluies acides continuent de tomber sur nos beaux érables canadiens… Pris en étau entre les sondages d'opinions, les puissants bailleurs de fonds des campagnes électorales et les lobbies (et c'est tout cela qui se reflète dans les luttes interminables entre la Maison Blanche et le Congrès) le Président est devenu une figure pathétique, une véritable icône de l'impuissance démocratique moderne.


Oui, peut-être. Mais ici?


Au Canada, on a beau se plaindre que le Premier Ministre gouverne sans consulter par les temps qui courent, mais c'est à la surface. Le Premier Ministre canadien, comme tous ses collègues des démocraties occidentales, consulte sans arrêt: il ne fait rien sans connaître les sondages d'opinions. D'ailleurs, il ne fait rien. Il suit. La population, elle, suit ce qu'elle entend répéter et qu'elle finit par accepter et trouver naturel. Le monde de l'information et de l'opinion se gargarise de mots, mais en s'assurant bien de toujours demeurer le cadre de la décence officielle et de l'insignifiance générale. Voyez que ce ne sont pas tant les personnages en place actuellement qui sont en cause, ni ceux avant, ni ceux après. Ce n'est pas le Canada non plus, ni la France, ni la Grande-Bretagne.


Tout le monde suit. Tout le monde veut être certain de penser comme tout le monde mais, si possible, d'être le premier à le dire. La pensée n'est plus que citation et l'action fuite en avant. Courage, fuyons! Le système tourne à vide. C'est cela la démocratie: un monumental gaspillage de temps, de ressources et d'énergie. Mais on n'a pas à tenter de changer cela. Il n'y a actuellement pas mieux que la démocratie: c'est exactement ce qui convient à notre époque dégénérée. Il faut laisser la vague venir s'échouer sur le rivage, ce qui ne devrait tarder désormais. Je ne dis pas que nous ne devrions pas vivre en démocratie ou que les régimes démocratiques vont nécessairement s'effondrer, comprenez-moi bien. Je dis que nous sommes obnubilés par ce concept de démocratie, au point de nous faire oublier que la vie n'est pas démocratique. La crise qui s'en vient va remettre peut-être en question notre confusion.


Que voulez-vous dire par «la vie n'est pas démocratique»?


Quand l'être humain veut vraiment accomplir quelque chose qui lui tient à cœur, il ne propose pas un référendum ni un vote à main levé; il le fait. C'est pour cela que les démocraties se donnent des pouvoirs plus ou moins dictatoriaux en temps de guerre sérieuse; ce n'est pas nouveau, les Grecs et les Romains le faisaient déjà il y a 2500 ans. C'est pour cela que les entreprises privées, du moins celles qui survivent et qui prospèrent, sont menées de main de fer par l'autorité d'un seul. C'est pour cela qu'un général ne tient pas d'élection et ne regarde pas les sondages d'opinions quand il établit son plan de bataille. Quand on estime que les enjeux comptent vraiment et qu'il n'y a pas de temps à perdre, la démocratie est joyeusement jetée aux orties! Pourquoi cela? Parce qu'en soi la démocratie n'est pas naturelle et qu'elle ne reflète pas la vie; elle reflète la torpeur du mental humain.


La vérité n'est pas démocratique et le dynamisme de la vie n'a pas sa source dans le multiple. Peut-on imaginer Jésus, Moïse ou Bouddha tenant un référendum sur la vérité? Même les vérités relatives ne sont pas démocratiques: Newton, Einstein, Bach, Mozart et Cie n'ont pas pris de votes à main levée pour trouver ce qu'ils ont trouvé…


«Un seul en vaut dix mille pour moi, s'il est le meilleur.
Il faudrait vraiment que les hommes épris de sagesse soient les juges de la multitude.»
Héraclite


La lumière ne vient pas du nombre, mais de la lumière. Une multitude d'ignorants ne remplacent pas un seul qui a cessé de dormir. Dans toutes les sphères de l'activité humaine, ce sont les «meilleurs» qui sont tout. L'historien romain Salluste nous dit, au début de son œuvre: «En lisant les récits des grandes actions que le peuple romain accomplit dans la paix comme dans la guerre, j'eus envie de rechercher quel ferment avait pu donner naissance à de pareils miracles (…) Et il m'apparut nettement que seule la valeur hors pair d'une poignée de citoyens était à l'origine de tout.»


