dimanche 31 octobre 2010

Betty





Betty« L’être ne s’éveille pas : il arrête de rêver qu’il existe en tant que pensée individuelle et se fond complètement dans le tout. » 
À l'automne 2008, en me promenant seule un soir, je me suis arrêtée tout à coup et j’ai fait un foudroyant constat : au plus profond de moi, je voyais que j’étais incapable de trouver la paix, car je n’étais pas équipée pour cela.

Mon cheminement spirituel, mes efforts et ma recherche d’expériences ne m’avaient amenée nulle part. J’étais totalement dégoûtée. Je me suis dit : 
« Je laisse tout tomber, advienne que pourra, je me fiche de n'être rien et seule. »

Je constatais qu’après de grandes souffrances inutiles, je me retrouvais dans un état neutre, comme dans un désert. Je n'étais ni bien ni mal, je refusais de me laisser atteindre par les pensées, mais je n’avais aucune résistance, je n’essayais pas de les repousser : 
« Vous existez les pensées! Parfait, faites votre travail : moi, je ne me sens plus concernée. » Je ne croyais plus en moi, j'étais glacée, prête à mourir.

Est-ce que l'éveil survient quand il y a une insupportable urgence dans l'appel, quand il y a acharnement? Je ne sais pas. L'année qui a précédé ce séisme, j'avais pourtant un franc désir d'absolu, mais je constate maintenant qu'il y avait une peur qui m'habitait : la grande peur de ne pas exister.

L’amour que je pensais à la base de tout, cet amour que je définissais à l’opposé de la haine alimentait cette peur. Elle s’immisçait partout : dans mes relations amoureuses, dans le dialogue avec mes filles, dans ma vie professionnelle.

Je voyais l’absurdité de ces situations au gré de mes expériences : avoir peur de ces choses qui devaient m’apporter le bonheur n’avait pas de sens. J’avais une réelle motivation à me libérer de cette peur qui engendrait de la douleur et de la souffrance, mais je ne voulais pas abandonner qui j'étais, je voulais continuer d’exister en tant que « moi ».

Après cette soirée où j’ai honnêtement lâché prise, je ne marchandais plus, j'accueillais le moment pour ce qu'il était, le laissant glisser sur moi, quelquefois interprété comme douloureux, quelquefois interprété comme joyeux, mais toujours acceptable, car il existait dans ce monde que je projetais moi-même. J’en ai donc pris l’inévitable et entière responsabilité.

Ce faisant, il ne restait qu’une soif d’inconnu, non identifié, intouchable, inqualifiable, qui s'étendait et créait de l’espace. La vie a répondu.

Mon témoignage est simple, accessible et sans but.

Je me suis créé une invitation à abandonner le monde instable de la forme et j’y ai répondu.

Reconnaître que l'on Est l'essence même de la Vie, c’est vivre en permanence la Paix, comme les fleurs, sans rien attendre, sans rien demander.

La Conscience est intemporelle, non individuelle et ne subit pas de processus évolutif : elle EST! C’est ce que nous sommes tous!





« Dans un total abandon,
 comme une fiancée promise 
à un inconnu, j’ai accueilli 
la non-connaissance! 
Ne pas savoir intellectuellement, 
ne pas comprendre le processus,


ne pas marchander le temps 
Plonger dans le vide. 
La Vie a répondu :
 la Paix est ma demeure! » 
Extraits des rencontres avec Betty  



« C’est se faire violence que de vouloir changer son monde. »

« On met le monde devant soi, et, comme on ne se reconnaît pas, on veut le modifier. »

« Laisse la connaissance te pénétrer à son rythme, comme elle le veut. »

« La Vie est comme une source d'eau vive qui jaillit et ne s'attarde pas aux questionnements. La lassitude et l'espoir appartiennent aux rêveurs. »

« Tout ce qu’on voit, c’est soi. »

« La pensée est commune. Le rêveur prend une partie de la pensée et se l’approprie. On individualise la pensée. »

« On veut percevoir la vie par soi-même. La vie n’a pas besoin de toi (de l’individualité) pour se percevoir. »

« La personnalité a un but; la Vie n'en a pas! Dans la perception directe, il n'y a pas la mémoire donc pas le souvenir d'une perception que j'aurais pu amener dans mes bagages pour m'en servir et désirer l'allonger. »

