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samedi 10 août 2019

Pessoa en écoutant Jan Garbarek





Je me sens né à chaque instant
à l'éternelle nouveauté du Monde...
[...]
Le Monde ne s'est pas fait pour que nous pensions à lui
(penser c'est être dérangé des yeux)
mais pour que nous le regardions avec un sentiment d'accord...

……..
Aimer, c'est l'innocence éternelle,
et l'unique innocence est de ne pas penser.
……….
Le seul mystère, c'est qu'il y ait des gens pour penser au mystère.
……….
L'unique signification intime des choses,
c'est le fait qu'elles n'aient aucune intime signification.
……….
les choses n'ont pas de signification : elles ont une existence.
Les choses sont l'unique sens occulte des choses.
……….
Passe, oiseau, passe, et apprends-moi à passer !

Fernando Pessoa
1888-1935

(Le Gardeur de troupeaux et autres poèmes, trad. Armand Guibert, ,nrf Poésie/Gallimard)


lundi 29 septembre 2008

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L'essentiel c'est qu'on sache voir,
qu'on sache voir sans se mettre à penser,
qu'on sache voir lorsque l'on voit,
sans même penser lorsque l'on voit
ni voir lorsque l'on pense.

Mieux vaut voir une chose toujours pour la première fois que la connaître,
Parce que connaître c'est comme n'avoir jamais vu pour la première fois,
Et n'avoir jamais vu pour la première fois c'est ne savoir que par ouï-dire.

Fernando Pessoa
1888 -1935

(Le Gardeur de troupeaux et autres poèmes, trad. Armand Guibert, nrf Poésie/Gallimard)