En soi, la démocratie ne constitue absolument pas une amélioration sur la royauté ou autre forme de gouvernement autocratique. Dans les temps modernes, nous en sommes simplement réduits à la démocratie.


Nous avons une idée très naïve et simpliste de l'évolution des sociétés sur terre. L'idée moderne, en ce domaine, est que l'humanité a évolué de façon ininterrompue à partir d'une époque barbare vers les temps modernes civilisés, que nos sociétés démocratiques modernes constituent un grand pas en avant pour l'humanité et que l'évolution est à la veille de culminer, lorsque toutes les nations auront des gouvernements démocratiques. Je n'ai rencontré que très peu de gens capables de questionner ces idées reçues. Pourtant, les indices ne manquent pas pour indiquer que l'humanité a pu connaître autre chose que la barbarie dans le passé. Il conviendrait que l'homme moderne s'intéresse davantage aux sociétés traditionnelles.


Ce qui caractérise le mieux une société dite traditionnelle, c'est que «ce qui se trouve au-delà de la vie aussi bien que de la mort 1» donne le ton. L'autorité, les lois, les institutions, tout est inspiré de la vision de l'Unique. Cela n'a bien sûr rien à voir avec certains états modernes qui imposent une religion comme loi. Une société traditionnelle est fondée sur l'Être et non sur le devenir. Il n'existe pas de hasard pour l'homme de la Tradition. Chacun accomplit sa tâche dans le cadre d'un espace social bien défini, qui est fondé non sur l'injustice et la violence, mais sur la connaissance de l'Unique dans sa diversité. L'homme moderne regarde de très haut le système des castes de l'Inde traditionnelle. Celui-ci ne veut certes plus dire grand-chose dans l'Inde d'aujourd'hui, mais autrefois il fonctionnait bien car il reflétait une réalité profonde. Nos sociétés démocratiques et égalitaires sont pourtant loin d'être exemptes de castes qui, elles, sont fondées sur la violence, car depuis longtemps l'Unique y a été perdu de vue.


Dans la société traditionnelle, la royauté et l'autorité sont d'inspiration et de droit divins: le roi est un initié, un consacré. Nous avons beaucoup d'indices à ce sujet: les premiers rois d'Israël, les pharaons d'Égypte, les premiers rois de la Grèce, les rois de l'Inde traditionnelle, de la Chine traditionnelle, etc. Ces manifestations de la royauté sont déjà tardives, mais il reste que la royauté divine incarne une présence vivante tout à fait non mondaine. Ceci ne veut pas dire que sur le terrain, dans les affaires courantes ou mondaines, le souverain ne consulte pas. Au contraire, les grands souverains ont toujours su s'entourer de grands conseillers, qui sont à l'origine des grands gouvernements.


«J'ai déclaré ce Yoga impérissable à Vivashvat; Vivashvat l'a enseigné à Manu; Manu l'a passé à Ikshvaku.
C'est ainsi que par succession les roi-sages l'ont obtenu. Mais avec le temps, ce Yoga est tombé dans l'oubli sur terre ô Parantapa!»
Bhagavad Gita IV, 1-2


Mais l'histoire montre que ces sociétés traditionnelles étaient loin d'être des modèles…