« Accueillir, c’est reconnaître que ce que vous voyez c’est vous. »

« Ce qu’on magasine dans le monde du rêve ce sont des bouts d’ivresse. »

« La Vie s’exprime quand elle veut et comme elle veut. »

« Le rêve n’est pas désagréable, mais reconnaissable qu’il ne sert à rien. »

« C’est toi, ton propre enseignant. »

« Les expériences dans le monde du rêve ont un début et une fin. L'aboutissement à une expérience est toujours cette sensation de vide, malgré l'interprétation que l'on en fait! »

« On peut rêver le rêve autant qu'on veut. »

« Je n’ai pas de mémoire qui s'accumule et qui sert... à rien! »

« C'est instantané, une relation humaine! Ça n'a pas besoin de préliminaires. »

« Le rendez-vous est avec vous-même, pas avec ce que je suis en train de vous dire. Il n'y a pas de modus operandi. »

« Un aveugle qui ouvre ses yeux, et qui voit, ne va pas les refermer et se dire qu'il n'a rien vu. Si tu regardes et vois tes illusions, tu ne peux plus y croire. »

« L'observateur est une partie de toi que tu projettes pour t'observer. »

« Le mental travaille toujours trop. »

« Tous les rêveurs sont condamnés à se réveiller. »

« Quand on prend l'entière responsabilité de ses illusions, ce n’est pas toujours le fun. »

« Q- participant : « Est-ce que la conscience jouit de ce qui est? » 
R- Betty: « Demande-lui! » »

« Au sujet de l’atteinte de l’éveil : On ne peut pas tirer sur une fleur pour qu'elle pousse. (Louise) »

« Lorsque ça devient insupportable, on projette l’émotion à l'extérieur de soi parce que ça devient trop difficile de l'accepter comme faisant partie soi. »

« On ne rêve que de soi. »

« La seule chose que l'on a à faire c'est de regarder notre mécanisme et l'accueillir. »

« Si on cherche à atteindre un état, une position dans la société, un projet, etc., on crée de la distance entre ce que l'on est dans le moment présent et ce que l’on veut être dans le futur : c'est un but à atteindre. On est alors en conflit. On résiste à ce qui EST! La distance entre les deux est le temps pour y arriver! »

« La pensée a créé une dépendance à elle-même! Tu es attaché à ce qu'elle a créé, car tu acceptes que c'est toi! »

« Tant qu’il y a la croyance en la forme et en une possible relation avec elle, la Grande Joie sera absente. Et ce n’est pas l’être humain qui ressentira cette Joie, car la Joie EST bien avant la forme! »

« Ne te réduis pas à une identité, arrête de croire en ce conditionnement millénaire; c’est un piège, l’individualité! »

« Laisse tomber la croyance que tu dois comprendre, protéger ou contrôler cette belle créature : toi! »

« Tu n'es pas équipé pour dynamiter le mental! C'est impossible! Regarde-le! Mais pour vrai! Sans but, juste le grand rendez-vous….sérieusement! Pas avec un regard de côté! »

« Tu es l'esclave du temps car c'est la demeure de la mémoire! »

« L’être ne s’éveille pas : il arrête de rêver qu’il existe en tant que pensée individuelle et se fond complètement dans le tout. »

« La pensée a sa fonction qui est d'errer partout... 
Alors, qu'elle erre!!! »

« L'Amour ne veut rien, ne demande rien et ne donne rien. Il Est. C'est tout. »

« Dieu était pour moi une partie que j'avais projetée en dehors de moi et avec qui je négociais sérieusement. »

« Voir tout le monde comme un nouveau-né, i.e. avec le regard d'un nouveau-né, sans le bagage de jugements, d'histoires, 
etc. »

« Dieu est un concept. C'est plate pour lui! »

« On ne rêve que de soi. 
Il n'y a pas de distance entre ce qu'on voit et soi. »

« Expérimentez-le. C'est personnel. »

« Y’a rien à ajouter, rien à soustraire :
 c'est complet, englobant! »


Site Betty


 Enregistrement audio d'une rencontre : http://www.leveil.org/Betty/

Question de point de vue.....




