jeudi 5 novembre 2015

Betty en Gironde février 2016


RENDEZ-VOUS AU CŒUR DE LA VULNÉRABILITÉ
Au cœur de mon témoignage a jailli, une invitation à la libération du rêve d’individualité par un regard attentif et maintenu dans l’instant des processus mentaux, émotionnels et sensoriels. C’est une invitation à vous engager à pratiquer une attention vigilante, qui requiert simultanément l’implication de la totalité de votre être : intellect, cœur et corps. Cette attention amène une vision globale dans l'instant de ce que vous croyez être votre vie et qui n’est qu’une construction mentale, un rêve.
Ce regard nouveau, faisant fi de votre habitude mentale d’accumuler du savoir, vous éclairera et vous guidera pas à pas dans votre travail d’exploration. Il est si facile d’être récupéré par la compulsion de vouloir modifier ce qui se présente dans l’instant afin de l’adapter et le réinterpréter. S’interroger sur la validité du moi est la seule véritable remise en question. Désirez-vous encore travailler à améliorer ce personnage fictif? À le sauver? À lui donner de la force, du courage? Ou à le rendre intéressant et aimable ?
La remise en question que je vous propose lors de cette semaine de rencontres est fondamentale : c’est le « moi » qui est remis en question : c’est-à-dire l’égo, l’identité personnelle, le rêveur que j’appelle aussi : le personnage que l’on croit être. Cette remise en question peut paraitre choquante! La réalité de ce « personnage » que l’on tente de comprendre et d’améliorer tout au long de notre vie est rarement mise en doute. Avez-vous l’impression de vous chercher et de ne jamais vous trouver? Vous sentez-vous coupé de la vie? Avez-vous l’impression d’avoir des émotions qui stagnent à l’intérieur de vous? L’identification à ce personnage imaginaire, le « moi » vous laisse comme impressions : la souffrance, la frustration, la défaite, sans écarter la joie, le bien- être et l'extase. Ce qui en résulte est confusion et frustration, car on ne peut maintenir ou se délester d'aucun de ces états. En fait, ce personnage n’existe pas, alors comment peut-il avoir du pouvoir sur sa vie?
L'erreur du rêveur est qu’il se croit réel. Il prend le rêve pour la réalité. C’est tout ! La vie ou la conscience s’est individualisée en millions de regards, dont l’expression, est de rêver et d’exister. Nous sommes cet œil vivant indivisible, hors de l’espace et du temps, qui se regarde rêver d’individualité, ce regard qui n’a ni début ni fin, pas d’histoire personnelle, pas d’opinions, pas d’émotions. Ce regard vivant, mouvant, conscient d’être conscient est ce nous sommes fondamentalement.
Sans les émotions fossiles, lucide du fonctionnement du mental réactif, et conscient de l’identification au corps, le personnage ne peut que constater qu’il n’existe pas. Il ne reste personne même pas un personnage qui le constate... Seulement la vie qui inspire et expire dans un parfait équilibre. Cette révélation du caractère illusoire du rêve vous dévoilera aussi la nature illusoire du temps, de l’espace et d’un monde séparé; c’est la fin de l’identification au rêve d’individualité.
page1image25144
THÈMES ABORDÉS DURANT LA RENCONTRE

1) Voir : Voie directe pour constater l’irréalité de qui on croit être.
Nous ne sommes pas conditionnés à « voir », à regarder dans le quotidien notre propre fonctionnement. Nous sommes plutôt conditionnés à décrire ce que nous voyons, à l’analyser, à le commenter et à chercher à l'améliorer. Voir, c’est reconnaitre les faits et constater que nous interprétons ces faits. Nous les interprétons et les fuyons, car nous avons souvent peur de vivre ce qui est là, devant nous. En fait, nous avons l'impression que ce fonctionnement est souffrant et nous le prenons pour la réalité.
Nous avons peur de regarder « ce qui est », alors nous imaginons ce que devrait être notre réalité. Nous inventons un monde idéal ou l’amour et la paix règnent; un monde sécuritaire qui se révèle cependant impermanent.
Voir est être conscient du mouvement de l’attention. L'attention est comme un colibri qui butine de fleur en fleur. Elle vous fait passer successivement du souvenir d'hier, à la tomate dans votre assiette, au son du piano, à la vue du chien, à la personne qui passe dans la rue. Et l’attention revient à nouveau à la tomate!
L’attention est un processus corporel inconscient et naturel. Elle est la réponse à la captation sensorielle : la conscience de ce qui est dans cet instant. Dans cette attention neutre, sans intention, défile la beauté du monde. Une beauté fraiche sans référence individuelle qui s’exprime à travers les sens du corps. Qu’il y ait exclamation, sentiment, ravissement, rien n’est altéré par l’histoire émotionnelle du personnage que l’on croit être. L’être humain dans son état naturel est en perception sensorielle directe.
Le personnage, préoccupé par ses dossiers personnels, ses blessures et à ses frustrations ne perçoit que son interprétation du mouvement des sens. L’attention est de percevoir consciemment la totalité de la vie sans le centre de l’intérêt personnel. Il n'y a donc pas de résistance ou de désir changer quoi que ce soit.
page2image17432 page2image17592 page2image17752
INVITATION : L’énergie pour voir est disponible naturellement. Regardez comment elle vous sert pour alimenter votre flot continuel de commentaires et de jugements. Regardez comme elle est utilisée pour espérer un changement dans votre vie ou manifester un désaccord avec ce qui est. Tout simplement regarder ce fonctionnement, voilà l'invitation!