Ce que nous appelons la période historique, celle qui commence à être documentée par des textes écrits, marque la dégénérescence des sociétés traditionnelles et ce mouvement descendant tend à toucher le fond du baril dans les temps modernes. Les royautés que nous connaissons de l'histoire ne sont déjà plus que de grossières caricatures de la véritable royauté des sociétés traditionnelles. Les royautés modernes sont fondées sur l'habitude et les dictatures modernes sur le calcul, la ruse politique et la violence. Les deux constituent des usurpations. C'est d'ailleurs parce que l'Unique a été perdu de vue que les familles royales sont devenues vulgaires, dans tous les sens du mot, et que les têtes sont tombées. La chute des Habsbourg en Autriche-Hongrie, la destruction des Romanov en Russie et la chute libre du prestige de la famille Windsor au Royaume-Uni viennent accentuer de façon pathétique le long et inexorable déclin amorcé il y a des milliers d'années. Quand un souverain n'impose pas un respect véritable par sa seule présence, c'est qu'il est indigne de régner.


La royauté véritable et l'autorité naturelle sont fondées sur la virtus, mot que les Romains utilisaient pour désigner quelque chose de beaucoup plus profond que ce que «vertu» signifie aujourd'hui. La virtus pourrait s'apparenter à ce que le mot sanskrit vîrya désigne: l'énergie héroïque éclairée par la lumière de la vérité. Ce que nous nommons vertu de nos jours est une affaire de morale, quand ce n'est pas une simple histoire de paraître. Voyez ce qui se passe en Amérique… Mettre l'accent sur la morale, l'éthique et les codes de comportement tatillons est un aveu de faiblesse, un symptôme d'indigence spirituelle. La bonne conduite, si vous me pardonnez cette horrible expression, est un signe de la virtus, non sa cause. La virtus n'est pas démocratique: c'est le haut qui éclaire le bas et non l'inverse. C'est la grâce qui permet à l'homme d'agir et de faire des efforts, ce ne sont pas les «efforts» qui amènent la grâce. C'est la lumière de la conscience qui éclaire «l'objet» et non l'inverse. Bref, c'est Dieu (la lumière consciente) qui connaît Dieu (l'objet); tant qu'on se perçoit comme un homme, on ne peut connaître Dieu, ni dans ses formes ni dans sa vérité absolue. Car «autre que Lui n'est pas».


«Pour les hommes, c'est impossible [d'être sauvé]. Mais pour Dieu, tout est possible.»
Jésus (Matthieu 19, 26)


Sur le plan religieux, autrefois, le pontifex était celui qui, littéralement, était «le constructeur de ponts», «le faiseur de voies», entre le divin et l'humain. On ne devenait pas pontife suite à une campagne électorale et grâce à des marchandages mondains; on l'était surtout par sa capacité de refléter le Divin. Aujourd'hui «souverain pontife» désigne quelque chose qui s'inscrit dans la caricaturale lignée des sacerdoces artificiels des derniers siècles et millénaires. À plusieurs endroits, dans les Évangiles, on fait remarquer combien les foules étaient frappées par l'enseignement de Jésus et combien celui-ci parlait avec autorité. Les représentants des sacerdoces humains, c'est-à-dire fabriqués par la pensée frileuse de l'homme, ont-ils ce genre d'autorité naturelle?


Pour en revenir à la démocratie, l'idée n'est pas ici de suggérer le retour de structures passées et de combattre les institutions démocratiques actuelles. La démocratie n'est pas une cause de la dégénérescence, elle en est une conséquence. Elle est un aveu de faiblesse de l'homme moderne. Pour qu'une société traditionnelle soit viable, il faut que le souverain dispose de l'autorité naturelle que confère une consécration authentique et qu'une large partie de ses membres sachent la reconnaître et la respecter. En ce sens, la démocratie était inévitable.


Les dirigeants des démocraties ne voient jamais qu'à court terme: l'horizon limité de leur réélection. Dépourvus de toute clairvoyance, de moins en moins capables d'inspirer le peuple, les ternes chefs de cette fin de millénaire sont devenus les esclaves dociles de la volonté de plaire, consacrant et achevant le nivellement par le bas amorcé il y a longtemps. La méfiance et le mépris généralisés dont ils sont l'objet à la fin du XXe siècle est le juste salaire de la vulgarisation de l'autorité. Depuis longtemps en Occident (et toute la terre est occidentale aujourd'hui), il n'y a plus de vrai chef, parce qu'il n'y a plus d'homme véritable et qu'il n'y a plus de femme véritable. L'homme ne se connaît pas en tant qu'Unique, c'est pourquoi n'importe quel système moderne est voué à la misère.