Au sommet des Himalayas, là même ou les nuages sont tout en bas, existait un Temple.

Dans ce Temple des Cïmes, deux moines argumentaient :

C'est la Flamme qui bouge vous dis-je,

Non, c'est le Vent dit l'Autre,

Soudain le Maitre fit irruption et s'exclama,

"Vos Esprits s'agitent".



Yvan Amar





Du renoncement à « Cela »
Yvan  Amar   

Suite à la radicale mise en question de son cheminement « hors du monde » par la « voie de la transcendance », Yvan Amar se détermina, à une étape de sa quête, à percevoir la réalisation, l’éveil ou l’illumination, au sein du monde, par « une voie de l’immanence où il était possible de vivre le réel ».


A cet instant, j’ai senti que je prenais un risque immense, mais que je ne pouvais plus ni reculer ni faire demi-tour : le risque de quitter le chemin de la transcendance. Soudain, j’abandonnais mon image de grand yogi capable de faire le silence intérieur. Ce jour-là, je dis à Nadège : « je joue un coup de poker : je renonce à tout ce à quoi j’ai cru pendant toutes ces années. Mais je n’abandonne pas, je renonce seulement à une certaine façon de voir. Je vais peut-être redevenir celui dont je me moquais hier, un homme ordinaire qui regarde la télé, qui mange un steak, qui va au cinéma, qui fonctionne comme tout le monde. » J’ai ajouté : « C’est plus fort que moi, je ne peux pas faire autrement. » Et j’ai pris le risque de la vie, le risque de ne plus chercher au-delà. D’un coup je me suis défait de tout ce avec quoi j’avais fonctionné. Totalement, sans rien préserver, sans rien sauvegarder.
Cela s’est passé en trois jours, pendant lesquels j’ai senti progressivement quelque chose que je n’avais jamais senti depuis ma naissance. J’ai senti la vie. Je suis allé vers ce qui était là et j’ai senti que la vie entrait en moi. Ce sont des expressions toutes simples qui viennent à ce moment-là, mais elles sont absolues. J’ai senti que cette vie m’aimait, comme j’étais, tel que j’étais. C’était comme si elle m’attendait. J’ai alors compris pourquoi les grands mystiques parlent de la Mère divine : parce que ce sentiment d’amour de la vie envers nous, on l’éprouve dans l’amour absolue d’une mère ; on est dans les bras de la Mère divine. Aucune vision, aucune hallucination, c’était quelque chose de très simple, de concret et d’immédiat, qui me prenait à l’intérieur et que je reconnaissais. Je sentais que cette vie m’aimait. Au fur et à mesure que c’était ressenti, éprouvé, montait en moi une confiance impérieuse. Autant je me sentais auparavant en conflit, séparé, avec une peur constante, autant j’éprouvais alors une confiance absolue dans ce qui était, dans la vie. Ce qui m’est apparu immédiatement, c’est que cette confiance était ma nature : à la fois cette confiance et son objet. Cela n’a fait que grandir pendant ces trois jours, jusqu’au moment où s’imposa une confiance absolue dans tout ce qui était sans que ce soit un objet. Alors, tout a disparu : la Mère divine, Yvan Amar… Il n’y avait que Cela : une réalité absolue où n’existait plus ni division ni conflits, où seule existait l’évidence de l’être.

Yvan Amar, L’Effort et la Grâce, Albin Michel, 1999.





samedi 30 octobre 2010

Krishnamurti




« La peur existe quand je désire vivre dans un modèle particulier. 
Vivre sans peur signifie vivre sans aucun modèle particulier. 
La peur surgit quand j'exige une façon de vivre particulière »

J. Krishnamurti


mercredi 27 octobre 2010

Jean Klein





"N'accumulez pas davantage de choses,
ne multipliez pas de nouvelles façons de méditer,
de vous détendre ou de vous purifier.
Toute cette expérimentation de sensations,
de techniques, n'est que vanité.
Elle relève de l'égo..."

