vendredi 19 novembre 2010

Lee Lozowick


Lee Lozowick a tiré sa révérence....


Nous avions invité Lee à Bordeaux il y a une dizaine d'années, une belle rencontre intense et inoubliable, 3 jours de beaux et bons moments.... Lee est décédé cette semaine,
 il est inhumé aujourd'hui en Arizona, une pensée pour lui...


La biographie de Lee vu sur le site supervielle



LEE LOZOWICK

 Ascèse, ashram, et rock'n roll
Né à Brooklyn (New York) le 18 novembre 1943, Mr. Lee fut découvert par Yvan Amar et révélé par Gilles Farcet dans son livre L'homme se lève à l'Ouest. Lee Lozowick a grandi au sein d'une famille unie et chaleureuse où l'on échangeait des propos intelligents et tout en finesse. Très marqué par son père, Louis Lozowick (un artiste peintre dont le Metropolitan de New York possède plusieurs toiles), Lee le dépeint volontiers comme un homme très sage et spirituel bien qu'il ne fût affilié à aucune Église, ni ne se réclamât d'un quelconque credo ou système. Un jour où le jeune Lee interpellait son père à propos du divin et ce qu'il pensait de Dieu, son père lui répondit : « En ce domaine, c'est à chacun d'en arriver à ses propres conclusions. » Il refusa de lui dire quelles étaient ses convictions. Mais peu à peu, avec l'âge et la maturité, Lee va percer à jour la profondeur de la vie spirituelle de son père, en l'observant et en le regardant vivre.
Après un bref cursus universitaire pour devenir ingénieur chimiste, Lee Lozowick opte pour des études commerciales. Diplômé, il n'utilisera jamais ses compétences sur le marché du travail, hormis pour vendre des timbres de collection. Vers l'âge de 20 ans, il s'intéresse passionnément à un cours de développement personnel appelé le silva mind control. Fort de cet apprentissage, il s'engage véritablement pour étudier cette méthode et part suivre une formation au Texas, avant de revenir l'enseigner dans le New Jersey. Après plusieurs années d'enseignement de cette technique et après réflexion, il décide de l'interrompre car il en perçoit non seulement les avantages mais aussi les limites.
En juillet 1975, Lee Lozowick était un homme d'affaires prospère, d'une trentaine d'années, habitant dans le New Jersey, où il poursuivait une vie spirituelle et enseignait la méditation. Un matin, après une nuit extraordinaire et profonde de prière invocatrice, il s'éveilla pour se découvrir dans une condition qu'un certain nombre de traditions spirituelles appellent « éveil » ou « réalisation » au sens mystique et traditionnel du terme. Il prend alors conscience au-delà des illusions de la véritable nature du réel. II découvre un état de conscience inchangé. Non seulement il se maintient, mais il se développe. À ce sujet, Mr. Lee s'accorde volontiers pour dire qu'il n'y a pas de limites au développement de cet état de conscience et qu'en fait l'éveil constitue le début de la véritable évolution humaine. Après cette transformation intérieure radicale, des élèves qui avaient étudié la méditation avec lui depuis un certain temps se regroupèrent autour de lui et devinrent ses premiers disciples. La Hohm community venait de voir le jour, mais ce n'est qu'en 1980 qu'elle s'implante, au nord du désert de Sonoran, prés de Prescott en Arizona.
C'est en 1970 qu'il rencontre, en Inde, celui qu'il désigne comme son maître spirituel : Yogi Ramsuratkhumar (voir bibliographie). Au début, celui-ci ne semble pas attacher le moindre intérêt à recevoir ce jeune américain, très déterminé, qui fait le pied de grue devant sa porte. Ce n'est qu'en 1976 qu'il accueillera Lee à bras ouverts, le faisant s'asseoir à côté de lui en permanence durant son séjour, en signe de bénédiction et de reconnaissance.
Lee Lozowick utilise tous les aspects de la vie, du rock'n roll au théâtre et à l'art en passant par une éducation consciente des enfants, une pratique régulière de la méditation et un régime alimentaire végétarien, les considérant comme les éléments vitaux d'une discipline spirituelle. Lee travaille avec ses élèves dans les détails les plus courants de l'environnement de la communauté afin de créer une culture capable d'exprimer une certaine maturité de vie spirituelle, une relation objective avec les choses et les événements et une adoration du divin pouvant se manifester librement dans les dimensions quotidiennes de la vie ordinaire. Dans cet état d'esprit, il créa en 1967 un groupe professionnel de musique rock, Liars, gods and beggars (menteurs, dieux et mendiants), qui donne des concerts aussi bien aux ÉtatsUnis qu'en Europe.
Parce qu'il souligne à quel point il est important de pratiquer et de s'abandonner à la volonté de Dieu, Mr. Lee s'est gagné la réputation internationale d'être un maître capable de dénoncer à la perfection le mythe du New Age, si populaire en Occident, qui vante l'illumination facile et rapide. Selon lui, elle n'a aucune valeur contrairement à cette transformation spirituelle radicale et absolue de l'individu qui ne devient possible que lorsqu'il vit dans un contexte de référence à Dieu et non plus dans un contexte de référence à soi.
Depuis 1980, la Communauté du Hohm s'est étendue au-delà de l'ashram de l'Arizona dans un certain nombre de centres aux États-Unis, en Allemagne, en Inde et en France, à Anglès-sur-l'Anglin, près de Poitiers.