La démocratie moderne est un symptôme que quelque chose de fondamental est à revoir en l'homme et dans ses croyances. C'est cela qui est la bonne nouvelle. Nous n'avons ni à prévenir ni à hâter la perte de ce système fondé sur la prétention et l'inconscience: il court lui-même à sa ruine, ou plutôt à sa transformation. Il ne faudra pas trop larmoyer sur la disparition d'un mode de vie fondé sur l'avoir, le devenir et le paraître. Ce n'est pas vraiment la démocratie elle-même qui est déficiente (car, comme nous le disions, c'est un concept largement théorique), ce sont les dormeurs.


Derrière la farce démocratique se profile une vision déficiente, qui se traduit par un profond et douloureux manque de confiance en la vie et par l'illusion du choix. L'homme ordinaire évolue dans un univers de pensées colorées par de lancinantes alternatives. L'homme humble et lucide n'a pas le choix. D'ailleurs, il n'est pas là: il n'y a que la liberté.


La liberté ne consiste-t-elle pas à pouvoir choisir?


Tant que vous ne voyez pas que toutes vos pensées sont conditionnées, vous dormez. Quand vous avez cessé de dormir, vous n'êtes plus là, ni pour dormir, ni pour vous éveiller et certainement pas pour choisir. Vous êtes la Vie. Les alternatives relèvent de la pensée, mais vous êtes libre de cela. Voyez-le.


Est-ce de cette façon que nous pourrons changer la société afin qu'elle reflète davantage de tolérance?


Nous pourrons changer la société intolérante en tolérant la société telle qu'elle est! Pourquoi voulez-vous changer la société? Pourquoi ce programme?


Mais n'y a-t-il pas encore tellement d'injustices partout, même dans les pays riches?


Mais qu'en savez-vous vraiment? Comment savez-vous que ce qui arrive est injuste? Où avez-vous appris cela? Vous avez entendu ce slogan et vous le répétez; tout le monde le répète. Mais comment pouvez-vous vraiment savoir ce qui est juste et ce qui ne l'est pas? Tant que vous ne vous connaissez pas vous-même, vous ne pouvez savoir ce qui est juste et quand vous vous connaissez, c'est-à-dire quand vous savez vraiment ce qu'est la vie, alors ces idées de justice et d'injustice ne vous viennent plus. Ce qui est juste, c'est ce qui arrive. Ça ne peut être autre chose que cela, il n'y a que cela. Tout le reste vient de la pensée, de la pensée à double pôle: bon ou mauvais, juste ou injuste, vrai ou faux, agréable ou désagréable. Tant que vous vous érigez en juge de ce qui est juste et de ce qui ne l'est pas, vous ne demeurez pas dans l'humilité et vous ne pouvez connaître la vérité. Tant que vous prétendez quoi que ce soit, vous êtes quelque chose par rapport à autre chose et vos notions de justice sont toujours relatives et limitées. Vous avez le concept qu'il ne devrait pas y avoir de maladie, qu'il ne devrait pas y avoir de tricheurs, qu'il ne devrait pas y avoir de guerre. Vous redoutez par dessus tout l'inéluctable injustice suprême, qui est votre mort. Vous n'êtes jamais tranquille et avec votre idée de changer la société, vous voulez partager votre agitation avec les autres! Les guerres ont toutes été menées au nom de la justice par des gens qui n'étaient pas tranquilles. Au lieu de partir en croisade pour changer le monde et corriger les «erreurs» de la vie, pourquoi ne pas commencer là où vous pouvez vraiment faire quelque chose, en vous? Demandez-vous ce qui vous rend mal à l'aise. Ne vous perdez pas dans les événements rapportés aux nouvelles. Voyez que ce qui vous dérange ce n'est jamais ce qui arrive, mais plutôt votre idée que cela ne devrait pas arriver.