Jean Klein


samedi 23 octobre 2010

Amma en France




                              AMMA en France 

                       à Paris  les 24 - 25 - 26 octobre 2010
                      à Toulon les 2 - 3 - 4  novembre 2010


                                        Informations

lundi 18 octobre 2010

Alan Watts



TEXTES 
l'action
* Vous ne pouvez pas agir correctement en imitant les actions de quelqu’un d’autre. (Mémoires)

les croyances 
* La vision de Dieu ne s’obtient qu’en abandonnant toute croyance en une quelconque idée de Dieu. (Mémoires)

le combat stérile 
* L’illumination, c’est d’abord la liberté d’être le raté que l’on est… Il nous faut commencer là où l’on est, de façon entière, sans réserve et sans regret… En dehors de cette acceptation, toute tentative de discipline morale ou spirituelle demeure le combat stérile d’un esprit divisé et de mauvaise foi. (Amour et Connaissance) 

l'Occidental et le zen 
* L’Occidental que le zen séduit doit faire preuve d’une qualité indispensable : il lui faut avoir une connaissance exacte de sa propre culture afin de n’être plus inconsciemment soumis à ses postulats. (Beat zen, Square zen et Zen)

le Soi et le détachement
* Le profond détachement du Soi par rapport à l’ego et le monde n’est pas un détachement de rejet mais d’acceptation et d’amour. Le vrai détachement quant aux choses consiste à les laisser libres d’être elles-mêmes, c’est-à-dire, à ne pas les confondre avec le Soi. Et quand sont-elles confondues au Soi? Lorsqu’elles sont identifiées à Lui inconsciemment et séparées de lui comme s’il était un objet tout comme elles-mêmes. Chercher Dieu ou le Soi comme objet de connaissance, c’est nier la Transcendance de l’infini en la plaçant dans la classe des objets. Mais la Transcendance n’est pas la séparation, de même que, du point de vue métaphysique, la sainteté n’est pas " une mise à part " (comme le veut le sens de kodesh, " la sainteté " en hébreux). C’est plutôt la totalité de ce qui est tout-incluant. Ainsi, la réalisation vient-elle par une plongée consciente et délibérée au cœur de la vie et non d’un retrait par rapport à celle-ci. Elle naît d’une généreuse acceptation de l’expérience finie, non de ce que l’on efface celle-ci de l’esprit. Elle vient du consentement entier à être ce que l’on est, et non du fait que l’on tente de se hausser vers le ciel au moyen de ses lacets de chaussures. Le Soi réalise la liberté à l’égard du monde limité en s’abandonnant délibérément aux limites de celui-ci… Consentir à être insécure constitue la sécurité ultime. Consentir à souffrir est l’essence de la joie divine. Consentir à être limité c’est connaître son infinité. Consentir à être un esclave c’est être vraiment libre. Consentir à être un fou et un pécheur, c’est à la fois être un sage et un saint. (La Suprême Identité)

l'essence de la conscience
* L’usage même du terme " inconscient " pour désigner les profondeurs abyssales montre bien combien peu l’Occidental connaît ce qui est en réalité l’essence même de sa conscience. (La Suprême Identité)

l'accord naturel avec le Tao
* Comment se mettre en accord avec le Tao? Un sage a dit que si on essaie de s’y accorder, on va s’en éloigner. Mais il n’a pas tout à fait raison. Car curieusement, on ne pourrait sortir de l’accord avec le Tao même si l’on voulait. Même si les pensées plongent dans le passé ou l’avenir, elles ne peuvent échapper au moment présent, car elles sont dans le moment, tout comme les choses auxquelles elles participent. Vous pouvez vous croire en désaccord par rapport à la vie et son maintenant éternel, mais vous ne pouvez l’être vraiment, car vous êtes la vie et vous existez maintenant – autrement vous ne seriez pas là. Aussi, le Tao infini est-il quelque chose que vous ne pouvez ni fuir ni saisir en le poursuivant. Il n’y a pas de mouvement d’approche ou d’éloignement à son sujet : cela EST et vous êtes cela. 
(Devenez ce que vous êtes)

l'acceptation
* L’acceptation : un art pour lequel il n’est pas de technique.

le renoncement
* Il est facile de " renoncer au monde " quand on ne sait même pas gérer ses affaires.


* Tout effort pour se renoncer soi-même mène à une impasse.


