mardi 18 novembre 2014

Yannick David



     
Parution fin novembre

4 ème de couverture :




INTRODUCTION

J’ai reçu ma première Bible illustrée pour ma communion privée, à huit ans, que j’ai lue plusieurs fois. Puis une Bible de Jérusalem, petite et compacte, nettement moins attrayante, pour ma communion solennelle à douze ans. Les cadeaux classiques pour un enfant élevé dans une famille catholique et pratiquante (c’est-à-dire allant à la messe). J’ai eu aussi une histoire de la vie de Jésus en bandes dessinées, lue bon nombre de fois et qui me faisait pleurer à chaque fois que j’arrivais à la fin.
Je lisais de temps en temps des passages de la Bible, mais la connaissais plus par ce que j’entendais à l’église ou dans les cours d’instruction religieuse.
Coupant avec l’église catholique, à la sortie du secondaire, car n’y trouvant pas les réponses à mes questions, je découvrais Gandhi, la non-violence, puis la spiritualité de l’Inde. Ce fut le début d’un véritable cheminement spirituel, en particulier grâce à l’enseignement proposé par Arnaud Desjardins, qui me rapprocha de la compréhension des textes bibliques.
Je me disais qu’un jour je lirais vraiment la Bible, à la lumière de ma propre expérience. Cela prit des années, beaucoup plus que je ne l’imaginais à vingt cinq ans.

J’ai commencé à écrire quelques commentaires, puis j’ai découvert le sens hébraïque de certains mots, y ai pris gout, pour finalement étudier de près les passages les plus connus, que je n’avais jamais compris tant le sens paraissait caché. Sentant que cela commençait à prendre de la consistance, je me suis interdit tout appui sur des livres de commentaires quelconques. Je voulais que cela vienne de ma propre compréhension, de  mon interprétation, afin de rester authentique.
Certains symboles étaient clairs, connus, d’autres obscurs, peut être expliqués mais pas lus pour ma part.

L’un des aspects de la Bible, ou des évangiles, c’est la répétition des thèmes. C’est à mon avis à peu près toujours la même histoire, traitée symboliquement, ou par paraboles, du cheminement spirituel possible pour les êtres humains.
Les recherches, l’histoire, ont montré que ce qui est dit dans la bible n’est pas vérifiable. Ce n’est pas tant les lieux géographiques que le sens des noms de lieu qui importe. De même, les nombres cités dans les textes peuvent paraître extravagants, invraisemblables, comme ces patriarches qui vivent cent ans ou plusieurs centaines d’années. Si on s’en tient à l’apparence, c’est forcément irréaliste. Mais si on sait que chaque lettre hébraïque est reliée à un nombre, la dimension est toute autre. Il en est de même pour des histoires complètement incroyables, nombre de miracles, de guerres…

La Bible fut principalement écrite en hébreu, sans doute aussi en araméen. Aram correspondant à La Syrie dans la Genèse. L’araméen, ancêtre de l’hébreu, était la langue parlée en Palestine à l’époque de Jésus. Il y eut aussi le grec pour le nouveau testament.
Du grec au latin, du latin au français, il est facile de perdre le sens. Ce ne sont pas des recettes de cuisine, bien matérielles et quantifiables. Il est donc important de revenir aux mots d’origine dans la langue de  l’époque. Mais ce n’est pas non plus un texte d’intellectuel ou d’historien. C’est un texte de sagesse, qui fait appel à la conscience, à l’être. Peu importe ce qu’en disent les spécialistes, une fois trouvées les clés, c’est ce que comprend le cœur qui prime.

Je suis convaincu que le sens est plus symbolique qu’historiquement vrai, qu’il y a une façon imagée de parler, correspondant à l’époque. Qu’il ne faut pas prendre les choses à la lettre, mais les comprendre en esprit, avec le cœur. C’est une démarche qui est le propre de ce qui nous est proposé à travers ces textes sacrés. Le plus difficile est peut-être de désapprendre, d’oublier les clichés que l’on en a, ne plus se fier aux croyances transmises depuis des siècles par des hommes qui ne font que répéter et s’enfermer dans un verbiage obscur et stérile. Peut-on lire avec un œil neuf, un esprit ouvert, sans à priori, afin de ressentir au tréfonds de notre être si cela nous parle ou non ? Laisser tomber le mental fait partie des défis que propose Jésus justement…

La Bible nous parle d’un voyage où l’on quitte le connu pour un monde nouveau. On ne peut atteindre quoique ce soit sans quitter le point de départ. Ce voyage n’est pas dans l’espace, mais à l’intérieur de chacun. Il n’est pas sans risques, sans souffrances, sans efforts, sans doutes. Mais que s’agit-il de quitter ? C’est toute la question.
Il faut sans doute déjà porter en soi ce que l’on cherche, bien que ne sachant pas vraiment où l’on va. Avoir, et garder, un esprit d’ouverture pour que la vie nous serve de guide. Tout ce qui arrive peut être une aide si l’on ose la confiance. C’est un voyage, une aventure, d’où le nom de chemin utilisé dans le monde spirituel, et dont l’un des aspects traditionnels et pratique est le pèlerinage.
Ce livre est une aide possible sur ce cheminement, qui peut donner des clés à qui veut mieux comprendre la tradition biblique, et le sens des paroles d’un homme nommé Jésus.
A vrai dire c’est le livre que j’aurais aimé lire pour comprendre un peu mieux la Bible, qui en soit est un livre difficile. Puissent mes explications apporter un peu de clarté à ceux qui comme moi en avait besoin.

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