J'entends bien tout ce que vous dites, mais alors il ne faudrait jamais rien faire dans la vie?


Je ne dis pas cela. D'ailleurs ça ne va jamais arriver. Essayez de ne rien faire: vous verrez que vous n'y arriverez pas. À tous ses échelons, la vie est un dynamisme et vous ne pouvez pas l'arrêter. Ce que vous êtes, en tant que corps, pensée, émotions, sensations, n'est que mouvement. Ça aussi c'est un concept que de vouloir arrêter, ça vient de votre pensée, c'est un dynamisme. La tranquillité n'est pas là. Le problème n'est pas le changement, c'est ce que nous en pensons. La tranquillité consiste à voir que nous nous prenons sans cesse pour un acteur particulier, alors que nous sommes la vie. La vie ne veut rien, elle n'a aucun but. Dès que vous avez un objectif, vous insultez ce que vous êtes. Vouloir quoi que ce soit est une insulte à Dieu, c'est un manque total d'humilité. Maître Eckhart dit que même celui qui veut accomplir «la volonté de Dieu» n'est pas humble. Qu'est-ce qui se passe quand vous ne voulez plus rien, y compris ne plus vouloir «rien faire»?


Je sens une paix.


Voilà! Vous venez d'assister à la fin de toutes les injustices passées, présentes et futures. Vous n'avez plus aucune plainte à formuler ni envers Dieu, ni envers la vie, ni envers les autres, ni envers la société, ni envers vous-même. Vivez cette paix. Mais attention! Elle est contagieuse.



1 - Révolte contre le monde moderne, Julius Évola, Éditions de l'Homme, Montréal, 1972, page 26.


(Cet entretien a été publié  dans le numéro 51 de la revue Terre du Ciel)

vendredi 17 juin 2011

Chamanisme


Chamanes au fil du temps


Entretien avec Francis Huxley et Jeremy Narby


La façon dont la civilisation occidentale regarde et juge les “sorciers”, les “féticheurs” et autres “hommes-médecine” survivants de la préhistoire a considérablement évolué depuis le début de l’ère moderne. En 1557, le missionnaire français André Thévet, découvrant les “prêtres” de la forêt amazonienne, les décrit comme des “ministres du diable.” Trois siècles et demi plus tard, en 1887, l’anthropologue germano-américain Franz Boas, étudiant les rituels des Inuits du Groenland, et analysant les connaissances psychiques et religieuses qu’ils impliquent, constate que celles-ci sont fondées sur un fonctionnement humain en tous points semblable à celui des Occidentaux.
Il fallait jeter un regard panoramique sur cette évolution : voilà qui est fait. Incarnant deux générations de la “nouvelle anthropologie” - celle qui ose franchir la frontière entre observateur et observé - Francis Huxley et Jeremy Narby ont parcouru le monde entier à la recherche de tous les carnets de note concernant ce que Mircea Eliade appelle l’“âge chamanique”. Rassemblant des dizaines de textes, des premiers rapports de voyage des jésuites aux thèses de Carlos Castaneda en passant par les analyses de Claude Lévi-Strauss, Chamanes au fil du temps (Coll. Clés, éd. Albin Michel) est la première anthologie systématique des commentaires occidentaux sur les pratiques chamaniques qui ont eu cours lors des cinq cents dernières années.

Chamanes au fil du temps - éd. Albin Michel
Nouvelles Clés : Il n’existait donc pas d’anthologie de ce genre ?
Jeremy Narby : En fait, le sujet des chamanes en général n’est pas facile à appréhender et les textes sur eux sont plutôt rares. Il n’y a qu’une ou deux autres anthologies connues dans le monde, et aucune ne tente d’embrasser l’ensemble de la question. Pour moi, me lancer dans une telle opération avec quelqu’un comme Francis revenait à combiner deux énergies : la première riche de plus de cinquante ans d’études, la seconde débordant d’enthousiasme. Cela devait nous permettre d’accomplir un travail inédit et excitant, et de rendre justice à l’immense variété du phénomène.