2) L’honnêteté : Faire face à ce qui est
Rester avec ce qui est, apparait comme un travail laborieux, souffrant et désagréable. Il n’en est rien. C’est un processus naturel. Être conscient et présent à une émotion ou à une pensée ne requiert qu’une attention passive, désintéressée. Laisser se déployer ce mouvement ne requiert aucune compétence.
L’effort c’est d’analyser cette émotion, la forcer à s’exprimer par différentes techniques, la fuir, la transformer ou y résister. L'effort n'est pas de faire face à ce qui est, mais de résister à ce qui est. Sans cette résistance, il se crée un espace suffisant pour permettre l’expression complète de cette émotion, du début à la fin. C’est la seule façon de traverser enfin la souffrance.
INVITATION : Je vous invite à prendre conscience honnêtement de vos refuges, c’est à dire des mécanismes de fuite que vous utilisez pour ne pas rester avec l’évènement qui déroule dans l'instant.

3) La relation avec le corps
Le corps a des humeurs, des pulsions, des instincts. Le corps est en mouvement et en perpétuel changement : il s’adapte et coule avec le courant. Comme le personnage a peur du changement, il prétend qu’il est le corps et interprète son fonctionnement.
INVITATION : Regarder le corps vivre et regarder l'interprétation que le personnage fait du corps et comment il crée des règles pour cet organisme simple et immensément sensitif. Regardez le corps et les résistances du personnage. Regardez l’âge du corps, sa couleur, le visage, les cheveux, les yeux, la grandeur, le poids. Regardez sa démarche, ses doigts, ses jambes. Regardez-le et voyez défiler la litanie des commentaires et des jugements. Êtes-vous satisfait? Qu’en est-il de la santé du corps? Êtes-vous angoissé à l’idée de la maladie physique et mentale? Avez-vous l’impression que le corps vous représente? Donnez-vous de l’importance au regard de l’autre? Voulez-vous le changer?

4) Les émotions
Quand je parle des émotions, je parle de la résistance à une émotion récurrente et de la résistance aux nouvelles émotions. Je pourrais parler « d’émotion-fossile » parce que c'est une énergie fossilisée en nous qui nous empêche d’être. Pour le personnage, elle sert de fondation à l'édification du « moi ». Pourquoi notre machine émotionnelle fonctionne-t-elle de cette façon? Pour que l'on s'écarte des situations à risques? Mais quel est le risque? Sommes-nous réellement en danger? L'émotion n'est pas problématique, elle est un mouvement avec un début et une fin. C'est la résistance à l'émotion qui est le problème. Cette résistance est due à la croyance que l'émotion a le pouvoir de nous détruire, de nous anéantir et de nous faire mal.
INVITATION : Êtes-vous en survie? Êtes-vous prisonniers et dépendants des émotions passées? Prenez-vous votre vécu émotionnel pour une référence vivante afin d’affronter le futur? Fuyez-vous constamment vos émotions pour aller vous bercer ailleurs? Regardez les réflexes, les promesses du mental réactif pour vous empêcher de vivre vos émotions...

5) La vulnérabilité
Quand je parle de vulnérabilité, jaillit instantanément, dans votre esprit, l’image d’une personne incapable de prendre une décision pour se tirer d’affaire. La référence mentale est l’image d’une personne faible (sans-abri, réfugié, personne âgée, etc.). En somme, des personnes incapables de réagir face au danger.
Les émotions-fossiles font surgir la réactivité du mental qui est une machine qui cherche à nous maintenir dans une zone de confort temporaire et puéril.
Voir vous fera alors constater que les repères sécurisants, les fonctionnements habituels, les stimuli sensoriels ne répondent plus. Cet état est interprété comme une démotivation par le personnage, une absence de désir.

INVITATION : Le personnage résiste à cet état de vulnérabilité qu’il interprète comme une grande fragilité émotionnelle. Est-ce possible de voir que la vulnérabilité est en fait une extrême sensitivité qui ouvre la porte à la fraicheur de l’instant?

6) La mémoire
Qu'est-ce que la mémoire? La mémoire est le souvenir du passé, le souvenir des évènements et le souvenir des apprentissages. Il est intéressant de constater que la mémoire semble se diviser en deux :
  • ▪  La mémoire liée aux évènements temporels
    Elle est reliée à l'apprentissage corporel et elle répertorie les évènements qui se succèdent dans le temps sans interprétation. Exemples: je sais faire du vélo; je connais l'histoire d'Haïti; je suis mécanicien; je me rappelle les évènements de mon enfance; j’ai enregistré dans ma mémoire des faits.
  • ▪  La mémoire émotionnelle
    Elle est la mémoire du personnage que l’on croit être. C'est une mémoire sélective. Elle est gérée par un censeur intérieur, celui qui définit si l’émotion est acceptable ou inacceptable. On peut aussi l'appeler le protecteur de la vulnérabilité. Le censeur gère la mémoire émotionnelle dans le seul but de sécuriser le personnage perdu dans son monde inventé. Il perpétue le rêve d'individualité.
INVITATION : Regardez comment la mémoire émotionnelle est individuelle et a tendance à amplifier certains évènements et à en oublier d'autres. Elle transforme et adapte la réalité dans le seul but de créer et conserver une zone de confort permanent. Peut-on se fier à la mémoire émotionnelle?


Aucun commentaire:

Partager