* En traversant le ciel, 
ni l’oiseau ni la flèche ne laissent de trace.

la prétention au contrôle
* Vouloir à tout prix se transformer contient l’obstacle qui empêche la transformation : la prétention au contrôle.

l'obstacle
* La partie de vous-même qui veut changer les choses est celle-là même qui aurait besoin d’être changée.

l'éveil
* On n’atteint pas l’éveil, pas plus qu’une aiguille n’est accessible à sa propre piqûre.


* Tout éveil doit nécessairement se produire spontanément, n’en déplaise à ceux qui obligent des gens à devenir leurs disciples pour y atteindre.


* Chercher l’éveil c’est comme utiliser ses lunettes pour les chercher.

le pouvoir
* Toute question de discipline, de volonté, d’acharnement dans ce domaine cache un pouvoir clérical.

l'abandon 
* C’est en reconnaissant que je ne peux m’abandonner que l’abandon survient.


* Aucune technique, aucune croyance n’est nécessaire pour atteindre ce qui est déjà là. 
(Le Tabou qui défend de se connaître)





samedi 16 octobre 2010

Maître Eckhart en écoutant Tui Amoris Ignem




Si, dans le silence, ta prière se résume au seul mot de MERCI, elle sera amplement suffisante.
" Heureux sont les pauvres en esprit "
* " Heureux sont les pauvres en esprit ". Soyez, je vous prie, de tels pauvres, afin de comprendre ce sermon, car je vous le dis au nom de la Vérité éternelle : si vous ne pouvez atteindre à cette Vérité, vous ne pourrez pas me comprendre. D’aucuns m’on interrogé sur ce qu’est la pauvreté en soi et ce qu’il faut entendre par homme pauvre. Je vais répondre à leur question. L’évêque Albert (le Grand, son maître) dit : " Celui-là est un homme pauvre qui ne trouve aucune satisfaction dans les choses que Dieu a créées ", ce qui est bien dit. Nous allons encore plus loin et situons la pauvreté à un niveau plus élevé. Est un homme pauvre celui qui ne veut rien, ne sait rien et ne possède rien… Je vous prie, par amour de Dieu, d’essayer de comprendre cette Vérité si cela vous est possible. Mais si vous ne la comprenez pas, n’en soyez pas troublés, car je parlerai d’un aspect de la Vérité que très peu de gens, même vertueux, sont en mesure de comprendre. Est pauvre celui qui ne veut rien. Bien des gens ne comprennent pas exactement cette notion. Ce sont ceux qui s’adonnent à des pénitences et à des pratiques extérieures, performances que ces gens tiennent néanmoins pour considérables alors qu’ils ne font que se cramponner à leur propre individualité… Je dis que ce sont des ânes, n’ayant rien saisi de la divine Vérité. Leurs bonnes intentions leur vaudront sans doute le Royaume des Cieux, mais ils ne connaissent rien de la pauvreté dont je vais à présent vous parler…

52e sermon, traduit du vieil allemand par Jean Klein 
* Pour posséder la véritable pauvreté, l’homme doit se dépouiller de sa volonté personnelle, fabriquée, pour devenir tel qu’il était lorsqu’il n’était pas né. Je vous le dis par la Vérité éternelle, aussi longtemps que vous avec encore la volonté d’accomplir celle de Dieu et avez encore soif de l’éternité et de Dieu, tant que subsistent ces choses, vous ne serez pas véritablement pauvres en esprit. Celui-là seul es pauvre qui ne veut rien et ne désire rien… L’homme doit donc être totalement dégagé de toute connaissance propre, comme lorsqu’il n’était pas encore né, laissant Dieu agir selon son Vouloir et demeurant libre… Il y a dans l’âme un tréfonds (grunt) d’ou découlent et la connaissance et l’amour. Ce tréfonds est sans rapport avec la connaissance et l’amour comme le sont les puissances de l’amour. Ce tréfonds n’a ni futur, ni passé et rien ne peut lui être ajouté, car il est inaccessible au gain comme à la perte. Celui qui est pauvre en esprit doit être pauvre dans tout ce qu’il sait, de sorte qu’il ne sache absolument rien, ni de Dieu, ni de la créature, ni de lui-même…
Il n’y a vraiment de pauvreté en esprit que lorsque l’homme est libre de Dieu et de toute son œuvre au point que, voulant agir dans l’âme, Dieu devrait être lui-même le lieu de son activité…Nous disons donc que l’homme doit être pauvre au point qu’il soit, ni ne possède en lui, un lieu où Dieu puisse agir… Pour cette raison, je prie Dieu qu’il me rende quitte de Dieu, car mon être essentiel est au-dessus de Dieu, dans la mesure où nous considérons Dieu comme créateur… C’est pourquoi je suis non-né, et en vertu de ma non-naissance, j’échappe à la mort. Par suite de mon mode de naissance éternelle, j’ai été éternellement, je suis maintenant et subsisterai éternellement. Ce que je suis dans mon état né, mourra et s'anéantira, étant voué à disparaître, à se décomposer avec le temps. Mais dans ma naissance éternelle, toutes choses sont nées, et ainsi je suis cause de moi-même et de toutes choses… Que Dieu soit Dieu, de cela je suis la cause. Si je n’étais pas, Dieu ne serait pas… Je suis ce que j’étais, ce que je demeurerai, maintenant et pour toujours. Dans cette percée m’est donné que Dieu et moi sommes Un. 