N. C. : Comment avez-vous réagi ?
Francis Huxley : J’étais ravi. J’y avais bien pensé de temps en temps. Mais l’idée d’avoir à passer des dizaines d’heures dans des bibliothèques remplies de vieux bouquins pleins de poussière, m’en remplir les narines et les yeux, cela ne me disait rien ! Mais si quelqu’un d’autre acceptait de le faire à ma place, l’opération devenait soudain acceptable ! Je n’ai eu qu’à indiquer à Jeremy les endroits où aller fouiner... (rire)
J. N. : Pour moi, c’était une nouvelle sorte de jungle, pas moins dense que l’Amazonie ! Je me suis mis “au piano” : lisant, copiant, résumant, coupant des kilomètres de textes - pendant deux longues années. Heureusement, Francis était derrière, m’indiquant les raccourcis sans lesquels la tâche eût été impossible. Cet homme-là est une bibliothèque vivante, une incroyable source d’érudition. Notre quartier général était la maison de Rupert Sheldrake, à Londres. Pendant des heures, Francis m’y parla des recherches d’hommes tels Mircea Eliade ou Claude Lévi-Strauss, qu’il avait personnellement connus. Ensuite, je rentrais en Suisse et tentais de synthétiser mes notes. Peu à peu, j’ai réalisé combien le regard des observateurs occidentaux avait évolué au fil du temps. Sans remonter aux textes des missionnaires du xvie siècle, qui diabolisaient systématiquement toute spiritualité non-chrétienne, même au sein de l’anthropologie qui existe depuis cent vingt ans, on voit cette évolution se manifester. Du coup, la meilleure façon d’organiser une telle anthologie s’avéra chronologique.

N. C. : Avez-vous eu des surprises ?
F. H. : Jeremy a déniché des perles, notamment sur le “langage double et entrelacé” de certains hommes-médecine, dont parle Harder. Et j’ai également découvert avec plaisir certains textes d’encyclopédistes...

N. C. : Celui de Diderot que vous citez est presque favorable aux chamanes.
J. N. : Vous trouvez !? Peut-être comparé aux anathèmes furieux des missionnaires de la Renaissance. Mais en 1710, un jésuite du nom de Joseph-François Lapiteau, vivant parmi les Iroquois, avait dit d’eux des choses extrêmement ouvertes et sympathiques ; alors que, s’il ne qualifie pas les chamanes de “ministres du démon”, le rationaliste Diderot les décrit, lui, comme des imposteurs mimant la transe pour gruger leurs semblables...
F. H. : Ce qui est parfois le cas ! Vous comprenez, les chamanes n’ont pas d’Académie, ni de charte déontologique, ni de comité éthique ! (rire)
J. N. : Oui mais n’oublions pas que, pendant des siècles, dire du bien d’activités que nous qualifierions aujourd’hui de “chamaniques” vous valait une visite immédiate de la Sainte Inquisition. Quiconque prétendait entrer en contact avec les esprits risquait la torture ou le bûcher.
F. H. : La seule manière de le faire était poétique, comme chez Shakespeare, que je considère comme un génie extrêmement chamanique - par sa manière de ranimer les morts sur scène et par son langage. Ses assonances, ses allitérations participent notamment d’une poésie typiques des chamanes...

N. C. : À partir de quand a-t-on pensé que les chamanes nous révélaient les pratiques religieuses de nos ancêtres préhistoriques ?
F. H. : Mais depuis le début de la science anthropologique ! Observer un chamane, c’était voyager cent mille ans en arrière. Les hommes des cavernes qui ont peint les fresques de Chauvet ou de Lascaux ont généralement été décrits comme participant de l’“âge chamanique”. Vous savez, la question de l’origine de l’homme hante littéralement tout le rêve anthropologique.
J. N. : Les premiers anthropologues s’étaient fixé pour but d’étudier l’“Homo primitivus”. À partir de 1860, ils vont partir par dizaines, pour aller étudier les “hommes des cavernes” qui existent encore sur terre. Cette interrogation est typique d’Européens industrialisés et urbanisés à tout vitesse, ne sachant plus qui ils sont - d’où une fiévreuse quête des origines.

