jeudi 27 mai 2010

Henri Le Saux




henri le saux
harry oldmeadow

Henri Le Saux (1910-1973) est un moine bénédictin français qui a passé les vingt-quatre dernières années de sa vie en Inde où il devint connu sous le nom de Swami Abhishiktananda.
Après une rencontre avec Ramana Maharshi et un autre maître remarquable Gnananda, Henri Le Saux s'imprégna de la spiritualité indienne traditionnelle et de l'advaita-vedanta en particulier. Il passa de longues périodes de retraites dans les grottes d'Arunachala, dans le Sud de l'Inde, et essaya de concilier le christianisme et l'advaita non-duel.
Ce livre présente la vie d'Abhishiktananda ainsi que les principaux thèmes mystiques et métaphysique de ses ouvrages et montre comment l'expérience exceptionnelle d'Henri Le Saux témoigne de la sagesse éternelle présente au cœur de toutes les traditions.
En ce 100e anniversaire de sa naissance, Abhishiktananda apparaît ainsi comme l'une des plus grandes figures spirituelles du XXe siècle.

Extrait :

« Notre but : fonder le premier noyau d’un monastère (ou plutôt d’une laura, un groupement d’anachorètes voisins, comme l’ancienne laura de Saint-Sabas en Palestine) qui observe la Règle de Saint Benoit – une Règle première, tempérée et séparée. Notre seul objet : chercher Dieu. Et le monastère sera de style indien. Nous aimerions cristalliser et transsubstantier la recherche du sannyâsî hindou. L'advaita et la vénération de la trinité sont notre seul objectif. Cela signifie que nous devons nous saisir de l’authentique recherche hindoue de Dieu, afin de la christianiser, en commençant en nous d'abord, de l'intérieur. » En bref : philosophie védantique, théologie chrétienne, mode de vie indien. L'espoir était que « ce qui est le plus profond dans le christianisme puisse être greffé sur ce qui est le plus profond en Inde ». Il ne s'agissait pas d'une pratique syncrétique débouchant sur une sorte de religion hybride, mais d'une tentative pour pénétrer les profondeurs du christianisme en recourant à la sagesse indienne traditionnelle, laquelle, selon la vue des moines, était à découvrir dans le vedanta et dans la discipline spirituelle du renonçant. Cependant, tout en ayant son propre message à délivrer, ce ne serait qu'« après avoir trouvé son propre accomplissement dans le Christ, la Vérité, le Chemin et la Vie (Jean 14.6) que l'Inde serait capable de faire rayonner à travers le monde, son message, imprimé, dans la lettre comme dans l'esprit, dans la profondeur même de sa propre culture ». Le pont entre la spiritualité indienne et l'Eglise allait être le monachisme, « plan où ils peuvent se sentir en consonance l'un avec l'autre ». Ils attendirent avec impatience le jour où Dieu enverrait à l'ermitage de nombreux « vrais fils de l'Inde, fils de son sang et fils de son âme », « des prêtres comme des laïcs, doués d’un profond esprit de prière, d’une patience héroïque, d’une soumission totale, dotés d’une volonté de fer et d’un jugement droit, aspirant aux sommets de la contemplation et pourvus également d’une connaissance profonde et intime de la doctrine chrétienne et de la pensée indienne.»

Editeur : Almora


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