l'amour
* Tant que tu veux plus de bien à ta propre personne qu'à un homme que tu n'as jamais vu, tu n'as jamais plongé tes regards dans le fond absolument simple. 

l'indicible
* Il y a quelque chose dans l’âme qui est connu de Dieu seul et cela est sans nom.

la coquille
* L’écale doit être éclatée et alors ce qui est à l’intérieur sortira; car si vous voulez l’amande, il faut briser la noix.

l'amour, c'est dieu 
* L’amour à son niveau le plus pur et le plus désintéressé n’est rien d’autre que Dieu.

vous êtes dieu
* Laissez Dieu être Dieu en vous.
Videz-vous de votre ego et de toutes choses et de tout ce que vous êtes en vous-même et considérez ce que vous êtes en Dieu, c’est cela le vrai vous.

le non-être 
* Vous devez voir Dieu comme il est – un non-Dieu, un non-mental, une non-personne, une non-image – séparé de toute dualité.

l'inutilité de la raison 
* Accomplissez toutes vos actions sans une raison. La vie se vit pour elle-même et pour aucune autre raison… L’amour n’a pas de pourquoi.

les limites de la raison
* Votre raison ne peut croître au point que vous puissiez connaître Dieu. Si vous voulez le connaître de la façon divine, votre connaissance doit devenir pur ignorance et oubli de vous-mêmes et des créatures.

la naissance 
* Quand vous arrivez à un point où vous ne pouvez sentir la douleur ou l’anxiété au sujet de rien, et où la peine n’est plus la peine pour vous, et où toutes choses sont une espèce de pure paix pour vous, alors il y a vraiment naissance.

l'universalité de l'être
* Mes sens existent en commun avec les animaux, et ma vie en commun avec les arbres. Mon être qui est plus intérieur existe en commun avec toutes les créatures. 

se libérer de l'ego
*
Si tu pouvais t'anéantir toi-même, ne fut-ce qu'un instant, alors tout t'appartiendrait en propre qui réside dans ce mystère incréé du dedans de toi-même.


lundi 11 octobre 2010

Pessoa en écoutant Jan Garbarek





Je me sens né à chaque instant
à l'éternelle nouveauté du Monde...
[...]
Le Monde ne s'est pas fait pour que nous pensions à lui
(penser c'est être dérangé des yeux)
mais pour que nous le regardions avec un sentiment d'accord...

……..
Aimer, c'est l'innocence éternelle,
et l'unique innocence est de ne pas penser.
……….
Le seul mystère, c'est qu'il y ait des gens pour penser au mystère.
……….
L'unique signification intime des choses,
c'est le fait qu'elles n'aient aucune intime signification.
……….
les choses n'ont pas de signification : elles ont une existence.
Les choses sont l'unique sens occulte des choses.
……….
Passe, oiseau, passe, et apprends-moi à passer !

