dimanche 8 août 2010

Alain Galatis



Éros unité
Alain Galatis


Dans ce nouvel ouvrage, Alain Galatis ne témoigne plus d’un cheminement possible de l’individu vers l’unité du réel mais reconnaît l’évidente primauté de celle-ci. Explorant les multiples facettes, souvent paradoxales, d’un tel changement de perspective, l’auteur se confronte à un obstacle principal : comment considérer le mal et la souffrance face à l’unité ? Une telle position l’amène également à une remise en question radicale du travail jusque-là accompli. Il n’y a jamais eu d’individus et le passage du fini à l’infini fut également un leurre. Seule existe l’union du monde. Seule existe la pure fusion amoureuse de ce qui est. Seul existe le réel qui est amour.


  • Extrait du titre

    Le magma

    Ainsi, il est possible à l’humain de plonger au cœur du réel, dans le magma en fusion de ce qui est, où il se trouve instantanément calciné, pulvérisé en particules innombrables, transformé en lave insignifiante. Il lui est possible de rester conscient, à chaque instant, de ce processus, de cet anéantissement. Il lui est possible alors de se découvrir innommable conscient, conscience de l’indicible. Et il est possible de revenir, de réintégrer le monde des apparences, d’évoluer dans l’espace et le temps, d’agir sous une forme particulière.

    Une fois ces deux dimensions clairement perçues, l’individu et le magma, les éprouvant à chaque instant, plusieurs questions nouvelles se pressent : l’humain est-il individu ? Ou est-il magma ? Ou est-il individu et magma ? Mais comment un individu peut-il apparaître dans le magma ? L’individu se révèle une apparence dont le magma se pare. Le magma englobant tout, ne connaissant aucune antériorité, aucune dimension, aucunes limites, d’où l’humain a-t-il plongé ? Il était déjà magma. Il était magma, mais il ne le savait pas. Pourquoi, alors, accomplir ce plongeon s’il n’est pas réellement un plongeon ? Et comment un plongeon qui n’existe pas peut-il être un acte excessivement important, désespérément vital ? S’il se révèle tellement nécessaire, pourquoi n’est-il pas accompli rapidement, aisément, facilement, par tous, là, maintenant, tout de suite ? Si l’humain est magma, lave insensée, pourquoi ne le perçoit-il pas ? Comment peut-il encore croire aux apparences ? Qu’ont-elles de si obscurcissant ? Quelles forces possèdent-elles pour que les humains se transforment en fragments infimes de lave refroidie roulant solitaires le long du volcan ?

    2

    Cercle vicieux

    Constamment, l’humain crée les illusions qu’il sera amené à démonter et dont il devra se défaire. Paradoxe : pour se découvrir magma, l’humain doit reconsidérer cette conscience particulière d’être un individu mais, à chaque instant, ses pensées et ses perceptions le ramènent à cette dimension. Ainsi, perpétuellement, recrée-t-il le théâtre duquel il cherche laborieusement la sortie. Un cercle vicieux se dessine. L’humain se bat contre des ombres, mais ces dernières sont uniquement ses propres gesticulations projetées sur l’écran de sa conscience. Il suffirait de se tenir parfaitement immobile pour que s’évanouissent les fantasmagories, tel un projecteur de cinéma que l’on éteint.
    ...
    102

    Les éclats

    Un seul et unique événement. Les uns y voient le fini, les autres l’infini. Mais le fini est éclat, bribe, fragment de l’infini. L’éclat témoigne de l’infini. En lui et grâce à lui nous pouvons voir l’infini. L’infini, lui, recèle le fini. Il l’observe. C’est-à-dire qu’il se mire. Il regarde des fragments de ce qu’il est.

    103

    Courage

    Ayons le courage de l’infini.
    ...
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