N. C. : Cette quête les amena à observer les pratiques chamaniques du dehors. Vous, vous y participez - découvrant qu’à une certaine profondeur de l’être, chacun vit toujours à cet “âge-là”, même si nous l’avons souvent oublié.
F. H. : Oui, les chamanes nous enseignent ce que l’humain a toujours été, et de quelle façon il peut utiliser son imagination - ou se laisser utiliser par elle - de manière beaucoup plus intense que ce que nous faisons.
J. N. : Au fond, pourquoi les Européens ont-il à un moment cessé d’utiliser leur imagination ?
F. H. : Prenez William Blake, le grand prophète-chamane anglais des années 1800 : ce qu’il a d’exceptionnel, c’est qu’à son époque, les Européens sont déjà spécialisés et qu’un poète n’est pas censé être en même temps un thérapeute, un herboriste, un droguiste, un botaniste, un musicien et un danseur. Ce sont pourtant les disciplines du chamane. Certes, ce dernier peut se spécialiser dans l’art où il est particulièrement doué, mais il les pratique tous. Tous en un. Et pour les apprendre, il ne s’est pas fié à une série de spécialistes universitaires.
J. N. : Donc, ce n’est pas tant notre imagination que nous avons perdue, que la capacité de l’utiliser pleinement.

N. C. : Mais un nouveau cycle commence, non ? Vous, par exemple, vous êtes des anthropologues post-ou trans-modernes, qui refusez le cloisonnement entre observateur et observé...
F. H. : Je ne suis moi-même ni moderne ni post-moderne, mais paléolithique - et je trouve que Jeremy l’est aussi quand il “anthropologise” à sa façon. Seigneur, quelle misérable manque de confiance en soi et en l’humanité que d’utiliser des mots pareils !

N. C. : Message bien reçu ! Je dois dire que je me suis moi-même plusieurs fois senti résonance avec des êtres proches du paléolithique - notamment lors d’expériences psychédéliques. Mais pourriez-vous préciser votre aversion pour l’expression post-moderne ?
F. H. : Voyons, “moderne” veut dire “à la mode”, n’est-ce pas ? (en anglais in the mood.) La post-modernité prétend donc que le mood moderne est passé et qu’il faut le remplacer. Autrement dit, tout le monde attend du “nouveau”, mais personne ne sait ce que ce sera, et la crainte plane que nous soyons parvenus à l’épuisement de nos ressources mentales. Je vois dans tout cela beaucoup de petitesse...



Jérémy Narby 

Docteur en anthropologie - Auteur du "Serpent Cosmique" Georg Editeur


Extraits du film de Jan Kounen : "Other worlds"






mercredi 15 juin 2011

3ème Millénaire

Prochain numéro     Eté 2011                            N°100



L’enseignement spirituel


Libre recherche et transmission



En quelques décennies, un grand nombre d’esprits se sera libéré des religions institutionnelles, malgré le sursaut des intégrismes d’arrière-garde. La rencontre de l’Orient et de l’Occident continue à bouleverser les systèmes routiniers et les consciences, par l’émergence des « approches non-dualistes » : des pratiques méditatives aux thérapies transpersonnelles...
Une nouvelle spiritualité, sortie des voies tracées par les systèmes de pensées et de croyances, est née de l’émerveillement, de l’étonnement et du questionnement, à l’instar de la philosophie des origines. Qu’est-ce alors qu’un enseignement spirituel ? Quels en sont les moyens de transmission ? Quelle relation les enseignements non-dualistes entretiennent-ils avec les sciences ? La « révolution intérieure » qui en découle, peut-elle encore transformer la société des hommes ? L’art, comme enseignement spirituel, a-t-il encore sa place dans une civilisation de plus en plus marquée par le brouhaha et la dispersion des images ?...
   