Texte de Lee Lozowick



L'acceptation :


Certains d'entre vous pensent certainement qu'ils acceptent ce qui est parce qu'ils ne peuvent le nier, mais ils ne l'acceptent pas pour autant. Dans votre mental, vous dites : j'accepte ce qui est, oui, oui, oui, mais je ne veux pas que ce soit comme ça, je voudrais que ce soit autrement. Par exemple : je fais tel métier, je gagne tant d'argent et j'habite dans telle maison, c'est ce qui est et je (accepte pleinement mais je n'aime pas ce travail, j'aimerais gagner plus d'argent, je n'aime pas cette maison, j'aimerais vivre ailleurs. Cela, c'est voir ce qui est mais ce n'est pas (accepter. Je peux tenter de modifier la situation mais, pour l'instant, ici et maintenant, c'est ainsi. Un aspect de l'acceptation, c'est l'absence de plaintes, l'absence de jugements. Voyez par vous-mêmes : au fur et à mesure que nous vieillissons, des petites douleurs commencent à apparaître, le dos devient moins souple, on entend ou on voit moins bien. Souvent, tout cela est incontournable et nous pensons que, simplement parce que nous admettons qu'on ne peut rien y faire, nous (acceptons. Extérieurement, nous disons: « Tout le monde vieillit, c'est comme ça » mais, en fait, nous sommes furieux, nous détestons ces handicaps, alors que (acceptation de ce qui est, tel que c'est, sous-entend par définition l'équanimité. Cela ne veut pas dire qu'on ne puisse pas changer les choses mais que, les choses étant ce qu'elles sont, nous les acceptons et que, si elles changent pour le meilleur ou pour le pire, nous l'acceptons aussi. Il y a donc une distinction très importante entre percevoir ce qui est et accepter ce qui est.
  Extraits de Oui et alors ? de Lee Lozowick, ed. La table ronde, p.43



La vie


La vie prend certains détours. La vie est bien plus vaste que nous et c'est vraiment dans l’ordre des choses que d'accepter l’inévitable. Je ne parle pas de l’inévitable dans l'avenir mais de l'inévitable maintenant. L'avenir, nous ne le connaissons pas et parler d'inévitable quand il s'agit de l’avenir, c'est vraiment pure imagination. Le futur n'est prévisible que dans la mesure où nous ne sommes pas prêts à accepter le moment présent. Pour la plupart d'entre nous, l'avenir est inévitable parce que notre passé a défini notre existence et que nous ne faisons rien par rapport à cela. Si notre névrose est une névrose d'échec, nous pouvons être certains que nous allons échouer dans l'avenir. Tant que nous sommes dans le déni, tant que nous résistons, que nous réagissons au lieu d'accepter ce qui est, le futur est extrêmement prévisible : la même chose va se répéter encore et encore. Notre existence peut changer mais notre réaction va être la même à chaque fois où que nous soyons. Vous avez déménagé après avoir vécu à l'étranger mais il est probable que vous auriez rencontré là-bas les mêmes difficultés que celles que vous rencontrez en France et que vous auriez réagi de la même façon. Ce qui peut tout changer, c'est la manière d'accepter les choses telles qu'elles sont parce qu'alors l'avenir n'existe pas. Même l'instant suivant n'existe pas : quand l'instant suivant vient, il est toujours maintenant. Dans cette optique, tout est possible et le vieux scénario prévisible ne se répète pas. Arrêtez de prétendre que vous êtes plus grand(e) que la vie et cessez d'être frustré(e) parce que la vie ne suit pas vos ordres.
Parfois on a fait tout ce qu'il fallait faire et néanmoins la vie ne répond pas. Ce n'est pas la peine de se demander si on s'y est mal pris car là n'est pas la question. On peut avoir fait tout le nécessaire mais peut-être n'était ce pas le moment opportun ou y a-t-il une cause que nous ignorons. Travaillez donc avec votre existence telle qu'elle est. Souvent, c'est l'attente elle-même qui éloigne la réalisation. Si vous vous contentez d'être un avec ce qui est, avant même de vous en apercevoir vous aurez déjà obtenu ce que vous vouliez depuis toujours. C'est comme si, dès que vous arrêtez de tendre vers quelque chose, cette chose vers laquelle vous tendiez vous tombe dans le giron.
Extraits de Oui et alors ? de Lee Lozowick, ed. La table ronde, p.173



La pratique


Quelle importance cela a-t-il de savoir pourquoi ces larmes coulent ? La formule de la pratique, ce n'est pas « acceptez ce qui est tel que c'est, à partir du moment où vous savez pourquoi c'est ainsi ». La pratique, c'est simplement « acceptez », que vous sachiez pourquoi ou pas. Vous n'avez pas à comprendre pourquoi les choses sont comme elles sont ou d'où cela peut bien venir. Si cela se révèle, très bien et, si cela ne se révèle pas, peu importe, ça ne change rien à l'acceptation. Le mental veut toujours chercher, découvrir, trouver des raisons, il veut du rationnel, du linéaire mais la vie n'est pas tout le temps rationnelle ou linéaire. Le centre de la pratique, c'est l'acceptation. « Ce qui est » n'a pas de définition, c'est simplement ce qui est.
Extraits de Oui et alors ? de Lee Lozowick, ed. La table ronde, p.176



2 commentaires:

Acouphene a dit…

J'avais fait du bon travail !
En communion...

Jean-Marc a dit…

Merci pour ces partages !

Fraternellement

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