dimanche 28 février 2016

Ramana Maharshi


LE SON DU SILENCE est un livre de synthèse dont l’originalité – outre la richesse et la profondeur de son contenu – est qu’elle présente enfin des inédits des premiers écrits et des paroles de Srî Râmana Mahârshi, de ses entretiens, accompagnés de vivantes anecdotes. En voici un extrait : « Connais-toi toi-même » est ce que l’on dit. Même cela est incorrect. Car si nous parlons de « connaître » le Soi, il doit y avoir deux Soi : l’un connaissant, l’autre connu.
L’état appelé réalisation est simplement « être » - ne rien connaître ou ne rien devenir. Pour celui qui l’a réalisé, Cela seul est, et Cela a toujours été.
La vérité des upanishad qui dit « je suis Brahman » signifie seulement que l’Absolu Brahman existe en tant que « Je », et non pas en tant que « je suis Brahman ». On ne vous demande pas de vous complaire dans le « Je suis Brahman, je suis Brahman ».
Un homme pense-t-il sans cesse « Je suis un homme » ? Il l’est. Inutile pour lui de clamer sans cesse, « Je suis un homme ! ». De même le Soi est le Soi. Brahman existe en tant que « je suis » en toutes choses et en tant qu’être.
RÉALISATION
(mukti, adhigama, âtma-sakshâtkâra)
Qu’est-ce que la réalisation du Soi, âtma-sakshâtkâra ? Vous êtes l’âtma, le Soi est aussi sakshât, ici et maintenant. Où y aurait-il place pour son accomplissement (kara) ?
Cette question montre que vous croyez ne pas être le Soi. Ou aussi, vous pensez qu’il y a deux Soi, l’un réalisant l’autre : ce qui est faux.
Il n’y a pas de degrés dans la réalisation de mukti, ni dans la connaissance de jnâna.
Il n’y a pas un état de connaissance avec la conscience du corps et un autre état sans conscience de ce même corps. Le jnânin sait que rien n’existe que le Soi. Pour lui, où serait la différence entre être conscient, ou non, du corps ? La connaissance est.
PAIX (shânti, samatâ)
La paix est le but à réaliser, tant pour l’individu que pour la société. La paix est pour se purifier. L’énergie créatrice est pour le développement de la société.
ÂNANDA
(Joie, béatitude, félicité, sentiment de liberté)
La joie qui est ressentie inconsciemment dans le profond sommeil, l’est consciemment dans turîya (l’état au-delà de la veille, le sommeil, le rêve) ; là est la différence, mais il n’y a qu’ânanda qui englobe les trois états : celui du Soi.
ÎSHSVARA
(Dieu personnel unique, aspect dynamique du Brahman)
Il y a différentes routes pour atteindre Tiruvannâmalaï, mais une fois arrivé, Tiruvannâmalaï demeure la même - quelles que soient les routes choisies. De même, les approches de la réalisation diffèrent selon les aptitudes de chacun. Mais une fois réalisé,
le Soi demeure le même. Aussi, une fois arrivé à destination, il est inutile de demander comment arriver à Tiruvannâmalaï. De même, étant le Soi, il est absurde de demander comment le réaliser. Vous êtes Cela. Demeurez en Lui. C’est tout. »



dimanche 14 février 2016

Nisagardatta Maharaj




 Il ne se passe rien, personne n’est esclave et par conséquent il n’est pas question de libération. C’est seulement parce qu’on se pense en tant qu’individu qu’on conçoit la servitude et la libération. En fait «l’éveil» lui-même n’existe pas, la perception de ce fait est elle-même l’éveil. 
Votre vraie nature est prête, elle est libre, mais vous la cachez, vous imaginez toutes sortes de choses. Ce qui est vraiment nécessaire c’est une compréhension correcte de ma vraie nature, et non toutes ces petites méthodes et techniques. 
Toutes ces disciplines, ces yogas, ces pratiques sont inutiles, à moins de connaître vraiment l’entité qui en bénéficie. Toutes ces pratiques viennent à travers la conscience de «Je suis» qui, elle-même, n’est qu’une illusion. Tout ce qui se produit à travers cette illusion, le yoga, la Kundalini ou tout autre, est relatif et temporel. Aucun effort n’est requis. 
N’essayez pas de supprimer vos désirs, simplement retenez-vous de vous identifier à eux.

Il n’y a pas à rechercher le «maintenant» ou quoi que ce soit, mais à être éveillé, attentif à sa propre conscience, c’est tout. La conscience doit être consciente de sa faculté de prendre conscience. Rien n’est à faire, aucun acte particulier à accomplir. Parler d’abandon est simplement une manière d’exprimer cela. 
Vous êtes pure présence consciente, vous l’êtes et vous n’avez pas à vous le répéter avec des mots.

La spiritualité n’existe pas, il n’y a que la vie dans le monde, le jeu des cinq éléments. Vous n’êtes pas plus que du végétal: l’herbe pousse, les êtres humains poussent aussi. Cette compréhension n’est pas une question de temps. Si vous pressentez la vérité, elle est comprise en un instant. Je vous dis seulement que vous êtes Cela, la Suprême Réalité. Il n’y a rien à accomplir. Vous ne pourrez jamais devenir sage, car vous l’êtes déjà. Que voulez-vous donc atteindre dans ce monde, qui est né de votre conscience? (montrant son briquet)

La flamme continue de brûler tant qu’il y a du gaz. Est-ce qu’on peut parler de libération ou d’éveil pour cette flamme? Ce corps et cette conscience, qui sont dus aux cinq éléments, peut-on parler de leur libération? L’Un, qui précède l’apparition des éléments «est» dans l’éternité.

Ne faites rien, soyez: la méditation n’est rien d’autre. Toute cette spiritualité a pour seul but de vous faire comprendre votre vraie nature. Il n’y a rien à chercher, c’est le chercheur qui doit être perçu. Voyez le tableau tel qu’il est. Le véritable lâcher-prise est la vision qu’il n’y a rien à lâcher, puisque rien n’est à vous.

Nisargadatta Maharaj

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