jeudi 9 juin 2011

L'envol vers la liberté d'être






MICHÈLE COCCHI – JACQUES VIGNE


L’ENVOL VERS
LA LIBERTÉ D’ÊTRE
Thérapies et sagesses universelles



L’être humain a au fond de lui une aspiration fondamentale à sortir de la souffrance, en particulier de ces types de souffrances absurdes qu’il s’inflige à lui-même par manque de connaissance et de maîtrise de son propre mental. Cette constatation est le point de départ de l’enseignement du Bouddha et de multiples philosophies spirituelles et pratiques de l’Inde. C’est aussi le point de départ de la psychologie moderne. C’est ce qu’abordent Michèle Cocchi et Jacques Vignedans cet ouvrage écrit “à quatre mains”.

En arrivant à se libérer des fantômes du passé, alors que nous sommes si souvent téléguidés par notre inconscient. nous pouvons réaliser que toute souffrance est une opportunité d’ouverture. L’énergie suscitée en est la mystérieuse alchimie pour vivre dans la Présence de l’instant.
Une partie de cet ouvrage nous présente des cas cliniques. Le principe général est de considérer tout mal-être comme «germe de vie». De façon percutante, Michèle Cocchi cible dans le négatif, l’ouverture « essentielle » de la nature profonde, suscitant pleinement l’accomplissement de la personne. La réhabilitation de l’image psychologique de cette personne favorisera son intégration dans la vie grâce à la thérapie, mais c’est l’ouverture à la « non-dualité » qui donne accès à «la liberté d’être».
Des références traditionnelles profondes (bouddhisme, vedânta…) ou philosophiques (Socrate, Épicure, Sénèque, Épictète, Spinoza jusqu’à Schopenhauer, Nietzsche…) sont mises en regard avec le travail d’analyste. 
En évoquant la spiritualité implicite ou explicite de Freud et Jung, les auteurs s’intéressent particulièrement aux rapports entre la thérapie analytique et les enseignements non duels. Sont ainsi présentés les enseignements de plusieurs grands maîtres de la non-dualité, de Hakuin ou Nagârjuna jusqu’à des maîtres védantins du XXe siècle en Inde, comme Ramana Maharshi et Nisargadatta Maharaj, ou ce qu’enseignent la vie et l’oeuvre de Krishnamurti.
Le travail de psychothérapie non-duelle présenté ici est une pierre à un nouvel édifice (qui donne lieu actuellement à un foisonnement de recherches) dont la construction est éminemment importante pour assurer à l’humanité des lendemains raisonnablement heureux.
Cet ouvrage, comme l’écrit Michèle Cocchi, « offre un message d’espoir, invitant tout un chacun à la joie d’être ».


Ed. Accarias L'Originel



vendredi 3 juin 2011

Rûmi






                    L'amoureux et la bien-aimée, par Rûmi

Un amoureux récitait des poèmes d'amour à sa bien-aimée. Des poèmes, pleins de lamentations nostalgiques. Sa bien-aimée lui dit:
"Si ces mots me sont destinés, tu perds ton temps puisque nous voilà réunis. Ce n'est guère digne d'un amant que de réciter des poèmes au moment de l'union !"
L'amoureux répondit:
"Sans doute es-tu ici. Mais, quand tu étais absente, j'éprouvais un autre plaisir. Je m'abreuvais au ruisseau de notre amour. Mon cœur et mes yeux se réjouissaient. Maintenant, je suis en face de la fontaine, mais elle est tarie !
— En fait, dit la bien-aimée, ce n'est pas moi qui suis l'objet de ton amour. Tu es amoureux d'autre chose et je ne suis que la demeure de ton bien-aimé. Le véritable bien-aimé est unique et l'on n'espère rien d'autre lorsqu'on est en sa compagnie."



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