Fernando Pessoa
1888-1935

(Le Gardeur de troupeaux et autres poèmes, trad. Armand Guibert, ,nrf Poésie/Gallimard)


Unmani Liza Hyde




Je suis la Vie même



Le paradoxe absolu du Rien en tant que Tout. 
Traduction de Laya Jakubowicz

Unmani Liza Hyde nous parle de « l'Éveil » en des termes neufs, simples et percutants. Elle bouleverse ainsi toutes nos idées préconçues sur la vie, la mort, la « recherche » dite spirituelle, les relations, l'amour... C'est un hymne à la Vie qui ne peut que résonner en nous.

« La Vie est. Il n'y a personne qui la vit. Ce n'est pas "ma vie". Il n'y a pas de "moi" qui vit. Mais je suis la Vie. Ce "je" n'est pas un "moi" personnalisé. Ce n'est pas une prétendue personne séparée. Il n'y a pas de séparation sous-entendue entre l'écrivain et le lecteur. Ce "je" est "vous". Ce "je" est tout ce qui est. Je suis la Vie même. »

« Ces mots ne décrivent rien de nouveau. En fait, ce qui est exprimé ici est intemporel. Cela a toujours été connu et reconnu. C'est la chose la plus familière et la plus ordinaire. C'est ce que je suis. »



"Chercher est le jeu cruel que joue la Vie avec elle-même. Chercher à remplir ce vide sans fond qu'est ma vie, c'est notre douloureuse réalité. Chercher une espèce de satisfaction ou de sécurité permanente. Espérer qu'un jour 'je trouverai enfin ce que je cherche'.
Ce qui est maintenant, quel qu'il soit, n'est jamais assez.
C'est la fin de l'espoir. La fin de la quête. La fin de la croyance qu'il y a 'quelqu'un' qui peut trouver quelque chose. La fin du mensonge qui nous fait chercher ailleurs ce qui a toujours été ici. Plus rien à chercher. Plus rien à trouver. Fini de faire semblant de savoir, ou d'essayer de savoir. C'est l'absolu non-savoir. Basculer définitivement dans l'insécurité absolue. Voilà ce que je suis. Voilà ce que vous êtes. La vie en son essence.
Voici l'expression de la vie, telle qu'elle est réellement."
Un jour , Liza va voir une femme indienne dont on lui a beaucoup parlé.
"Je suis donc alléé la voir. Alors même qu'elle parlait, je luttais contre tout ce qu'elle disait. J'essayais de tout organiser. J'essayais de comprendre et de relier ce qu'elle disait avec ce que je pensais connaître. Les pensées tournoyaient et travaillaient très dur pour trouver la solution. C'est à ce moment-là, qu'il y a eu soudain une reconnaissance de ce que je suis. Maintenant c'est vu comme ce qu'on appelle « l'Éveil ». Je ne peux pas dire que c'était quelque chose de vraiment spécial car il n'y avait rien, ni personne pour le décrire. Après ce non-évènement, les pensées ont essayé de rapporter, d'expliquer que c'était arrivé à cause de ceci ou cela. Mais en fait c'était arrivé, tout simplement ! Ou plus précisément rien n'était arrivé . C'était en fait, la reconnaissance du caractère tout à fait ordinaire du nonsavoir, mais avec elle, il y avait une relaxation et un tel soulagement par opposition au désespoir de la recherche. Il était évident que ce qui était montré, était vraiment ce que je suis. Je l'avais toujours su, mais j'avais toujours prétendu ne pas le savoir. Je m'étais tellement habituée à ne pas le voir, car c'est toujours là, en arrière-plan du jeu de la vie. Je m'étais tellement habituée à ce que les gens fassent semblant et parlent de tout ce qui apparaît dans le jeu, que je n'avais jamais compris que le jeu pouvait être utilisé pour exprimer cela même, qui connaît le jeu. Une fois « vu », ce n'était plus que rires. « Regardez, nous ne faisons que faire semblant. Ha ! Ha ! » C'est ce qu'on appelle « l'Éveil ». En fait on aurait pu presque dire qu'il y avait fusion avec ce qui était déjà connu, mais seulement négligé. Il y eut des larmes de gratitude envers la Vie. Enfin, enfin trouvé. Enfin reflété dans l'apparence. Enfin le voile pouvait tomber, il n'y avait que la détente dans le non-savoir... "

Edition : L'Originel


Site Unmani Liza Hyde

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